Aller au contenu
Une créature semblable à un lamantin, de la taille d’un bateau, vivait autrefois au large des côtes de Californie.
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un géant paisible aux dimensions colossales

credit : lanature.ca (image IA)

La rhytine de Steller figure parmi les grandes découvertes de l’humanité, et le terme « grand » doit ici s’entendre au sens littéral. Ces siréniens gigantesques affichaient des dimensions comparables à celles d’un bateau de pêche. Il s’agissait de géants humbles qui se laissaient dériver paisiblement à travers les vastes forêts de varech.

Leur anatomie défiait l’imagination contemporaine, avec un cœur qui, à lui seul, pouvait peser jusqu’à 16 kilogrammes. Ces créatures dominaient leur écosystème par leur masse imposante avant que l’intervention humaine ne vienne bouleverser leur existence.

Ces animaux vivaient en harmonie avec leur environnement jusqu’à l’arrivée des explorateurs. Leur taille massive et leur nature placide en faisaient des figures emblématiques des eaux côtières, semblables à des monuments vivants flottant sous la surface.

La découverte fortuite de Georg Wilhelm Steller

credit : lanature.ca (image IA)

C’est en 1741 que ces animaux ont été décrits pour la première fois par le biologiste Georg Wilhelm Steller. Cette identification scientifique est survenue dans des circonstances dramatiques, après que l’expédition vers l’Amérique du Nord, dont il faisait partie, s’est retrouvée échouée sur l’île Béring.

Le naturaliste a profité de ce naufrage forcé pour étudier la faune locale, sans se douter de la portée historique de ses observations. Il ignorait alors qu’il finirait par être le seul scientifique de l’histoire à avoir pu observer cette créature vivante de ses propres yeux.

Ses notes et descriptions restent aujourd’hui les seuls témoignages directs d’un expert sur le comportement et l’apparence de l’animal dans son milieu naturel. Cette rencontre unique entre l’homme de science et le mammifère marin a scellé la place de l’espèce dans les annales de la zoologie.

Une physiologie impressionnante et une aire de répartition vaste

Les mensurations de la rhytine de Steller étaient stupéfiantes : elle pouvait atteindre 10 mètres de long. Pour se protéger du froid, elle disposait d’une couche de graisse épaisse de près de 23 centimètres. Son poids total atteignait le chiffre massif de 9 979 kilogrammes, ce qui en faisait une source de nourriture considérable.

L’aire de répartition de ces animaux était immense. Ils peuplaient une zone s’étendant de la Californie jusqu’au Japon, en passant par les îles de la mer de Béring. Il n’est d’ailleurs pas surprenant que, bien plus tard, des restes squelettiques de rhytine de Steller découverts en Sibérie aient été confondus par erreur avec ceux d’un monstre marin.

Cette confusion témoigne de la démesure de l’animal par rapport à la faune marine habituelle. Sa structure osseuse massive et ses dimensions hors normes ont longtemps alimenté les légendes locales avant d’être correctement identifiées par la science moderne.

Une extinction rapide précipitée par la chasse et l’écologie

credit : lanature.ca (image IA)

Le destin de l’espèce a basculé tragiquement vite. En 1768, seulement 27 ans après la découverte de Steller, les rhytines avaient déjà disparu. Il s’agit de l’une des rares extinctions de mégafaune de cette époque, et elle marque tristement le premier cas d’un mammifère marin conduit à l’extinction par l’activité humaine.

Une seule rhytine pouvait nourrir un équipage entier pendant une longue période. Très rapidement, elles sont devenues un mets de choix figurant au menu des marins traversant leur vaste habitat. Cependant, la surchasse n’était pas la seule menace ; des études de modélisation ont révélé qu’elles se dirigeaient déjà vers un autre désastre d’origine humaine.

À cette époque, les hommes chassaient les otaries à fourrure et les loutres de mer à un rythme effréné, décimant leurs populations. La disparition des loutres a provoqué une explosion du nombre d’oursins. Ces derniers ont commencé à dévorer les forêts de varech dont les rhytines avaient impérativement besoin pour survivre. Pas de forêt de varech signifiait pas de rhytines, mais ce désastre écologique n’a même pas eu le temps d’être fatal : en quelques décennies, les humains avaient déjà chassé l’espèce jusqu’à la mort.

Vulnérabilités biologiques et technologies préindustrielles

credit : lanature.ca (image IA)

On estime que ces animaux étaient chassés à un rythme sept fois supérieur à la limite durable. Selon les auteurs d’une étude parue en 2006, cela prouve que même de petits groupes de chasseurs utilisant des technologies préindustrielles étaient capables de provoquer l’extinction d’une mégafaune.

Certes, il ne restait plus beaucoup de rhytines vivantes au moment où Steller les a rencontrées, et l’espèce cumulait plusieurs handicaps. Elles se nourrissaient exclusivement de varech, ce qui limitait leur présence aux eaux peu profondes. De plus, elles se déplaçaient lentement, ne pouvaient pas s’immerger totalement sous l’eau et ne semblaient montrer aucune peur vis-à-vis des humains.

Malgré ces facteurs de vulnérabilité naturelle, c’est bien l’homme qui a porté le coup de grâce. La combinaison de leur accessibilité en surface et de leur docilité en a fait des cibles trop faciles pour les marins affamés, scellant leur sort en moins de trois décennies.

L’héritage des siréniens aujourd’hui

credit : lanature.ca (image IA)

Le monde n’a plus jamais vu de sirénien comparable à la rhytine de Steller depuis sa disparition. Cependant, nous avons encore la chance aujourd’hui de côtoyer les lamantins, leurs cousins modernes. Bien que ces derniers fassent face à leurs propres défis dans l’ère moderne, des signes d’espoir subsistent.

L’année 2025 a notamment été marquée par un événement notable pour l’espèce. Le parc d’État de Blue Spring, en Floride, a accueilli le plus grand rassemblement de lamantins jamais observé. Ce record témoigne de la résilience de ces mammifères marins lorsqu’ils bénéficient de mesures de protection adéquates.

Cette observation récente nous rappelle l’importance de préserver les espèces restantes. Alors que la rhytine de Steller appartient désormais aux livres d’histoire, la surveillance et la conservation des populations actuelles de siréniens restent une priorité pour éviter que l’histoire ne se répète.

Selon la source : iflscience.com

Créé par des humains, assisté par IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu