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Cette découverte inattendue sur l’île de Pâques relance un mystère millénaire
Crédit: Mike W. from Vancouver, Canada, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Un nouvel invité de pierre dans un paysage familier

Le paysage de l’île de Pâques, également connue sous le nom de Rapa Nui, est mondialement célèbre pour abriter un élément clé du passé culturel et archéologique de la région. Ce territoire insulaire est littéralement parsemé de statues moai, des monolithes silencieux dressés face à l’horizon. Jusqu’à présent, les registres archéologiques faisaient état de plus de 1 000 statues déjà découvertes et répertoriées par les chercheurs.

Les experts pensaient avoir une cartographie complète et précise de la présence de ces figures historiques. La surprise fut donc totale lorsqu’un nouveau moai est apparu là où personne ne l’attendait. Cette découverte fortuite vient bousculer les certitudes établies concernant la répartition de ces vestiges sur l’île.

Cette nouvelle statue présente une particularité physique notable : elle est de taille plus petite que la plupart de ses homologues. Sa présence soulève désormais une part de mystère au sein de la communauté scientifique et ouvre la voie à de potentielles découvertes archéologiques futures sur ce territoire que l’on croyait pourtant totalement exploré.

Une trouvaille inédite au cœur de la carrière

Le lieu même de cette mise au jour ajoute une dimension inédite à l’événement. Le moai a été découvert dans le lit d’un lac asséché, situé à l’emplacement exact de la carrière de statues. Il est à noter que la quasi-totalité de ces monolithes est fabriquée à partir de tuf, une pierre formée à partir de cendres et de poussières volcaniques.

Terry Hunt, professeur d’archéologie à l’Université de l’Arizona, a partagé son analyse de la situation lors d’une intervention auprès de l’émission télévisée américaine Good Morning America. Il a tenu à souligner le caractère exceptionnel de ce qu’il considère comme une véritable première dans l’histoire des fouilles locales.

« Nous pensons connaître tous les moai, mais ensuite un nouveau fait son apparition, une nouvelle découverte, et dans ce cas, dans le lac, à la carrière de statues », a détaillé le chercheur. « Aucun moai n’a été trouvé dans le lit asséché ou dans ce qui était auparavant un lac, c’est donc une première. »

Des sédiments qui pourraient cacher d’autres secrets

L’assèchement progressif de la zone a joué un rôle déterminant dans cette révélation. Le lit du lac en question a rendu son moai à la faveur des modifications environnementales, et cette situation laisse entrevoir la possibilité que l’opportunité se présente à nouveau. Le fait que cette nouvelle statue figure parmi les plus petites jamais trouvées pousse d’ailleurs les spécialistes à imaginer l’existence de tout un gisement enfoui.

Pour les archéologues, la topographie des lieux offre un vaste terrain d’investigation. La végétation locale a longtemps agi comme un voile naturel, protégeant potentiellement d’autres sculptures des regards et des recherches antérieures. L’utilisation d’outils de détection de pointe est désormais envisagée pour sonder les profondeurs du sol.

« Dans les conditions sèches que nous connaissons actuellement, nous pourrions en trouver davantage », a affirmé Terry Hunt. « Ils ont été cachés par les grands roseaux qui poussent dans le lit du lac et prospecter avec quelque chose capable de détecter ce qui se trouve sous la surface du sol pourrait nous indiquer qu’il y a en fait d’autres moai dans les sédiments du lit du lac. Quand il y a un moai dans le lac, il y en a probablement d’autres. »

Un savoir-faire colossal entre légende et réalité

Créés par le peuple Rapa Nui, les moai bénéficient d’une renommée mondiale pour leur apparence distinctive, mais aussi pour les récits qui les entourent. Une légende mythique y est attachée : certains pensent que ces moai étaient dotés de pouvoirs spéciaux pour marcher à travers la terre et finir à leur lieu de repos. Quelle que soit la part de vérité de ce mythe, de nombreuses théories existent concernant la manière dont ces statues ont été déplacées depuis les sites de construction jusqu’à leurs divers emplacements.

L’échelle de ces créations impose le respect quant aux techniques employées à l’époque. Tandis que la plus grande des statues pèse 86 tonnes et s’élève à 32 pieds de hauteur, la plupart des moai mesurent en moyenne environ la moitié de cette taille. Environ 95 pour cent d’entre eux sont sculptés dans le tuf volcanique, bien que quelques-uns soient constitués de basalte.

Chaque œuvre porte en elle la trace de ses sculpteurs. Chaque moai est unique, créé par des artisans pour représenter les caractéristiques de la personne à laquelle il ressemblait, souvent un chef ou un leader clé de la communauté. La touche finale consistait en l’inclusion de pierres spéciales pour les yeux, qui n’étaient ni sculptées ni placées avant que la statue ne trouve sa maison définitive.

L’étonnement des gardiens de la mémoire insulaire

Cette découverte au fond du lac asséché vient rappeler que l’île de Pâques n’a pas livré l’intégralité de son héritage. Alors que les experts pensaient connaître les emplacements de toutes les maisons de ces moai, l’apparition de ce spécimen de petite taille prouve que certaines statues demeuraient un mystère absolu pour tout le monde.

Cet étonnement dépasse largement les frontières du monde académique et scientifique. Les populations locales, gardiennes de l’histoire et des terres de Rapa Nui, ont également été prises au dépourvu par l’exhumation imprévue de ce nouveau bloc de tuf volcanique sculpté.

Salvador Atan Hito, vice-président de Ma’u Henua, le groupe qui supervise le parc national de l’île, a exprimé sa stupéfaction auprès de Good Morning America en déclarant : « Il est ici dans le lac et personne ne sait qu’il existe, même les ancêtres, nos grands-parents ne connaissent pas l’existence de celui-là. »

Selon la source : popularmechanics.com

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