Un revers judiciaire historique qui ne règle pas tout
La décision est tombée comme un couperet à Washington, laissant l’ancien président américain dans une colère noire. La Cour suprême des États-Unis a infligé un véritable camouflet à Donald Trump en jugeant illégale une grande partie de ses tarifs douaniers. Cet événement historique a visiblement ébranlé l’homme politique, qui ne s’attendait pas à un tel désaveu de la part de la plus haute juridiction du pays.
Cependant, il serait prématuré pour le Canada de crier victoire. Malgré cette claque judiciaire servie à l’administration Trump, le pays est encore loin d’être sorti du bois. En effet, la portée de ce jugement, bien que significative sur le plan symbolique et juridique, ne concerne pas l’ensemble des barrières commerciales érigées ces dernières années. Les observateurs notent que Donald Trump, loin d’être apaisé, n’est vraiment pas content de cette tournure des événements.
Cette décision de la Cour suprême ne vise en rien les tarifs qui touchent le plus directement l’économie canadienne. La vigilance reste donc de mise à Ottawa, car si l’orgueil de Donald Trump est touché, les mécanismes protectionnistes qui pèsent sur les échanges transfrontaliers demeurent, pour l’instant, une réalité tangible pour de nombreux secteurs industriels.
Industries fragiles et négociations sous tension
L’impact réel de cette décision sur l’économie canadienne reste mitigé, car les secteurs névralgiques sont toujours sous pression. Le ministre québécois de l’Économie, Jean Boulet, a tenu à rappeler la persistance de ces obstacles commerciaux : « Les tarifs américains sur l’acier, l’aluminium, le bois d’œuvre et d’autres secteurs clés [comme l’automobile] demeurent en place et continuent de fragiliser nos industries, nos emplois et nos régions ». Une déclaration qui souligne la précarité de la situation pour les exportateurs.
Il faut noter que, contrairement à la plupart des autres pays, les exportations canadiennes hors de ces secteurs spécifiques sont exemptes de droits de douane. Cette protection est assurée par l’accord de libre-échange, l’ACEUM, qui est toujours en vigueur. Toutefois, la stabilité de cet accord n’est pas garantie éternellement : il doit être révisé cette année même, et les négociations entre Ottawa et Washington s’annoncent d’ores et déjà tendues.
Face à ce contexte incertain, le gouvernement Carney a choisi la carte de la prudence, évitant de fanfaronner après l’annonce de la Cour suprême. Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, s’est contenté de signaler que cette invalidation prouvait que la position du Canada, qui s’était montré outré par ces droits de douane, était « justifiée ».
La colère de Trump face à la « trahison » des juges
La réaction de Donald Trump face à ce jugement a été d’une virulence rare. On a rarement vu l’homme politique aussi ébranlé et en colère, n’hésitant pas à insulter à qui mieux mieux les magistrats. Il est allé jusqu’à traiter les juges « d’ordures », une attaque frontale contre l’institution judiciaire. Ce qui rend ce jugement particulièrement étonnant pour le camp Trump, c’est la composition même du tribunal, majoritairement conservateur.
Le verdict est sans appel : six des neuf juges ont voté pour renverser les tarifs imposés aux partenaires commerciaux. Si les trois juges progressistes ont voté dans ce sens, ils ont été rejoints par des figures conservatrices clés. Le conservateur modéré John Roberts, ainsi que Amy Coney Barrett et Neil Gorsuch — ces deux derniers ayant pourtant été choisis par Donald Trump lui-même durant son premier mandat entre 2017 et 2021 — l’ont débouté.
Visiblement agité derrière le pupitre de la salle de presse de la Maison-Blanche, Donald Trump a laissé éclater son amertume : « J’ai honte pour certains membres de la Cour, totalement honte, parce qu’ils n’ont pas eu le courage de faire ce qui était bon pour notre pays ». Cette déclaration marque une rupture profonde entre l’ex-président et les juges qu’il a contribué à nommer.
Une année noire : échecs politiques et dissensions internes
Cette déconvenue judiciaire s’inscrit dans une séquence particulièrement difficile pour Donald Trump, alors que les échecs s’accumulent en cette année cruciale d’élections de mi-mandat prévues à l’automne. Sa politique sur l’immigration, qui était pourtant plutôt populaire auprès de sa base, s’est retournée contre lui suite à des événements tragiques. En début d’année, des dérapages de la police de l’immigration ont mené à l’abattage froid de deux personnes à Minneapolis, ternissant l’image de sa stratégie sécuritaire.
Le front politique intérieur se fissure également. Plus tôt cette semaine, la Chambre des représentants a adopté une résolution visant spécifiquement à annuler les tarifs imposés au Canada. Le fait marquant est que cette Chambre est pourtant contrôlée par les républicains. Le vote a été appuyé par six républicains, signalant une dissidence interne croissante.
Bien que ce vote n’ait pas force de loi, le message envoyé au président est limpide : sa politique commerciale ne fait plus l’unanimité. Certains membres de son propre clan sont désormais prêts à lui tenir tête publiquement, affaiblissant sa position à l’approche des échéances électorales.
Menaces futures et la facture de 180 milliards
Malgré ce revers cinglant, Donald Trump ne semble pas prêt à déposer les armes. Il n’était pas en reste dans ses déclarations, promettant d’utiliser d’autres mécanismes « encore plus puissants » pour parvenir à ses fins, notamment l’imposition d’une taxe globale mondiale de 10 %. Cependant, un nouveau problème majeur surgit : avec cette victoire devant les tribunaux, des compagnies américaines souhaitent maintenant récupérer l’argent des tarifs qu’elles ont dû payer, une somme colossale atteignant 180 G$ depuis leur mise en vigueur l’an dernier.
Face à cette instabilité chronique, Ottawa a entrepris depuis quelque temps des efforts soutenus afin de diminuer la dépendance canadienne au marché américain. Ces efforts de diversification vont se poursuivre à toute vapeur. Il est évident que, malgré le revers subi, Donald Trump n’a aucune intention de lâcher le morceau.
Les analystes préviennent que la bête blessée pourrait devenir encore plus dangereuse. Donald Trump pourrait même devenir encore plus agressif et imprévisible dans les mois précédant les élections de mi-mandat de novembre, cherchant à galvaniser sa base par des mesures spectaculaires.
Selon la source : journaldemontreal.com
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