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40 ans après le meurtre, l’ADN d’une cigarette révèle l’identité du coupable
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une attente de plus de quatre décennies

C’est une percée remarquable que viennent de réaliser les autorités californiennes, mettant fin à une énigme criminelle vieille de plus de quarante ans. Le dossier, resté sans réponse pendant près d’un demi-siècle, a finalement trouvé son dénouement grâce à une preuve minuscule : de l’ADN prélevé sur une cigarette jetée. Cette découverte a permis aux enquêteurs d’identifier formellement le meurtrier d’une adolescente, apportant une conclusion judiciaire à une tragédie survenue au début des années 1980.

Près de 44 ans après les faits, un jury a reconnu James Unick, aujourd’hui âgé de 64 ans, coupable du meurtre. Pour parvenir à ce résultat, les services du procureur ont révélé avoir utilisé la généalogie génétique. Cette technique, qui croise les preuves ADN traditionnelles avec les recherches généalogiques, a permis d’établir une correspondance irréfutable entre les traces biologiques retrouvées sur les vêtements de la victime et le profil génétique de James Unick, extrait d’un simple mégot.

La procureure du district, Carla Rodriguez, a souligné l’importance de ce verdict lors d’une déclaration officielle. Elle a affirmé : « Ce verdict de culpabilité est un témoignage pour tous ceux qui n’ont jamais abandonné la recherche du tueur de Sarah. » Elle a également insisté sur le caractère exceptionnel de ce dossier : « C’est l’affaire la plus ancienne jamais présentée à un jury du comté de Sonoma. Bien que 44 ans soient une attente trop longue, justice a finalement été rendue, tant pour les proches de Sarah que pour sa communauté. »

Le drame du 23 mai 1982

L’affaire remonte au 23 mai 1982. Ce jour-là, Sarah Geer, une adolescente de 13 ans, est aperçue pour la dernière fois alors qu’elle quitte le domicile d’une amie à Cloverdale, en Californie. Elle ne rentrera jamais chez elle. C’est le lendemain matin qu’un pompier, rentrant à pied de son travail, fait la macabre découverte. Selon le communiqué du bureau du procureur du comté de Sonoma, le corps de la jeune fille gisait dans une zone isolée.

Les autorités ont établi que l’adolescente avait été traînée dans une ruelle vers un endroit reculé, situé à proximité de l’appartement. Derrière une clôture, à l’abri des regards, elle a subi une agression sexuelle avant d’être étranglée. Bien que sa mort ait été immédiatement qualifiée d’homicide, l’enquête s’est rapidement heurtée aux limites technologiques de l’époque.

Les procureurs ont expliqué que la « science forensique limitée de l’époque » rendait difficile l’identification d’un suspect matériel. Faute de moyens techniques suffisants pour exploiter les indices recueillis sur la scène de crime, l’affaire s’est enlisée. Les années, puis les décennies ont passé sans que le responsable ne soit inquiété, laissant le dossier en suspens pendant une très longue période.

L’impasse et la relance de l’enquête

L’espoir de résoudre l’affaire a ressurgi une première fois en 2003. À cette époque, les enquêteurs ont réussi à établir un profil ADN à partir de sperme collecté sur les sous-vêtements de Sarah Geer. Cependant, cette avancée scientifique n’a pas permis d’identifier le coupable. Le profil génétique obtenu ne correspondait à aucun individu dont l’ADN était disponible pour comparaison dans les bases de données existantes. L’investigation s’est alors arrêtée de nouveau.

Il a fallu attendre 2021 pour que le département de police de Cloverdale rouvre officiellement le dossier. Les autorités ont indiqué avoir été en communication avec une firme d’investigation dès la fin de l’année 2019. Ce partenariat avait pour but de réexaminer les preuves du dossier, comme l’a précisé la police, « avec les dernières avancées technologiques dans le travail sur les affaires classées ».

Cette nouvelle dynamique a permis de mobiliser des ressources supplémentaires et de tenter une approche différente pour exploiter le profil biologique établi dix-huit ans plus tôt. La persévérance des forces de l’ordre, couplée à l’évolution rapide des technologies d’analyse génétique, allait s’avérer déterminante pour sortir de l’impasse.

La traque du FBI et le piège généalogique

Pour identifier une correspondance potentielle avec le profil ADN développé en 2003, l’enquête a fait appel au Bureau Fédéral d’Investigation (FBI). L’agence fédérale a utilisé ses ressources spécialisées pour remonter la piste familiale du suspect. Comme l’ont expliqué les procureurs devant le tribunal : « Le FBI, avec son accès aux bases de données généalogiques familiales, a conclu que la source des preuves ADN collectées sur Sarah appartenait à l’un des quatre frères, y compris James Unick. »

Une fois la liste des suspects réduite à cette fratrie spécifique, les enquêteurs ont dû faire preuve de ruse pour obtenir la preuve définitive sans alerter leur cible. Le FBI a alors mis en place un dispositif de surveillance autour de James Unick. L’objectif était de récupérer un échantillon de son ADN de manière discrète et légale.

Les procureurs ont détaillé cette étape cruciale en précisant que les agents fédéraux ont « mené une surveillance de l’accusé et récupéré une cigarette jetée qu’il avait fumée ». L’analyse de ce déchet a confirmé ce que les enquêteurs soupçonnaient : l’ADN présent sur la cigarette de James Unick correspondait parfaitement au profil génétique isolé sur la scène de crime en 2003.

Arrestation et épilogue judiciaire

Forts de cette preuve scientifique, les autorités ont procédé à l’interpellation de James Unick en juillet 2024, à son domicile de Willows, en Californie. Cette arrestation a marqué la fin d’une très longue période d’impunité pour l’homme, permettant enfin d’envisager un procès. La condamnation prononcée récemment par le jury vient clore ce chapitre douloureux.

Après l’arrestation d’Unick en 2024, le chef de la police de Cloverdale, Chris Parker, avait partagé son sentiment dans une déclaration. Il avait déclaré : « Aujourd’hui représente une victoire douce-amère pour la justice. » Il avait ajouté, avec gravité : « Bien que rien ne puisse défaire la douleur infligée à la famille Geer et à notre communauté, nous pouvons enfin offrir un peu de réconfort en sachant que l’auteur sera tenu pour responsable. »

La procédure judiciaire suit désormais son cours final. James Unick, reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, doit connaître sa peine très prochainement. Sa condamnation définitive est programmée pour le 23 avril, date à laquelle la sentence sera prononcée.

Selon la source : news18.com

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