Tensions USA-Iran : Donald Trump fixe un ultimatum de 15 jours avant de possibles représailles
Auteur: Adam David
Un ultimatum présidentiel de deux semaines
Le compte à rebours est officiellement lancé par la Maison-Blanche. Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu’il se donnait une fenêtre de « 10 à 15 jours » pour déterminer la viabilité d’un accord avec l’Iran. Cette annonce intervient alors que Washington et Téhéran ont renoué le dialogue au début du mois de février, marquant une première reprise des contacts depuis la « guerre de 12 jours » survenue en juin 2025. Deux sessions de pourparlers ont déjà eu lieu pour tenter d’aplanir les différends historiques entre les deux nations.
Lors d’un échange avec des journalistes à bord de l’avion présidentiel le transportant vers la Géorgie pour un déplacement économique, le chef de l’État a précisé sa pensée avec une mise en garde directe. Il a averti que si aucun terrain d’entente n’était trouvé, « de mauvaises choses » se produiraient. Cette déclaration souligne la fragilité du processus diplomatique en cours.
Donald Trump a exprimé son scepticisme et sa détermination à travers ces mots : « Il est évident depuis des années qu’il n’est pas facile de conclure un accord pertinent avec l’Iran. Nous devons conclure un accord pertinent, sinon de mauvaises choses vont arriver […] Nous devrons peut-être aller plus loin, ou peut-être pas, nous allons peut-être conclure un accord. Vous le saurez probablement dans les 10 prochains jours. »
Escalade militaire et mises en garde des alliés
Ce délai diplomatique s’inscrit dans un contexte de montée des périls militaires. Les deux pays continuent d’échanger des menaces explicites. Sur le terrain, les États-Unis ont intensifié leur déploiement militaire dans le Golfe, tandis que l’Iran mène des exercices conjoints avec la Russie en mer d’Oman. La veille de l’annonce présidentielle, Washington avait déjà signifié à Téhéran qu’il serait « bien avisé » de signer un accord.
La rhétorique s’est durcie du côté de l’administration américaine. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, a ainsi estimé : « Il existe de nombreux arguments et raisons en faveur d’une frappe contre l’Iran ». Cette posture offensive est soutenue par Israël, allié indéfectible des États-Unis et ennemi juré de la République islamique, qui a également émis une nouvelle mise en garde.
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a tenu à prévenir les dirigeants iraniens des conséquences d’une éventuelle agression : « Si les ayatollahs commettent l’erreur de nous attaquer, ils feront face à une riposte qu’ils ne peuvent même pas imaginer ».
Le nœud gordien du nucléaire et des sanctions
Au centre de ce bras de fer se trouve le programme nucléaire iranien. Sous la pression internationale, Téhéran a réaffirmé jeudi sa position, défendant son « droit » à l’enrichissement d’uranium pour des usages civils, notamment la production d’énergie. Mohammad Eslami, chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, a déclaré : « Aucun pays ne peut priver l’Iran du droit de bénéficier pacifiquement de cette technologie. »
Malgré les tensions, l’Iran avait indiqué mercredi travailler à l’élaboration d’un « cadre » pour faire progresser les tractations avec Washington, reprises le 6 février grâce à une médiation omanaise. Si la volonté de dialogue est affichée de part et d’autre, le contenu des discussions révèle de profondes divergences.
L’Iran, qui nie toute volonté d’obtenir l’arme atomique contrairement aux accusations occidentales et israéliennes, souhaite circonscrire les pourparlers au seul dossier nucléaire et exige la levée des sanctions qui asphyxient son économie. À l’inverse, Washington insiste pour qu’un accord global inclue également le programme de missiles balistiques iraniens ainsi que le soutien de Téhéran aux groupes armés hostiles à Israël dans la région.
Rumeurs de frappes et scénarios de renversement
La possibilité d’un conflit ouvert ou d’une action de force est largement relayée par les médias américains. Donald Trump a multiplié les menaces d’attaques ces dernières semaines, initialement en réponse à la répression meurtrière d’une vague de contestation par le pouvoir iranien début janvier, puis comme levier de négociation. Les chaînes CNN et CBS ont rapporté que l’armée américaine se tenait prête à mener des frappes sur l’Iran dès ce week-end, bien que le président n’ait pas encore pris de décision définitive selon ces mêmes sources.
Le Wall Street Journal, citant des responsables américains sous couvert d’anonymat, va plus loin en affirmant que Donald Trump a été informé d’une option radicale visant à « tuer nombre de dirigeants politiques et militaires iraniens, afin de renverser le gouvernement ».
Pour appuyer ces options militaires, Washington a dépêché deux porte-avions dans le Golfe. Les États-Unis disposent par ailleurs de dizaines de milliers de soldats stationnés dans des bases de la région, bien que certaines soient considérées comme potentiellement vulnérables en cas de contre-attaque iranienne.
Appels à la retenue et diplomatie de la dernière chance
Face à ce que les observateurs qualifient d’« escalade des tensions sans précédent », la communauté internationale tente de calmer le jeu. La Russie a exhorté les parties à la « retenue », tandis que la France a appelé Washington et Téhéran à privilégier la négociation. Paris estime que la voie diplomatique demeure « la seule capable d’empêcher durablement l’Iran d’accéder à une arme nucléaire ».
Sur le plan technique, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a rencontré mercredi Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’objectif est de vérifier le caractère pacifique des activités iraniennes, alors que Téhéran avait suspendu sa coopération et restreint l’accès des inspecteurs aux sites touchés après la guerre déclenchée par Israël l’an dernier, durant laquelle les États-Unis avaient bombardé des installations nucléaires.
En réponse à la pression croissante, le président iranien Massoud Pezeshkian a tenu à clarifier la position de son pays tout en affichant sa fermeté : « Nous ne voulons pas la guerre […] Mais s’ils veulent essayer de nous imposer leur volonté […] devrions-nous l’accepter? »
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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