Tramway : le maire renvoie la balle au gouvernement

Le dossier du tramway de Québec continue de susciter de vives réactions, notamment autour de la résiliation récente d’un contrat majeur. Le maire de Québec, Bruno Marchand, a clairement indiqué qu’il ne comptait pas s’immiscer dans ce litige spécifique impliquant une entreprise technologique. Pour le premier magistrat de la ville, la balle est désormais dans le camp du gouvernement Legault.
Cette prise de position survient alors que des questions financières importantes sont soulevées par le fournisseur évincé. Le maire a profité d’une annonce concernant l’avancement des travaux pour clarifier les responsabilités de chacun dans cette nouvelle phase du projet, tout en abordant les inquiétudes liées aux coûts et à la gestion contractuelle.
Un litige financier aux mains de Québec

Interrogé mardi sur le sort de l’entreprise CSiT, dont le contrat pour le « cerveau » du tramway a été résilié, Bruno Marchand a décliné toute intervention directe. Il estime que la gestion de ce dossier relève exclusivement de l’administration provinciale. « Ce pour quoi ils ont travaillé, ils ont été payés. Après ça, le gouvernement a pris une décision et c’est lui qui a la responsabilité de tous ces contrats-là et de voir la suite », a-t-il déclaré.
Le conflit financier sous-jacent est pourtant significatif. Le président de CSiT a allégué un gaspillage de 11 millions de dollars suite à cette rupture et a évoqué un litige qui pourrait atteindre un coût total de 50 millions de dollars si des poursuites judiciaires étaient entamées. Face à ces chiffres, le maire est resté prudent, refusant de commenter le montant du gaspillage allégué.
Il s’est contenté d’observer la situation avec détachement, soulignant la relation de cause à effet inhérente aux choix gouvernementaux. « C’est issu d’une décision qui a été prise et pour laquelle il y a eu des conséquences », a simplement ajouté M. Marchand en marge de son annonce sur les travaux prévus dans l’ouest de la ville.
La réponse du ministre et du Bureau de projet
Du côté du gouvernement, la ligne directrice semble tout aussi ferme. Le ministre des Transports, Jonatan Julien, a réagi en renvoyant le fournisseur éconduit vers les mécanismes habituels de la commande publique. Il suggère que l’entreprise pourrait encore trouver sa place via d’autres structures. « Ça va être donné à un consortium, puis les gens peuvent toujours s’affilier à différents consortiums pour ces services-là », a précisé le ministre.
Pour contextualiser ces changements, Daniel Genest, le directeur du Bureau pivot du tramway, a apporté des précisions techniques. Il a rappelé que la structure contractuelle globale du projet a été modifiée au moment où le gouvernement a repris le contrôle du dossier, justifiant ainsi les ajustements en cours.
Pas de station supplémentaire au Grand Théâtre
Outre les questions contractuelles, le tracé du tramway fait l’objet de demandes persistantes, notamment concernant l’ajout d’une station près du Grand Théâtre. Sur ce point, Bruno Marchand a tranché de manière définitive : il n’y aura pas de modification. « Ça n’arrivera pas. Le tracé est celui-là, les stations sont à ces endroits-là et repartir en conception référence pour placer une station dans une trémie c’est se donner malheureusement une responsabilité qui va faire en sorte de décaler le projet », a-t-il expliqué, ajoutant que cela rendrait le projet « vulnérable ».
Toutefois, le maire assure ne pas être sourd aux préoccupations des institutions culturelles. « Ça ne veut pas dire qu’on n’est pas sensible à ce que le Grand Théâtre dit », a-t-il nuancé. Il propose plutôt de travailler sur l’environnement immédiat pour améliorer l’accès piétonnier.
Dans cette optique, le réaménagement futur du parc de l’Amérique française, nécessaire après le passage du chantier, est envisagé comme une opportunité. M. Marchand avance que l’on pourrait en profiter pour rendre l’expérience de marche plus conviviale dans ce corridor, répondant ainsi partiellement aux doléances sans toucher à la structure du réseau.
L’opposition crie à l’improvisation
L’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, menée par Stéphane Lachance, a vivement réagi à ces annonces, dénonçant une gestion qu’il qualifie d’« improvisation ». Il déplore particulièrement que le calendrier des travaux soit fixé alors même que le choix des entrepreneurs n’est pas encore complété. Selon lui, l’épisode du contrat accordé à CSiT en 2023 pour être ensuite retiré renforce cette impression de désorganisation.
M. Lachance exprime également un scepticisme croissant quant à l’avenir du projet. Il se dit de plus en plus convaincu que le gouvernement pourrait abandonner le tramway une fois le coût définitif connu. « Je pense qu’il y en a qui vont avoir très peur. Pour moi, je pense que c’est une grande possibilité », a-t-il affirmé.
Le chef de l’opposition espère une prise de conscience financière de la part des autorités. « J’espère qu’il y a des gestionnaires gouvernementaux qui vont considérer qu’à un moment donné, il y a une limite à ce que les citoyens peuvent payer », a-t-il conclu. Ces informations ont été recueillies avec la collaboration de Rémi Nadeau.
Calendrier des travaux dans l’ouest
Les autorités ont dévoilé un calendrier précis pour les interventions majeures qui se dérouleront dans l’ouest de la ville au cours du printemps. Le coup d’envoi de cette séquence est prévu pour le 30 mars, avec des travaux ciblés sur le boulevard Laurier, un axe névralgique de la circulation.
Le mois d’avril sera particulièrement chargé. Dès le 13 avril, les équipes se déploieront dans le secteur de Chaudière ainsi que dans le corridor situé sous les lignes d’Hydro-Québec. Une semaine plus tard, le 20 avril, ce sera au tour du secteur Quatre-Bourgeois, spécifiquement entre Pie-XII et Duplessis, d’être le théâtre d’opérations.
Enfin, cette série de travaux printaniers se poursuivra jusqu’au mois suivant. La date du 11 mai a été arrêtée pour le début des interventions sur la montée Mendel, marquant une autre étape dans la préparation du réseau.
Bilan de la foresterie urbaine
Le projet de tramway implique également des changements significatifs pour la foresterie urbaine de Québec. Les données communiquées font état d’un impact notable sur le couvert végétal. Entre le début du projet et la fin du printemps 2026, ce sont environ 500 arbres qui auront été coupés pour permettre la réalisation des infrastructures.
L’abattage ne s’arrêtera pas à cette première phase. Les projections indiquent qu’il en restera environ 1000 de plus à abattre d’ici la fin complète du projet. Ces chiffres soulignent l’ampleur de la transformation physique que la ville s’apprête à traverser pour accueillir ce nouveau mode de transport.
Selon la source : journaldequebec.com
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