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Un Canadien vend son entreprise pour des millions afin de créer une communauté entière pour les sans-abri, avec des emplois
Crédit: 12 Neighbours/Facebook

Du succès entrepreneurial à l’engagement social

12 Neighbours/Facebook

Lorsque Marcel LeBrun, PDG et cofondateur de l’entreprise Radian6, a vendu son affaire à Salesforce en 2011, il a amorcé un changement radical de trajectoire. L’homme d’affaires a choisi de s’éloigner des algorithmes pour se tourner vers l’altruisme. Fort d’un patrimoine de plusieurs millions et d’un talent certain pour la résolution de problèmes, il a observé la crise du logement en Amérique du Nord et a pris une décision majeure : s’engager à construire 99 petites maisons pour loger les résidents sans-abri de Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

Conscient de ses privilèges, l’ancien magnat de la technologie refuse de s’attribuer tout le mérite de sa réussite financière. Il analyse sa situation avec lucidité. « J’ai gagné à la loterie des parents, à la loterie de l’éducation, à la loterie du pays », a déclaré LeBrun à Macleans. « Ce serait arrogant de dire que chaque morceau de mon « succès » a été mérité, alors qu’une si grande partie a été reçue. »

La genèse du projet 12 Neighbours

12 Neighbours/Facebook

Avant de concevoir le projet qui deviendrait son organisation à but non lucratif, baptisée 12 Neighbours, Marcel LeBrun a entrepris un vaste voyage d’étude. Il a parcouru les États-Unis, le Canada et s’est même rendu au Ghana pour observer ce que d’autres organisations mettaient en place face à l’itinérance et la pauvreté. Son objectif était simple : identifier ce qui fonctionnait réellement.

Ses recherches l’ont mené à une conclusion précise. Les communautés de micro-maisons, celles qui offrent des ressources vitales tout en respectant la dignité et l’autonomie des individus, apparaissaient comme la solution idéale. Il a alors décidé de financer 99 de ces habitations, débutant l’aventure en partageant les histoires des douze premiers voisins.

Quelques années plus tard, le village fonctionne à plein régime. Plus de 100 maisons de 240 pieds carrés (environ 22 mètres carrés) sont désormais disponibles pour les personnes dans le besoin.

Confort, autonomie et philosophie inversée

12 Neighbours/Facebook

Bien que compactes, ces habitations se veulent confortables. Chaque maison dispose d’un salon qui fait office de chambre, d’une cuisine entièrement équipée et d’une salle de bain complète en trois éléments. Les toits sont équipés de panneaux solaires et les façades disposent de porches pour favoriser les échanges entre voisins. L’ensemble du village s’articule autour d’un centre d’entreprise sociale comprenant un café, des commerces de détail, des ateliers et des jardins communautaires, ouverts peu après l’installation de la dernière maison.

L’approche de Marcel LeBrun vis-à-vis de l’aide sociale diffère des modèles traditionnels. « Beaucoup de nos systèmes fournissent du soutien lorsque quelqu’un met en avant ses déficits. Ensuite, à mesure qu’ils progressent vers le succès, les soutiens disparaissent », a expliqué LeBrun dans une interview avec le magazine des anciens de l’Université du Nouveau-Brunswick.

Il propose une logique inspirée du monde des affaires : « En affaires, à mesure que vous réussissez, les investissements augmentent. Comment pouvons-nous structurer les choses pour que les gens puissent débloquer des avantages à mesure qu’ils réussissent au lieu d’avoir à mettre en avant leurs déficits ? »

Une logistique de construction solidaire

Le quartier est établi sur un terrain de 65 acres (environ 26 hectares) autrefois utilisé pour la récolte d’arbres, situé sur la rive nord du fleuve Saint-Jean. L’emplacement est stratégique : proche d’une ligne de bus majeure, de quelques grandes surfaces, et adjacent à une zone boisée avec des sentiers. Marcel LeBrun a assumé la majeure partie des coûts de construction, complétés par de nombreux dons provenant d’entreprises et d’organisations à but non lucratif de la région.

La solidarité s’est manifestée sous diverses formes, y compris par l’offre d’un groupe religieux qui a mis à disposition un espace de 8 000 pieds carrés. Ce lieu est devenu l’entrepôt de fabrication où LeBrun a installé une équipe de travailleurs, tous rémunérés avec un salaire de subsistance.

Pour les résidents, le loyer est maintenu à 30 % de leurs revenus. Cela signifie que la grande majorité d’entre eux paient un maximum de 200 dollars par mois, un montant qui inclut toutes les charges ainsi que l’accès à Internet.

L’impact humain sur les résidents

12 Neighbours/Facebook

L’impact sur la vie des habitants est tangible. Marla Bruce, qui occupe la deuxième tiny house construite dans le quartier, a partagé son expérience avec le magazine des anciens. « Marcel est littéralement une aubaine », a-t-elle confié. « Il y a un an, j’étais sans-abri. Maintenant j’ai une maison, je ne suis pas dans la rue et j’ai la paix parce que chaque endroit où je restais avant était temporaire. Ici, il y a vraiment un sens de la communauté. Marcel a du cœur et une passion pour ce qu’il fait. »

Face à ces témoignages, le fondateur reste humble. « Construire une communauté et être en communauté est intrinsèquement gratifiant », a-t-il déclaré à Green Matters. « Apprendre à connaître tant de personnes incroyables et résilientes, qui ont porté et surmonté tant de choses, qui ont des forces incroyables, est gratifiant. Je ne sauve ni ne transforme personne. Mais nous pouvons créer une communauté où la transformation se produit. »

Réinsertion et vision de la philanthropie

Les résidents du quartier, âgés de 18 à 70 ans, vivent souvent seuls. La sobriété n’est pas une condition requise pour vivre dans la communauté, mais 12 Neighbours propose des conseils sur l’usage de substances directement sur place. « Nous avons des gens qui ont été écrasés par des traumatismes, par l’abus de substances, par toutes ces choses », a précisé LeBrun à Macleans. « Il s’agit d’excaver cette personne, enfouie sous ses circonstances, petit à petit. »

Les habitants ont accès à des groupes de développement personnel sur site pour les aider à obtenir leur équivalence d’études secondaires (GED) ou à trouver du travail. Certains travaillent au café éphémère voisin, tandis que d’autres œuvrent dans une imprimerie qui crée des produits dérivés pour l’association. Marcel LeBrun continue de montrer l’exemple en se rendant sur la propriété la plupart du temps, investissant son temps et son argent.

Il conclut sur sa vision personnelle de l’engagement : « Le mot
Selon la source : goodgoodgood.co

Créé par des humains, assisté par IA.

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