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Éclipse lunaire du 3 mars : pourquoi il faudra se lever tôt
Crédit: A013231, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Un rendez-vous céleste à l’aube du 3 mars

Les passionnés d’astronomie et les curieux du ciel québécois devront régler leur réveil un peu plus tôt que d’habitude s’ils souhaitent profiter du prochain spectacle céleste. Une éclipse lunaire totale se produira en effet à l’aube du mardi 3 mars, offrant un moment d’observation privilégié pour ceux qui accepteront d’écourter leur nuit.

Ce phénomène, toujours fascinant, nécessite cependant une certaine préparation logistique, car il survient à un moment charnière de la journée. La Lune s’apprêtera à disparaître derrière l’horizon au moment même où elle passera dans l’ombre de la Terre. Il s’agit d’un rendez-vous astronomique précis qui ne laissera que peu de marge de manœuvre aux observateurs.

Pour ne rien manquer de cet événement, la ponctualité sera de mise. Les conditions d’observation dépendront grandement de votre emplacement géographique et de la clarté de votre champ de vision, comme le soulignent les experts qui se préparent déjà à immortaliser cette matinée particulière.

Les conseils d’un expert pour une observation réussie

Philippe Moussette, photographe et président fondateur du club d’astronomie VÉGA de Cap-Rouge, se prépare activement pour l’événement. Âgé de 46 ans et actif dans le milieu de l’astronomie amateur depuis 1998, il sera sur le terrain dans le secteur de la Capitale-Nationale dès le petit matin. Son équipement, composé de caméras et de télescopes, sera braqué vers l’ouest pour capturer le passage de la Lune dans l’ombre terrestre, prévu peu après 6h et se terminant au coucher de l’astre vers 6h30.

L’expert insiste sur l’importance du choix du site d’observation. « Il faut se lever tôt et avoir un bon horizon », conseille-t-il. En effet, la position de l’astre sera particulièrement basse. « La Lune va se coucher, ça va être facile de prendre avec des édifices », estime M. Moussette, tout en nuançant la difficulté de l’exercice : « L’éclipse qui s’en vient va être courte, et il faut avoir un bon horizon, ça ne sera pas une éclipse facile. »

La contrainte majeure réside dans l’environnement immédiat de l’observateur. Puisque l’éclipse coïncide presque avec le coucher de la Lune, celle-ci frôlera l’horizon ouest. Si la vue est obstruée par des bâtiments, des arbres ou du relief, le spectacle risque d’être invisible. C’est pourquoi Philippe Moussette recommande vivement de s’installer en hauteur ou de choisir un lieu offrant une vue dégagée sur le lointain.

L’avantage géographique : pourquoi l’ouest est favorisé

La géographie joue un rôle crucial dans la durée de visibilité de ce phénomène à travers la Belle Province. Olivier Hernandez, directeur du planétarium de Montréal depuis 2018, explique que la ville de Québec n’est pas nécessairement le point d’observation optimal. En se déplaçant vers l’ouest, les observateurs peuvent gagner de précieuses minutes de spectacle, bien que la différence reste modeste.

Pour illustrer ce décalage, M. Hernandez compare la situation entre la métropole et l’Outaouais. « Pour Gatineau, la lune se couche à 6h39. Donc, ça fait juste quelques minutes de différence par rapport à Montréal (6h30). Donc, on gagne neuf minutes d’éclipse en étant à Gatineau, qui est probablement un des points les plus à l’ouest du Québec », souligne le dirigeant de l’organisme public à vocation éducative et scientifique.

Chaque minute compte lorsque l’on tente d’observer une éclipse au ras de l’horizon. Ces quelques minutes supplémentaires offertes aux résidents de l’ouest du Québec pourraient faire la différence entre une observation complète de la phase d’ombre et une vue tronquée par le relief ou les constructions urbaines.

Rouge, orange ou grise ? La science des couleurs

Le spectacle débutera techniquement bien avant l’aube, la Lune entrant dans la pénombre de la Terre vers 3h45, ce qui lui conférera d’abord une teinte plus sombre. C’est toutefois son entrée dans le cône d’ombre, plus étroit, qui pourrait révéler des couleurs spectaculaires. « Elle peut avoir des teintes différentes qui sont dues à la diffraction, à la déviation des rayons du soleil par notre atmosphère », indique Olivier Hernandez.

La coloration du satellite naturel dépendra directement de la pureté du ciel terrestre. « Si notre atmosphère est très propre à ce moment-là, c’est surtout la couleur rouge qui va rester, et c’est pour ça que la face de la lune est éclairée uniquement par la couleur rouge du spectre de la lumière, parce que les autres couleurs, le bleu, le vert, sont moins dispersées que le rouge et, à ce moment-là, elles ne viennent pas sur la lune », précise l’astrophysicien.

Cependant, cette teinte rougeâtre ou orangée n’est jamais garantie. Des phénomènes environnementaux majeurs, tels que des éruptions volcaniques, peuvent altérer le rendu visuel. « Dépendamment en fait de la qualité de notre atmosphère, cette couleur rouge peut changer et peut devenir plutôt sombre et avoir moins de couleur rouge. Et à ce moment-là, on va plus avoir l’impression que la lune est très grise, très sombre », souligne M. Hernandez. Il se montre toutefois optimiste pour le 3 mars : « La dernière qu’on a vécue l’année passée, ça paraissait orange, donc il n’y avait pas de problème. Cette année, a priori, ça devrait être orange aussi, mais cette couleur-là, on ne peut pas la certifier à 100 % avant que l’éclipse commence. »

Cap sur l’été : une éclipse solaire en approche

Au-delà de ce rendez-vous de mars, l’année réserve d’autres surprises, sachant qu’il est possible d’observer entre deux et sept éclipses lunaires ou solaires par an. Les regards se tournent déjà vers l’été, avec une éclipse solaire prévue le 12 août. Selon le site éducatif Éclipse Québec, elle sera partielle chez nous, semblable à celle d’avril 2024, mais visible dans sa totalité en Islande et dans certaines régions d’Espagne.

Olivier Hernandez ne cache pas sa préférence pour ces événements diurnes : « Les éclipses de Lune, même si ça reste très intéressant parce qu’on peut voir la lune avec une couleur différente, […] c’est toujours très impressionnant. Mais les éclipses de Soleil sont encore plus intéressantes parce que c’est un phénomène plus rare, il faut être localisé précisément au lieu où il y a l’éclipse, la totalité. Et ça, c’est plus difficile à voir et c’est ce qui donne un engouement absolument extraordinaire. »

Philippe Moussette, dont la passion est née lors du passage de la comète de Halley en 1986, partage cet enthousiasme et prépare déjà son voyage. « L’éclipse solaire totale, c’est le summum », affirme-t-il, avant d’ajouter : « Je suis un passionné, je vais aller en Espagne pour la prochaine éclipse solaire. » Pour ceux qui resteront au pays et attendent une obscurité totale en plein jour, la patience sera de rigueur : la prochaine éclipse solaire totale au Canada n’aura lieu que le 22 août 2044.

Selon la source : journaldequebec.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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