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Guerre en Ukraine : Le constat cinglant de la France sur le bilan de Poutine
Crédit: kremlin.ru, Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Un verdict diplomatique sévère sur le bilan russe

C’est un constat sans appel que dresse la diplomatie française concernant la situation actuelle du conflit en Europe de l’Est. Invité ce dimanche de l’émission politique conjointe réunissant France Inter, France Info et Le Monde, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est exprimé longuement sur l’état des forces en présence. Son analyse porte sur la globalité de l’action menée par le Kremlin depuis le début des hostilités.

Selon le chef de la diplomatie française, la stratégie russe ne porte pas les fruits escomptés par Moscou, bien au contraire. Après plusieurs années de combats intenses, le ministre n’a pas hésité à qualifier le résultat obtenu par le président russe Vladimir Poutine avec des termes particulièrement durs, évoquant une situation d’échec total sur le plan stratégique et militaire.

Jean-Noël Barrot a ainsi déclaré formellement lors de cet entretien : « L’armée ukrainienne vient dans un geste d’un panache et d’un courage inouï de libérer 300 kilomètres carrés. Rendons-nous compte qu’après quatre ans [de guerre en Ukraine, NDLR], le bilan de Vladimir Poutine, c’est un échec cuisant et humiliant ». Cette déclaration pose le cadre de la position française face à l’évolution récente du front.

La dynamique de reconquête ukrainienne confirmée

Cette analyse française s’appuie sur des données concrètes récemment communiquées par les autorités de Kiev. En effet, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait pris la parole un peu plus tôt, lors d’un entretien accordé vendredi à l’AFP. Il y détaillait les avancées de ses troupes sur le terrain, confirmant la reprise de territoires significatifs face à l’occupant russe.

Le chef de l’État ukrainien a précisé que ses soldats venaient de reprendre le contrôle de 300 kilomètres carrés. Ces gains territoriaux sont le résultat de contre-attaques actuellement en cours, spécifiquement menées dans la région sud du pays. C’est cette dynamique de reconquête que Jean-Noël Barrot a tenu à mettre en lumière dimanche.

Saluant la bravoure des forces de Kiev, le ministre français a insisté sur la valeur morale et opérationnelle de ces manœuvres. Il a loué « le panache » ainsi que le « courage inouï » dont fait preuve l’armée ukrainienne pour parvenir à regagner du terrain dans des conditions de combat particulièrement difficiles.

Un coût humain historique pour la Russie

Au-delà des mouvements territoriaux, le ministre des Affaires étrangères a mis l’accent sur le coût humain exorbitant de cette guerre pour la Fédération de Russie. Les chiffres avancés par Jean-Noël Barrot décrivent une saignée démographique sans précédent pour l’armée de Moscou depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, soulignant l’ampleur des sacrifices imposés par le Kremlin.

Le ministre a souligné cette hécatombe avec une comparaison historique frappante : « La Russie a accusé plus d’un million de pertes humaines dans cette guerre, c’est-à-dire plus que l’ensemble des pertes soviétiques et russes depuis 1945 ». Ce bilan lourd pèse considérablement sur les capacités opérationnelles de l’adversaire.

L’intensité des combats actuels continue d’alimenter ces statistiques tragiques. Jean-Noël Barrot a précisé le rythme actuel des pertes sur la ligne de front : « Et aujourd’hui, c’est 1000 soldats russes qui sont tués [quotidiennement] sur le front pour des gains qui sont microscopiques ». Une déclaration qui vise à souligner la disproportion entre le coût humain et les résultats militaires obtenus.

L’économie russe au bord de l’asphyxie

L’échec décrit par le ministre ne se limite pas au champ de bataille ; il s’étend également à la structure économique et sociale de la Russie. Jean-Noël Barrot a pointé du doigt les multiples difficultés internes qui fragilisent le pays, dressant le portrait d’une nation dont les ressources s’épuisent et dont le fonctionnement quotidien est de plus en plus entravé.

Il a énuméré les signes tangibles de cet effondrement progressif, allant des finances publiques à la vie quotidienne des citoyens russes. Selon son analyse, « la Russie va entrer en récession, les caisses de la Russie sont vides, l’essence est rationnée dans un grand nombre de régions russes et maintenant ce sont les télécommunications, les communications et les applications qui sont bloquées ».

Cette description vise à montrer que l’effort de guerre pèse désormais directement sur la population et les infrastructures du pays, créant une situation de pénurie et d’isolement technologique qui pourrait avoir des rééquilibrages majeurs à long terme sur la stabilité interne de la Russie.

Tensions diplomatiques à Bruxelles : le défi hongrois

Sur le plan diplomatique, l’unité européenne reste un défi constant. Le ministre a été interrogé sur l’attitude de la Hongrie, qui a annoncé son intention de bloquer le 20e paquet de sanctions européennes contre la Russie. Ce blocage doit intervenir lundi, lors de la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères prévue à Bruxelles.

Face à cet obstacle, Jean-Noël Barrot a affiché une volonté de dialogue et de persévérance. Il a indiqué qu’il travaillerait à « surmonter » cette opposition, rappelant que ce type de situation a déjà été géré avec succès : « comme on l’a fait par le passé ». Le ministre prévoit de s’investir personnellement pour débloquer la situation avant ou pendant la réunion.

Il a détaillé sa méthode pour les heures à venir : « Je vais sans doute prendre connaissance des raisons invoquées et consacrer une partie de mon après-midi à tenter de lever ce blocage ». Tout en reconnaissant qu’il est normal d’avoir des divergences entre États membres, il a conclu sur la nécessité du consensus : « L’important, c’est que nous puissions avoir des débats » et dialoguer pour « aplanir ces divergences et faire des convergences ».

Selon la source : journaldemontreal.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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