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C’est le tout premier requin jamais filmé dans les eaux de l’Antarctique – « L’une des véritables merveilles de la nature »
Crédit: Image gracieuseté de Minderoo-UWA Deep-Sea Research Centre

Une apparition surprise dans les eaux glaciales

credit : lanature.ca (image IA)

C’est une rencontre inédite qui a stupéfié la communauté scientifique. Pour la toute première fois, un requin a été filmé évoluant dans les eaux proches du point de congélation de l’Antarctique. Cette apparition inattendue a constitué une agréable surprise pour les chercheurs, qui ignoraient totalement que les requins dormeurs habitaient ces eaux. Cette découverte souligne, une fois de plus, à quel point notre connaissance des océans de notre propre planète reste limitée.

L’animal solitaire a été repéré lors d’une expédition menée l’année dernière par le Centre de recherche en eaux profondes Minderoo-UWA et Inkfish Expeditions. Pour mener à bien leur mission, les scientifiques marins ont placé des appâts et des caméras sur le fond marin, à proximité des îles Shetland du Sud couvertes de neige, situées à environ 120 kilomètres au nord de la péninsule Antarctique.

L’équipe a ensuite patiemment attendu de voir ce que le dispositif avait capturé. L’objectif était large, mais le résultat a dépassé les espérances en révélant la présence d’un prédateur que l’on ne soupçonnait pas capable de s’aventurer aussi loin dans le sud du globe.

Un « char d’assaut » surgit des profondeurs

Lorsque les chercheurs ont récupéré l’équipement et visionné les images, ils ont eu droit à une immense surprise. Dans les eaux sombres et glaciales, un requin à l’allure de tonneau, affichant une expression apathique, s’est doucement approché de la caméra. Ce comportement lent et cette apparence massive ont immédiatement permis d’identifier l’individu comme étant un requin dormeur, membre de la famille des Somniosidae.

Le professeur Alan Jamieson, directeur du Centre de recherche en eaux profondes Minderoo-UWA, a partagé son enthousiasme face à cette découverte majeure. Il a déclaré à IFLScience : « L’objectif de l’expédition était de documenter toute la biodiversité dans la fosse des Shetland du Sud, des crustacés aux poissons, et les résultats ont été incroyables, mais voir ensuite, après tous ces jours dans le sud, un gros char d’assaut de requin apparaître est l’une des raisons pour lesquelles ce travail est vraiment formidable. »

Face à ces images rares, le scientifique n’a pas caché son émerveillement devant le spectacle offert par l’animal. Il a ajouté, avec une certaine admiration pour la créature : « Simplement l’une de ces véritables merveilles de la nature. »

Une classification taxonomique encore floue

Cette famille de requins mène une existence étrange, vivant des vies extrêmement longues et lentes dans les profondeurs silencieuses de l’océan. Certaines espèces, comme le requin du Groenland à la longévité exceptionnelle, sont connues pour habiter les eaux froides de l’Arctique, tandis que d’autres vivent dans les parties méridionales des océans mondiaux, comme le requin dormeur du Sud. Cependant, jusqu’à cette observation réalisée en 2025, les scientifiques ne disposaient d’aucune preuve attestant qu’ils pouvaient s’aventurer aussi loin au sud.

L’équipe estime que l’individu filmé est un requin dormeur du Sud (S. antarticus), bien qu’une grande incertitude entoure encore cette famille taxonomique. Le professeur Jamieson a expliqué la complexité de la situation : « On pense qu’il existe trois espèces de requins dormeurs, appelés Somniosus : Somniosus macrocephalus (requin du Groenland), S. pacifica (requin dormeur du Pacifique) et S. antarticus (requin dormeur du Sud). »

Il a poursuivi en détaillant les zones d’ombre qui subsistent : « Malgré le nom  « antarcticus », l’original n’a en réalité pas été découvert en Antarctique. De plus, il existe une certaine ambiguïté quant à savoir si pacifica et antarcticus constituent ou non la même espèce, si bien que nous n’en sommes pas tout à fait sûrs. Étant donné qu’une grande partie des premiers travaux remonte à environ cent ans, nous aurions vraiment besoin de matériel génétique. La question n’est donc pas de savoir s’il s’agit ou non d’une nouvelle espèce, mais plutôt si S. antarticus existe réellement en tant qu’espèce. »

Survivre au froid : une stratégie thermique

Cette observation de 2025 est particulièrement surprenante, car la plupart des poissons vivant dans les eaux antarctiques ont développé des traits hautement spécialisés pour supporter le froid, comme un sang « antigel ». Au moins cinq autres espèces de requins avaient déjà été enregistrées dans l’océan Austral autour de l’Antarctique auparavant, mais jamais un requin dormeur. De plus, la plupart de ces signalements provenaient de prises accidentelles par des pêcheurs, et non d’images in situ d’individus vivants et actifs.

Il existe toutefois des moyens de contourner ces contraintes thermiques extrêmes. Le requin dormeur du Pôle Sud a été repéré à une profondeur de 490 mètres, là où la température de l’eau était d’environ 2°C. Il s’agit d’une couche souterraine d’eau relativement plus chaude.

Selon les analyses des chercheurs, le requin utilise probablement cette couche spécifique comme un corridor thermique. Cela lui permet de s’aventurer plus loin vers le sud, pénétrant ainsi dans des zones géographiques où les eaux seraient, sans cette stratégie de profondeur, trop froides pour sa survie.

Un animal insaisissable mais bien installé

credit : lanature.ca (image IA)

Il est peu probable que ce requin dormeur soit un voyageur solitaire effectuant une expédition pionnière dans de nouvelles eaux, ni une âme perdue luttant pour retrouver son chemin. Les chercheurs soupçonnent qu’il n’est pas totalement inhabituel pour les requins dormeurs de fréquenter cette partie de l’océan. Cependant, nous en savons encore incroyablement peu sur les grands fonds marins, en particulier autour de l’océan Austral, et encore moins sur la vie des requins dormeurs.

La rareté des observations s’explique par des contraintes logistiques majeures. Comme le souligne le professeur Jamieson : « Nous présumons qu’il est là depuis très longtemps, mais la fenêtre météorologique opérationnelle en Antarctique n’est que de quelques mois par an, donc l’exploration en profondeur est très courte ; de plus, leur distribution géographique est massive, pourtant leur densité de population est très faible. »

La difficulté de capturer de telles images témoigne du caractère exceptionnel de la rencontre. Pour conclure sur la nature spectrale de cet animal, Alan Jamieson précise : « Lors de l’expédition en question, nous avons filmé un total de 400 heures sous l’eau et n’avons vu qu’un seul individu, ce n’est donc pas quelque chose que l’on rencontre facilement ; c’est un animal tout à fait insaisissable. »

Selon la source : iflscience.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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