Près de 2 000 élèves privés de bus : le point sur la situation
Un conflit de travail majeur perturbe le quotidien de nombreuses familles ce lundi dans la région de Nipissing-Parry Sound. En raison d’un différend entre la compagnie Alouette Bus Lines et ses conducteurs, près de 2 000 élèves se retrouvent privés de transport scolaire pour se rendre en classe. Cette interruption de service survient alors que le syndicat s’apprête à organiser un vote de ratification concernant l’offre contractuelle finale de l’entreprise.
La convention collective liant la compagnie et la section locale 2020 des Métallurgistes unis (United Steelworkers Amalgamated Local 2020) a expiré le 31 août 2025. Les deux parties ont confirmé qu’elles se trouvaient en position dearrêt de travail légal depuis le 21 février. La situation s’est cristallisée autour de l’organisation de la journée de lundi : bien que le syndicat ait initialement indiqué que ses membres assureraient les trajets du matin avant de potentiellement débrayer si l’offre était rejetée, la compagnie en a décidé autrement.
Au total, ce sont plus de 1 900 élèves du nord de l’Ontario qui sont directement impactés par cette absence de bus. La tension est palpable alors que les négociations semblent avoir atteint une impasse critique, laissant les parents et les élèves dans l’incertitude quant à la suite des événements pour le reste de la semaine.
La direction déplore un blocage sur les salaires
Au cœur du désaccord persiste la question salariale, identifiée comme le point d’achoppement principal. Dans une lettre adressée au syndicat samedi, Kevin Gillis, vice-président principal de la compagnie de bus, a souligné que les salaires constituaient le seul litige restant dans les négociations. Il a précisé la nature de la proposition patronale : « L’entreprise a proposé d’augmenter les salaires des chauffeurs de bus de 2,69 $/heure sur la durée du nouvel accord ».
Kevin Gillis a toutefois noté la réaction de la partie adverse face à cette proposition. « Le syndicat a refusé cette offre », a-t-il écrit. Le dirigeant n’a pas caché son amertume face au refus du syndicat de recommander l’acceptation de cette offre finale à ses membres lors du vote prévu ce lundi. Il a déclaré simplement : « C’est décevant ».
Dans sa missive, Kevin Gillis est allé plus loin, accusant le syndicat d’instrumentaliser les élèves dans le cadre de ces tractations. Affirmant que la compagnie ne permettrait pas que des enfants soient laissés sans solution de transport à l’école, il a ajouté : « L’entreprise est déçue que le syndicat choisisse d’utiliser les écoliers comme des pions dans nos négociations ».
Le syndicat réfute les accusations et défend un salaire vital
La réplique du syndicat ne s’est pas fait attendre. Stephanie Gunson, présidente de la section locale 2020 des Métallurgistes unis, a confirmé avoir reçu la lettre de l’entreprise dimanche vers 13 heures. Elle a vigoureusement contesté l’accusation selon laquelle les enfants seraient utilisés à des fins stratégiques. « J’aimerais préciser que le syndicat n’utilise pas les enfants comme des pions pour cette négociation », a affirmé madame Gunson.
La présidente a expliqué que le plan initial du syndicat — assurer les trajets du matin avant tout vote de grève — avait été conçu précisément en pensant aux élèves. Elle a détaillé la position de son organisation sur l’offre salariale : « Lorsque l’employeur a présenté son offre finale au comité de négociation tard vendredi après-midi, les salaires restaient bien en dessous du salaire minimum vital dans la région ». Elle a ajouté : « À l’heure actuelle, le syndicat ne recommande pas l’acceptation, mais présentera aux membres les deux côtés de la médaille pour accepter ou non l’offre finale et laissera aux membres le soin de décider ».
Stephanie Gunson a également souligné que l’employeur est conscient de l’attachement des chauffeurs aux enfants qu’ils transportent et qu’il tente d’utiliser cette inquiétude comme tactique depuis avant le premier vote du 5 février. Elle a déclaré : « Si l’employeur parvenait à un accord équitable avec le syndicat, nous n’aurions aucun problème à recommander l’offre ». Elle a conclu en rappelant l’enjeu humain pour les conducteurs : « Nous comprenons que ce conflit de travail affecte les familles et les communautés, mais ces chauffeurs méritent tellement plus que ce qui est offert et ils doivent défendre leur valeur ».
L’entreprise impose une journée payée non travaillée par sécurité
Face à l’incertitude concernant le transport de l’après-midi, la direction d’Alouette Bus Lines a pris une décision préventive radicale pour la journée de lundi. Kevin Gillis a annoncé que l’entreprise demanderait aux membres de l’unité de négociation de ne pas se présenter au travail ce jour-là, tout en précisant qu’ils seraient payés à leur taux habituel pour cette journée. L’objectif affiché est d’éviter tout risque pour les élèves.
Le dirigeant a justifié cette mesure par le refus du syndicat de garantir le service complet. « L’entreprise ne permettra pas que les enfants soient laissés en plan à l’école », a déclaré Kevin Gillis. Il a poursuivi en expliquant la logique de cette mise à pied rémunérée temporaire : « Comme le syndicat ne s’engage pas à assurer le retour des enfants chez eux en toute sécurité, l’entreprise demandera donc aux membres de l’unité de négociation de ne pas se présenter au travail lundi ».
La porte reste toutefois ouverte pour un retour à la normale dès le lendemain. Kevin Gillis a indiqué que les chauffeurs seraient les bienvenus au travail mardi, en attente du résultat du vote de lundi, à condition que le syndicat s’engage à assurer le retour des enfants à la maison à la fin de la journée scolaire.
Impact sur les familles et logistique du vote décisif
Pour les familles concernées, l’impact est significatif. Le Consortium des services de transport des élèves de Nipissing-Parry Sound (Nipissing-Parry Sound Student Transportation Services) précise qu’Alouette exploite 67 itinéraires desservant environ 1 912 élèves. Ce service couvre les quatre conseils scolaires de la zone. Le consortium a indiqué que toute suspension de service apparaîtrait sous forme d’annulations dans BusPlanner pour les abonnés aux alertes de statut des bus, ainsi que sur le site web associé.
Le dénouement de cette crise dépendra du vote de ratification prévu par le syndicat lundi matin à 10 heures. Stephanie Gunson a précisé que le résultat de ce scrutin déterminerait si les chauffeurs seront officiellement en grève après le vote. Dans un geste visant à faciliter ce processus démocratique, Kevin Gillis a fait savoir que l’entreprise autoriserait les chauffeurs à utiliser leurs véhicules de fonction pour se rendre au vote.
Cependant, la consigne est stricte en cas de rejet de l’offre : les véhicules devront être laissés au dépôt de l’entreprise si une action de grève est déclenchée. Les parents et les élèves restent donc suspendus aux résultats de cette consultation matinale qui décidera de la reprise ou non des transports pour les jours à venir.
Selon la source : ctvnews.ca