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Absences et papillons : l’opposition flaire une fin de régime à Québec
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un parfum de fin de règne à l’Assemblée

L’atmosphère est lourde dans les corridors de l’Assemblée nationale, où l’opposition officielle croit déceler les signes avant-coureurs d’un changement majeur. Selon les libéraux, une ambiance de « fin de régime » s’installe progressivement à Québec, alimentée par une série d’événements qui, mis bout à bout, soulèvent des questions sur l’engagement du gouvernement actuel.

Deux éléments principaux cristallisent cette perception : les absences répétées du premier ministre François Legault lors des périodes de questions et, plus surprenant, le dépôt d’un projet de loi visant à désigner un nouvel emblème entomologique pour la province. Ces faits, bien que de nature très différente, sont interprétés par les adversaires politiques de la CAQ comme la preuve d’un essoufflement du pouvoir en place.

Face à des banquettes gouvernementales dégarnies et à un ordre du jour législatif qui semble parfois chercher sa direction, les critiques fusent. L’opposition ne manque pas de souligner ce qu’elle considère comme un désintérêt flagrant pour les travaux parlementaires, transformant chaque siège vide en munition politique.

L’escapade de Chambly provoque la colère

La tension est montée d’un cran ce mardi, lorsque le premier ministre a de nouveau brillé par son absence lors de la traditionnelle période de questions. François Legault avait choisi de déserter le Salon bleu pour se rendre à Chambly, où il participait à l’inauguration d’une école. Ce choix d’agenda a provoqué l’ire immédiate du libéral Marc Tanguay.

Lors d’un point de presse où l’émotion était palpable, le visage pourpre d’indignation, M. Tanguay a vivement dénoncé ce conflit d’horaire qu’il juge inacceptable. Il a questionné la pertinence du moment choisi pour cette activité externe : « Il n’aurait pas pu faire ça lundi ou vendredi ? » a-t-il martelé, soulignant que la présence du chef du gouvernement est requise pour répondre aux interrogations des élus.

Le député libéral ne s’est pas arrêté là, ironisant sur la couverture médiatique de l’événement de Chambly au détriment du travail parlementaire. « J’espère que les photos sont belles parce que, pendant ce temps-là, nous autres, à la période de questions, on a posé des questions sur ce qui se passe », a-t-il lancé, fustigeant ce qu’il perçoit comme une opération de relations publiques priorisée sur le devoir démocratique.

Une hécatombe sur les bancs du gouvernement

L’absence du premier ministre n’était pas un cas isolé, mais s’inscrit, selon l’opposition, dans une tendance lourde observée ces dernières semaines. D’après le décompte effectué par Marc Tanguay, le chef caquiste aurait manqué quatre journées en chambre sur la dizaine qui s’est écoulée depuis l’annonce de sa démission en janvier dernier. Ce chiffre est brandi comme la preuve d’un désengagement progressif.

Le constat de vacance s’étendait d’ailleurs au-delà du seul fauteuil du premier ministre ce mardi. Plusieurs figures clés du gouvernement manquaient à l’appel, notamment les candidats à la chefferie caquiste, Bernard Drainville et Christine Fréchette, qui étaient eux aussi retenus par d’autres obligations ailleurs qu’au Parlement.

La ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, figurait également parmi les absents notables de la journée. En conséquence, c’est sa collègue Isabelle Charest qui a dû se lever pour répondre aux questions qui étaient spécifiquement adressées à Mme LeBel, illustrant la difficulté du gouvernement à assurer une présence complète face aux tirs de l’opposition.

Rumeurs de prorogation et démenti formel

Face à ces sièges vides, le leader parlementaire libéral soupçonne une manœuvre politique imminente. « Ça sent la prorogation », a-t-il subodoré, évoquant la possibilité d’une suspension des travaux parlementaires. Si cette hypothèse se confirmait, il s’agirait de la deuxième suspension de ce type, rappelant celle qui avait précédé le remaniement ministériel de septembre dernier.

Cependant, du côté du bureau du premier ministre, on rejette catégoriquement cette lecture de la situation. Le cabinet assure que l’agenda législatif est encore chargé et que l’arrêt des travaux n’est pas à l’ordre du jour. « Ce n’est pas dans nos plans de proroger. Nous avons encore des projets de loi importants à faire adopter », a affirmé le cabinet pour couper court aux rumeurs.

Pour appuyer ce démenti, le gouvernement cite les dossiers majeurs encore à l’étude. Parmi eux figurent le projet de constitution du Québec, ainsi que le projet de loi porté par le ministre Ian Lafrenière concernant les « patchs » des groupes criminalisés, deux morceaux législatifs que la CAQ souhaite mener à terme.

L’amiral blanc : le papillon de la discorde

Au-delà des absences et des rumeurs procédurales, c’est un sujet en apparence anodin qui a véritablement mis le feu aux poudres : l’appel d’un projet de loi concernant un insecte. Les parlementaires ont en effet été invités à désigner officiellement l’amiral blanc comme « insecte emblématique du Québec ».

Pour l’opposition libérale, le timing de cette initiative est révélateur. Ce genre de proposition, souvent parrainée par des députés, survient traditionnellement en toute fin de session parlementaire, lorsque les enjeux majeurs ont été évacués. L’arrivée de ce dossier maintenant est interprétée comme un signal de départ.

Marc Tanguay n’a pas manqué d’utiliser cette image pour cingler ses adversaires, y voyant le symbole ultime d’un gouvernement sur le départ. « Quand on voit arriver le papillon amiral blanc, c’est parce que les caquistes sont pas mal proches de la porte », a-t-il conclu, résumant ainsi le sentiment de fin de régime qui, selon lui, flotte sur Québec.

Selon la source : journaldemontreal.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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