Aller au contenu
Les découvertes à bord du jet privé d’Epstein, laissé à l’abandon
Crédit: Department of Justice

Le « Lolita Express » à l’abandon depuis dix ans

lanature.ca (image IA)

À Brunswick, en Géorgie, un Boeing 727 dort depuis dix ans sur le tarmac du Stambaugh Aviation facility. Cet appareil n’est pas un avion ordinaire. Il appartenait à Jeffrey Epstein, le financier américain condamné pour trafic de mineures, décédé en prison en 2019. Surnommé le « Lolita Express », cet avion privé a transporté pendant des années le multimillionnaire déchu et ses invités à travers le monde.

L’extérieur de l’appareil porte les stigmates d’une décennie d’abandon. Rongé par les intempéries, il n’a plus rien du jet privé rutilant qu’il fut. Mais c’est à l’intérieur que l’histoire devient véritablement troublante. Car contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, personne n’a fait le ménage après le départ d’Epstein. L’avion est resté figé dans le temps, conservant les traces de ses derniers voyages.

Et ces traces racontent une histoire que beaucoup préféreraient oublier.

Un avion au cœur d’un scandale mondial

New York Post / Youtube

Les procureurs américains ont établi que cet avion n’était pas qu’un simple moyen de transport pour Epstein. Selon eux, le Boeing 727 servait à transporter ses jeunes victimes d’un bout à l’autre de la planète, participant ainsi à son réseau de trafic. Le surnom « Lolita Express » — référence au roman controversé de Vladimir Nabokov — n’est pas apparu par hasard dans les médias et les documents judiciaires.

Plusieurs personnalités de haut niveau ont été photographiées à bord de cet appareil au fil des années. L’avion était équipé pour recevoir du monde : une chambre, une cuisine, deux salles de bain et trois espaces salon distincts composaient cet intérieur luxueux. À l’époque, rien ne laissait transparaître l’usage criminel qu’en faisait son propriétaire.

En décembre 2018, alors que l’étau judiciaire se resserrait autour de lui, Epstein a discrètement vendu le Lolita Express. Quelques mois plus tard, en août 2019, il était retrouvé mort dans sa cellule de prison. Mais l’avion, lui, n’a jamais vraiment quitté le sol américain. Il est resté là, à Brunswick, comme un vestige encombrant d’une affaire qui a ébranlé l’Amérique.

L’exploration de Georgia Worrell : une odeur de décomposition

New York Post / Youtube

En 2024, la journaliste Georgia Worrell du New York Post a poussé la porte du Lolita Express. Dès les premières secondes à bord, une « odeur de moisi écœurante » l’a accueillie, raconte-t-elle. Dix ans d’abandon dans le climat humide de la Géorgie ont transformé l’intérieur autrefois opulent en un espace où règnent les insectes et la moisissure.

En explorant la cabine, Worrell est tombée sur un premier indice du passé de l’avion : des serviettes en papier monogrammées. Chacune portait le numéro de queue de l’appareil ainsi que les initiales de Jeffrey Epstein. Ces petits détails personnalisés rappellent l’époque où le financier faisait tout pour afficher sa réussite et son statut.

Mais c’est dans la salle de bain principale que les découvertes ont pris une tournure plus inquiétante.

Des objets troublants et un téléphone caché

New York Post / Youtube

Sous le lavabo de cette salle de bain, la journaliste a découvert un flacon de poudre pour bébé accompagné d’autres produits de toilette. En soi, rien d’extraordinaire. Mais dans le contexte de ce que représente cet avion, chaque objet prend une dimension particulière.

Plus loin dans la cabine, Worrell a trouvé des serviettes sales, des bombes de crème à raser envahies par la moisissure, des brosses à dents usagées et des élastiques à cheveux orange et jaunes abandonnés çà et là. L’inventaire de ces objets du quotidien dresse le portrait d’un lieu autrefois habité, où des gens vivaient, mangeaient, dormaient — et où se déroulaient des actes que la justice a depuis qualifiés de criminels.

La chambre à coucher de l’avion n’a pas échappé à la décrépitude. La couette, autrefois luxueuse, est aujourd’hui en décomposition et grouille d’insectes. Sur la table de chevet adjacente, une paire de lunettes repose encore, comme si leur propriétaire venait de les y déposer avant de s’endormir. En ouvrant le tiroir supérieur de cette table de chevet, Worrell a fait une découverte surprenante : un téléphone satellite démonté y était dissimulé. Pourquoi caché ? Pourquoi démonté ? Ces questions restent sans réponse.

Un aménagement de luxe devenu décor de désolation

New York Post / Youtube

Au-delà des objets abandonnés, l’aménagement même du Boeing 727 témoigne d’une époque révolue. L’un des espaces salon était décoré de velours rouge écrasé, selon les observations de Worrell. Un autre espace était entièrement tapissé de miroirs sur les murs. Chacun de ces salons comportait divers canapés et fauteuils, destinés à accueillir les passagers durant les longs vols transatlantiques ou intercontinentaux.

Dans la cuisine, une longue table en bois occupait l’espace central. L’ensemble de l’aménagement laisse penser que l’avion pouvait accueillir jusqu’à 40 personnes, selon l’estimation de la journaliste. Un Boeing 727 transformé en véritable salon volant, conçu pour le confort et la discrétion.

Aujourd’hui, ces espaces autrefois élégants ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Le velours est mité, les miroirs ternis, les sièges défoncés. Le luxe a cédé la place à la désolation.

Un vestige encombrant d’une affaire qui a ébranlé l’Amérique

Le Lolita Express n’intéresse plus personne sur le plan commercial. Trop chargé d’histoire, trop symbolique de l’un des plus grands scandales de trafic du XXIe siècle, cet avion semble condamné à finir ses jours sur le tarmac de Brunswick. Aucun acheteur ne s’est manifesté pour le remettre en état ou le transformer.

Il reste donc là, témoignage muet d’une époque où Jeffrey Epstein évoluait dans les plus hautes sphères de la société, où son Boeing 727 transportait des célébrités, des hommes d’affaires et, selon la justice américaine, de jeunes victimes exploitées dans le cadre d’un réseau criminel international. Chaque objet retrouvé à bord — de la serviette monogrammée au téléphone satellite caché — rappelle que derrière le luxe apparent se cachait une réalité bien plus sombre.

Dix ans après son abandon, le Lolita Express continue de susciter la curiosité morbide et de poser des questions. Que s’est-il réellement passé à bord de cet avion ? Combien de personnes ont été complices, témoins ou victimes ? L’avion lui-même ne parlera jamais. Mais il demeure, rouillé et envahi par la moisissure, comme un monument involontaire à l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire récente des États-Unis.

L’avenir incertain d’un témoin silencieux

lanature.ca (image IA)

Le sort du Boeing 727 d’Epstein pose une question pratique : que fait-on d’un objet matériel si intimement lié à des crimes ? Le détruire reviendrait peut-être à effacer une preuve historique. Le conserver tel quel équivaut à maintenir un mausolée morbide. Le restaurer et le revendre semble moralement impossible.

Pour l’instant, le Stambaugh Aviation facility de Brunswick continue d’héberger cet avion fantôme. Personne ne sait combien de temps encore il restera là, ni ce qu’il adviendra de lui. Sera-t-il un jour démantelé pour récupérer les pièces ? Finira-t-il dans un musée consacré aux affaires criminelles ? Ou pourrira-t-il simplement sur place jusqu’à ce que la nature reprenne ses droits ?

Une chose est certaine : tant qu’il existera, le Lolita Express rappellera que derrière les fastes de la richesse et du pouvoir peuvent se cacher les pires abus. Et que parfois, les objets eux-mêmes portent la mémoire de crimes que l’on préférerait oublier.

Selon la source : simpleflying.com

La video en entier

Créé par des humains, assisté par IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu