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Une rencontre « inhabituelle » avec le FBI, alors que Trump veut «nationaliser le vote»
Crédit: shutterstock

Une convocation fédérale qui surprend les administrateurs locaux

C’est une missive qui ne passe pas inaperçue dans les bureaux des responsables électoraux à travers les États-Unis. Alors que l’horizon politique commence à se dessiner pour les élections de mi-mandat de 2026, une invitation qualifiée d’inattendue et d’« inhabituelle » a atterri sur les bureaux des administrateurs des États. L’initiative provient directement du Federal Bureau of Investigation (FBI), agissant de concert avec plusieurs autres agences fédérales de premier plan.

Le rendez-vous est fixé au 25 février. Il ne s’agit pas seulement d’une simple prise de contact, puisque la liste des participants fédéraux est particulièrement dense : outre le FBI, on y trouve le ministère de la Justice, le ministère de la Sécurité intérieure, le Service d’inspection postale des États-Unis ainsi que la Commission d’assistance électorale. L’invitation précise que cette réunion d’information portera sur « les préparatifs du cycle électoral, ainsi que les mises à jour et les ressources que nous pouvons vous fournir, à vous et à votre personnel ». Une description vague qui peine, pour l’heure, à dissiper les interrogations.

Cette démarche soulève immédiatement des questions sur le degré d’implication du gouvernement fédéral dans l’administration des scrutins. Si les contacts entre les forces de l’ordre fédérales et les responsables des États ont déjà existé par le passé, le format et le contexte de cette réunion semblent marquer une étape nouvelle. Les responsables des États confirment avoir reçu cette convocation, mais beaucoup s’interrogent sur la nature précise de l’ordre du jour.

Un nouveau titre mystérieux au sein du FBI

lanature.ca (image IA)

L’élément qui cristallise le plus les doutes concerne la signataire de l’invitation : Kellie Hardiman. Elle s’y présente sous le titre de « responsable électorale du FBI ». Ce rôle spécifique semble inconnu de bon nombre de professionnels du secteur, ce qui alimente un certain scepticisme quant à l’autorité réelle de cette nouvelle fonction au sein de l’agence.

Un responsable électoral, ayant choisi de partager l’invitation sous le couvert de l’anonymat, a confié aux journalistes que la démarche était « inhabituelle et inattendue ». Il a ajouté que plusieurs États s’interrogeaient sur l’objectif réel de la réunion. Plus directement, ce même responsable a déclaré : « Personne n’a entendu parler de cette personne — et nous nous demandons tous ce qu’est un « responsable électoral du FBI ». Cette incertitude souligne la méfiance des administrateurs face aux intentions fédérales.

Ce flou intervient alors que les responsables des États, qui sont constitutionnellement chargés de définir et d’administrer les règles électorales, s’opposent de plus en plus à ce qu’ils perçoivent comme des mesures fédérales excessives. La création apparente d’un poste dédié au sein du FBI, sans communication préalable claire, vient renforcer le sentiment d’une administration fédérale cherchant à étendre son périmètre d’action.

La volonté présidentielle de « nationaliser le vote »

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Cette invitation s’inscrit dans un paysage politique où les intentions de l’exécutif sont clairement affichées. Le président Donald Trump et ses alliés républicains ont exprimé à plusieurs reprises leur volonté de modifier le fonctionnement des élections. Lors d’une récente interview accordée à un podcast conservateur, l’ancien président a tenu des propos sans équivoque sur sa vision de la gestion électorale.

Donald Trump a ainsi déclaré : « Les républicains devraient dire : Nous voulons prendre le contrôle. Nous devrions prendre le contrôle du vote dans au moins 15 endroits ». Il a poursuivi en affirmant : « Les républicains devraient nationaliser le vote. » Ces déclarations ont immédiatement alarmé les experts électoraux. Pour ces derniers, le contrôle des élections par les États constitue une garantie constitutionnelle fondamentale.

La Constitution américaine confère en effet aux États le rôle principal dans l’administration des élections, même si le Congrès conserve la possibilité d’établir certaines réglementations. Les critiques soutiennent que toute tentative de fédéralisation menace la décentralisation historique, conçue pour préserver l’intégrité du processus. Le président Trump a par ailleurs réitéré la nécessité d’un succès républicain en novembre, conférant à la réunion du 25 février une importance qui dépasse la simple logistique.

L’analyse inquiète d’une ancienne procureure fédérale

lanature.ca (image IA)

Le nouveau rôle décrit dans l’invitation du FBI a suscité de vives réactions parmi les observateurs juridiques. Selon Raw Story, Joyce Vance, ancienne procureure fédérale ayant servi sous l’administration Obama et auteure reconnue sur les questions juridiques électorales, a partagé ses craintes dans un article publié sur son blog Substack. Elle s’inquiète particulièrement de la désignation de « responsable électoral du FBI ».

Pour Joyce Vance, ce titre pourrait signaler une volonté d’étendre l’influence fédérale à l’approche d’un cycle électoral politiquement chargé. Elle livre une analyse tranchante des motivations présidentielles : « Avec Trump, ses plaintes à l’égard des autres sont toujours une projection : il veut s’assurer de pouvoir voler les élections de mi-mandat si son parti perd, et il n’y a pas de meilleur moyen pour cela que de retirer l’administration électorale des mains de fonctionnaires gênants qui insistent pour effectuer un décompte équitable. »

Ses remarques reflètent un malaise plus large quant au moment choisi pour cette initiative. Joyce Vance suggère que retirer l’administration électorale des mains des fonctionnaires locaux pourrait être une stratégie délibérée, une perspective qui ne manque pas d’inquiéter ceux qui voient dans la décentralisation un rempart contre les manipulations partisanes.

Tensions accumulées : raids, procès et divisions

Le contexte de cette réunion est déjà lourd de contentieux récents. L’invitation fait suite à un échange tendu lors d’une réunion de l’Association nationale des secrétaires d’État (NASS). Cet événement a mis en lumière de profondes divisions : d’un côté, les directeurs électoraux des États soulignant leur autorité constitutionnelle ; de l’autre, les représentants fédéraux insistant sur la nécessité de sécuriser les systèmes contre la fraude et les cybermenaces.

Ces frictions ont été exacerbées par des actions concrètes des agences fédérales. On note par exemple le procès intenté par le ministère de la Justice pour obtenir les données des listes électorales de dizaines d’États, une démarche perçue comme intrusive. Plus marquant encore, une descente du FBI a eu lieu dans un bureau électoral du comté de Fulton, en Géorgie, en lien avec les élections de 2020. Ces événements ont accru la sensibilité des responsables locaux quant aux limites de l’implication de Washington.

Alors que les responsables des États prévoient d’assister à la réunion du 25 février, beaucoup l’abordent avec une prudence affichée. Ils cherchent avant tout à clarifier les intentions réelles derrière cette mobilisation des agences. Reste à savoir si cette discussion apaisera les craintes ou si elle creusera davantage le fossé de méfiance entre les administrateurs des États et le gouvernement fédéral, dans ce débat national crucial sur l’intégrité des élections américaines.

Selon la source : time.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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