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Tourisme : pourquoi les Canadiens ont massivement évité les États-Unis cet été ?
Crédit: credit : lanature.ca (image IA)

Une chute historique des voyages vers le sud

Les habitudes de voyage des Canadiens ont connu un bouleversement majeur lors de la dernière saison estivale, marqué par une désaffection notable pour leur voisin du sud. Selon les données les plus récentes dévoilées par Statistique Canada ce mardi, les résidents canadiens ont drastiquement réduit leurs déplacements vers les États-Unis. Entre le 1er juillet et le 30 septembre de l’année dernière, correspondant au troisième trimestre, seulement 5,9 millions de voyages ont été enregistrés.

Ce chiffre représente une chute vertigineuse de 34,7 % par rapport à la même période l’année précédente. Cette baisse de fréquentation a eu un impact économique direct et immédiat : les dépenses engagées par les voyageurs canadiens lors de ces séjours ont reculé de 24 % comparativement à l’été 2024. Au total, la facture s’est chiffrée à 4,2 milliards de dollars, un montant bien en deçà des standards habituels pour cette période de l’année.

Le contexte de ces statistiques est indissociable des tensions commerciales qui ont marqué l’année 2025. Plusieurs entreprises et villes américaines ont d’ailleurs élevé la voix ces derniers mois, déplorant que la guerre tarifaire en cours ait agi comme un véritable repoussoir. Selon ces acteurs économiques, ce climat politique tendu a découragé de nombreux touristes canadiens de franchir la frontière pour leurs vacances.

L’appel au tourisme intérieur et la réponse des voyageurs

Face à ces tensions commerciales avec les États-Unis, le message politique au Canada était clair. Tant le premier ministre Justin Trudeau que son successeur, Mark Carney, avaient explicitement encouragé la population, l’an dernier, à privilégier le tourisme local. L’objectif affiché était de favoriser les découvertes à l’intérieur des frontières nationales plutôt que de traverser la frontière américaine.

Cependant, les résidents canadiens ne se sont pas pour autant rués davantage sur les destinations locales. Les chiffres indiquent même qu’ils se sont légèrement moins déplacés au sein de leur propre pays. Au total, 108,9 millions de voyages incluant une visite intérieure ont été complétés, ce qui correspond à une baisse marginale de 0,4 % par rapport à l’été précédent.

Si le nombre de déplacements intérieurs a stagné, le budget consacré à ces séjours a, quant à lui, explosé. Entre le 1er juillet et le 30 septembre, les Canadiens ont dépensé la somme colossale de 30,5 milliards de dollars pour leurs vacances au pays. Cela représente une hausse significative de 11,1 % d’une année à l’autre, suggérant que si les Canadiens voyagent moins souvent, ils dépensent davantage lorsqu’ils le font.

L’Europe et le Japon grands gagnants de l’été

Le désintérêt pour les États-Unis a profité à d’autres régions du globe. En effet, les Canadiens ont été plus nombreux à s’envoler vers des destinations outre-mer. Quelque 3,3 millions de voyages ont été réalisés vers ces pays lointains, marquant une augmentation de 7,1 % par rapport à l’été 2024. Pour ces séjours, les voyageurs n’ont pas hésité à investir : la dépense moyenne s’est élevée à 2094 $ par personne pour des séjours d’une durée moyenne de 13,5 nuits au cours de ce troisième trimestre.

L’Europe a particulièrement tiré son épingle du jeu. L’Italie s’est hissée en tête des destinations les plus prisées avec 366 000 visites enregistrées. Elle est suivie de près par la France, qui a accueilli 332 000 Canadiens, et par le Royaume-Uni, avec 311 000 visites. Ces chiffres confirment un report massif des intentions de voyage vers le vieux continent.

L’Asie n’est pas en reste, avec une performance remarquable du Japon. Les Canadiens ont littéralement doublé leur présence dans l’archipel nippon, totalisant 201 000 visites. Malgré cet engouement pour l’outre-mer, si l’on prend en compte tous les voyages confondus (États-Unis et autres pays), les Canadiens se sont globalement moins déplacés à l’étranger : 9,1 millions de déplacements internationaux ont été comptabilisés, soit une baisse globale de 24,4 % par rapport à la même période en 2024.

Les touristes américains : moins nombreux mais plus dépensiers

Si les Canadiens ont boudé les États-Unis, la réciproque n’est pas tout à fait vraie. En ce qui concerne le tourisme entrant, Statistique Canada note qu’un nombre similaire de touristes étrangers est venu visiter le Canada à l’été 2025 comparativement à 2024. Le boycottage semble donc avoir été principalement unilatéral.

Le nombre de visiteurs américains a certes connu une légère diminution, avec une baisse de 2,3 %. Toutefois, ceux qui ont fait le déplacement se sont montrés particulièrement généreux. Leurs dépenses ont augmenté pour atteindre un total de 7,2 milliards de dollars, soit une hausse de 8,3 % par rapport au troisième trimestre de 2024. Moins nombreux, les touristes américains ont donc compensé par un pouvoir d’achat accru.

Cette dynamique financière positive souligne que l’attrait du Canada reste fort pour les voisins du sud, malgré le contexte économique et politique tendu. Les revenus générés par ces visiteurs demeurent un pilier essentiel de l’économie touristique nationale durant la saison estivale.

L’afflux compensatoire des visiteurs d’outre-mer

Pour pallier la légère baisse de la fréquentation américaine, le Canada a pu compter sur un afflux de visiteurs venus de plus loin. Les voyageurs en provenance d’outre-mer ont joué un rôle compensatoire crucial, affichant une présence en hausse de 9,7 % sur cette période. Cette augmentation a permis de stabiliser les chiffres globaux du tourisme entrant.

L’origine de ces visiteurs internationaux est variée, mais certaines nationalités se distinguent nettement. Les visiteurs du Royaume-Uni ont formé le contingent le plus important durant cet été 2025. Ils ont été suivis, dans l’ordre, par les Français, les Chinois et les Allemands, confirmant l’attractivité du Canada sur les marchés européens et asiatiques.

En somme, le paysage touristique de l’été 2025 aura été marqué par une redistribution des flux : moins de Canadiens aux États-Unis, plus de Canadiens en Europe et en Asie, et un maintien du tourisme international au Canada grâce à la diversification des visiteurs étrangers.

Selon la source : tvanouvelles.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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