La chute d’un baron plonge le pays dans le chaos
Une vague de terreur s’est abattue sur l’une des destinations les plus prisées des touristes internationaux au Mexique. La mort confirmée de Nemesio Oseguera, surnommé El Mencho, a plongé plusieurs régions du pays dans le chaos. Ce chef redouté du cartel Jalisco Nueva Generacion a été tué dimanche lors d’une opération militaire d’envergure, déclenchant une réaction en chaîne immédiate de la part de son organisation criminelle.
L’armée mexicaine a rapporté que le baron de la drogue a perdu la vie à la suite de blessures reçues lors d’une intervention à Tapalpa, dans l’État de Jalisco. Selon les détails fournis par les autorités, El Mencho est décédé « pendant son transfert par voie aérienne vers la ville de Mexico ». Le bilan humain de cette opération est lourd : sept criminels ont été abattus et trois soldats ont été blessés lors des affrontements.
Les répercussions sur le terrain ont été instantanées et violentes. Dans au moins cinq États du Mexique, dont celui de Jalisco où se trouve la station balnéaire de Puerto Vallarta, des routes ont été bloquées par des hommes armés. Des véhicules ont été incendiés pour ériger des barrages, installant un climat de peur palpable parmi la population locale et les visiteurs étrangers.
L’analyse : le prix de la rupture du pacte
Pourquoi une telle flambée de violence succède-t-elle à l’élimination d’une tête dirigeante ? Edgardo Buscaglia, spécialiste reconnu du crime organisé au Mexique et professeur à l’université Columbia, apporte un éclairage technique sur ce phénomène. Selon lui, ces organisations criminelles fonctionnent avec une attente de protection après avoir versé des sommes considérables à des responsables politiques. Lorsque ce pacte est rompu, la vengeance cible l’État et la société civile.
L’expert ne mâche pas ses mots concernant les conséquences de cette opération militaire. Il précise au Journal : « L’élimination d’un chef de cartel entraîne toujours un effet secondaire très destructeur en termes de violence et de contestation ». Cette dynamique de représailles risque de s’inscrire dans la durée.
Le professeur Buscaglia se montre pessimiste quant à un retour rapide au calme. Il est convaincu que les bouleversements sociaux et les décès liés à cette succession de pouvoir dureront plusieurs mois. Cette instabilité prolongée menace de perturber significativement l’économie du Mexique, déjà fragilisée par l’emprise des cartels.
Témoignages : des Québécois confinés dans la peur
Sur place, la communauté québécoise vit ces événements avec une inquiétude grandissante. Gilles Baril, ancien ministre péquiste et spécialiste de l’Amérique latine, est installé près de Puerto Vallarta. Témoin direct de la dégradation sécuritaire, il décrit une ville à l’arrêt. « Je vois beaucoup de fumée sur la ville, j’entends des bruits d’explosions. Les églises sont fermées, les restaurants et l’aéroport sont fermés. Les cartels ont dit aux gens de rester chez eux parce qu’ils pourraient tuer des gens », rapporte-t-il.
Le sentiment d’insécurité est partagé par les habitués de la région, comme René Pichette. Ce Montréalais, qui fréquente cette destination depuis vingt ans pour son climat habituellement paisible, confie n’avoir jamais assisté à une situation aussi grave. La ville, autrefois vibrante, s’est transformée en zone fantôme.
Face à l’incertitude, René Pichette exprime son désarroi : « C’est épeurant parce qu’on ne sait pas ce qui va arriver. On se demande comment réagir. On ne peut pas aller nulle part et la ville est complètement arrêtée et désertée ». Ces témoignages illustrent l’impact psychologique immédiat sur les résidents étrangers qui avaient choisi Puerto Vallarta pour son sentiment de sécurité.
Qui était El Mencho, l’homme qui valait 15 millions ?
Nemesio Oseguera, abattu à l’âge de 59 ans, n’était pas un criminel ordinaire. Il figurait parmi les barons de la drogue les plus recherchés par les autorités mexicaines et américaines. Washington offrait d’ailleurs une récompense allant jusqu’à 15 millions de dollars pour toute information menant à sa capture. Son influence s’étendait bien au-delà du simple trafic de stupéfiants.
L’homme était à la tête d’un empire criminel diversifié. Il était impliqué dans le trafic de migrants, le commerce illégal d’armes, ainsi que dans des activités plus modernes comme la cyberfraude. Edgardo Buscaglia souligne la longévité exceptionnelle de ce criminel : El Mencho « faisait partie de ces dirigeants qui existent depuis près d’un demi-siècle en tant que membre puis leader de l’un des deux groupes criminels les plus puissants du Mexique ».
La neutralisation de cet homme fort a été saluée internationalement. Christopher Landau, sous-secrétaire d’État américain, a réagi sur la plateforme X Network en qualifiant l’événement de tournant majeur. « C’est une grande victoire pour le Mexique, les États-Unis, l’Amérique latine et le monde entier », a-t-il affirmé, marquant l’importance stratégique de cette opération conjointe contre le crime organisé.
Vols annulés et appel au calme avant la relâche
Les conséquences logistiques de cette crise sécuritaire sont majeures pour les voyageurs, alors que la semaine de relâche approche à grands pas. L’aéroport local a été fermé, et plusieurs Québécois ont vu leur avion à destination de Puerto Vallarta être dévié en plein vol dimanche dernier. Le gouvernement du Canada a rapidement réagi en recommandant d’éviter tout voyage non essentiel dans les régions touchées par cette violence.
Les compagnies aériennes ont dû s’adapter dans l’urgence face à la fermeture de l’espace aérien et aux risques au sol. WestJet, Air Canada, Flair, Air Transat et Porter Airlines ont toutes procédé à l’annulation de plusieurs vols. Cette paralysie des transports laisse de nombreux touristes dans l’incertitude quant à leur retour ou leur départ imminent.
Dans une tentative d’apaisement, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a lancé un appel au calme à la population suite aux troubles. Cependant, le contexte reste lourd. Il faut rappeler que les violences liées aux cartels ont fait plus de 450 000 morts et plus de 100 000 disparus depuis 2006, selon les chiffres officiels. Cette nouvelle flambée de violence survient à quelques mois seulement de la Coupe du monde de la FIFA, dont plusieurs matchs sont programmés sur le sol mexicain.
Selon la source : journaldequebec.com
Créé par des humains, assisté par IA.