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Tensions USA-Iran : un accord historique possible sous la menace d’une guerre ?
Crédit: Side-by-side fusion: "Ali Khamenei crop.jpg" by Khamenei.ir licensed under CC BY 4.0 via Wikimedia Commons + "January 2025 Official Presidential Portrait of Donald J. Trump.jpg" by Daniel Torok (Public domain) via Wikimedia Commons

Un optimisme affiché avant la rencontre de Genève

À l’approche d’une échéance diplomatique cruciale, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a tenu à afficher un optimisme résolu. Ce mardi, le chef de la diplomatie de Téhéran a officiellement déclaré qu’un accord avec les États-Unis était désormais « à portée de main ». Cette annonce intervient dans un climat d’extrême tension, alors que Washington maintient une pression militaire constante sur la République islamique.

Cette déclaration précède de quarante-huit heures une nouvelle session de négociations très attendue. Les représentants des deux nations doivent se retrouver pour tenter de désamorcer une crise qui menace d’embraser la région. L’enjeu est de taille pour Téhéran comme pour Washington, alors que les manœuvres militaires et les déclarations belliqueuses se sont multipliées ces dernières semaines.

M. Araghchi a choisi le réseau social X pour exprimer la position de son gouvernement avant ce troisième rendez-vous diplomatique. Il a assuré que son pays était « déterminé à parvenir à un accord juste et équitable — dans les plus brefs délais ». Selon lui, les discussions actuelles représentent une « opportunité historique de conclure un accord sans précédent qui prenne en compte nos préoccupations et nos intérêts mutuels ».

Diplomatie sous haute pression militaire

Le calendrier diplomatique s’accélère avec cette rencontre prévue jeudi à Genève. Ce nouveau round de discussions fait suite à la reprise du dialogue entre les deux pays ennemis, initiée le 6 février dernier à Mascate, sous la médiation du sultanat d’Oman. Cependant, le ministre iranien a tenu à nuancer son propos en posant une condition sine qua non à la réussite des pourparlers : « Un accord est à portée de main, mais seulement si la diplomatie est privilégiée ».

Cette mise en garde répond directement à la posture de Donald Trump. Depuis plusieurs semaines, le président américain agite la menace de nouvelles frappes militaires contre l’Iran. Ce bras de fer s’inscrit dans le sillage de la guerre de juin 2025, un conflit déclenché par Israël au cours duquel les forces américaines avaient bombardé des sites nucléaires iraniens.

Sur le terrain, les États-Unis maintiennent un dispositif militaire massif pour appuyer leurs exigences. Le Pentagone a déployé des forces navales considérables dans la région. Le porte-avions Gerald Ford est d’ailleurs attendu prochainement pour venir renforcer l’Abraham Lincoln, déjà sur zone. L’objectif affiché par Washington est d’arracher un accord garantissant que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire.

Le spectre du nucléaire et l’analyse des experts

Les positions des deux parties restent diamétralement opposées sur la question centrale du nucléaire. Si les États-Unis exigent des garanties absolues de non-prolifération, Téhéran continue de nier toute ambition militaire. Le régime iranien insiste fermement sur son droit à développer une filière nucléaire civile, s’appuyant sur les dispositions du Traité de non-prolifération (TNP) dont le pays est signataire.

Les observateurs internationaux restent prudents quant à l’issue de ces tractations. Dans un rapport publié lundi, l’International Crisis Group (ICG) a analysé les divergences profondes qui subsistent. Le centre de réflexion américain estime que trouver un terrain d’entente constituera “une tâche difficile”. Le rapport souligne la gravité de la situation actuelle : « La République islamique et les États-Unis n’ont jamais été aussi proches du précipice d’un conflit majeur ».

L’analyse de l’ICG met également en lumière l’incertitude concernant la stratégie américaine en cas d’échec des négociations. Selon les experts du groupe, les intentions de Washington « restent floues ». Ils notent toutefois une tendance historique chez Donald Trump, soulignant que ce dernier préfère généralement « les guerres courtes » plutôt que l’engagement « dans un conflit coûteux et chaotique ».

Lignes rouges et contestation étudiante

En parallèle des tensions internationales, le gouvernement iranien doit faire face à une situation intérieure explosive. La porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a adressé un avertissement clair aux étudiants qui ont repris le chemin de la contestation. Si elle a concédé qu’ils avaient « le droit de manifester », elle a immédiatement précisé qu’il existait « des lignes rouges (…) à ne pas franchir ». Elle a explicitement cité « les lieux sacrés » tels que les mosquées ainsi que « le drapeau » de la République islamique.

Depuis la reprise des cours samedi, la tension est palpable dans les universités de Téhéran. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, et authentifiées par l’AFP, montrent des scènes de défiance ouverte envers le pouvoir. On y voit des étudiants brûler le drapeau national, emblème adopté après la révolution de 1979 qui avait renversé la monarchie. Les slogans sont virulents, les contestataires scandant notamment « Mort au dictateur », une référence directe au guide suprême, Ali Khamenei.

Ces rassemblements sont marqués par des affrontements sporadiques entre les opposants au régime et les partisans du pouvoir. Ces événements secouent un pays encore traumatisé par la répression sanglante de janvier, qui avait écrasé une vaste vague de contestation. La société iranienne reste sous le choc de cette violence étatique inédite déployée pour étouffer la dissidence.

Ultimatum et craintes d’escalade

La population de Téhéran observe ces développements avec un mélange d’appréhension et d’attente. Un habitant de la capitale, interrogé par un journaliste de l’AFP basé à l’étranger, résume l’état d’esprit général par deux mots : « peur » et « espoir ». Selon lui, les protestations restent pour l’instant confinées aux grandes universités et ne devraient pas s’étendre massivement, en raison de « la peur d’une répression brutale et de l’espoir placé en Trump ».

De son côté, le président américain maintient le flou sur ses décisions imminentes. Le 19 février, il avait déclaré s’être donné de « dix » à « quinze jours » pour trancher sur un éventuel recours à la force contre Téhéran. Lundi, il a formellement démenti des articles de presse affirmant que le chef d’état-major américain l’aurait mis en garde contre les risques d’une intervention militaire de grande ampleur.

Face à ces incertitudes, l’Iran ne baisse pas la garde. Les autorités iraniennes ont réitéré leur position ferme : le pays riposterait « avec férocité » à toute frappe américaine, même si celle-ci était limitée. Téhéran a également mis en garde la communauté internationale contre un risque réel d’« escalade » régionale si les armes venaient à parler.

Selon la source : tvanouvelles.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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