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Le plan Poilievre face à Trump : ce qu’il va annoncer à Bay Street
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un discours pour changer de ton

C’est un rendez-vous capital pour Pierre Poilievre. Ce jeudi, le chef du Parti conservateur du Canada prendra la parole devant le prestigieux Economic Club de Toronto. Son objectif est clair : se présenter sous un nouveau jour, celui d’un leader « sérieux et lucide » face au monde des affaires de Bay Street. L’enjeu est de taille, puisqu’il s’agit de répondre directement aux critiques qui lui reprochent un style jugé trop polarisant et négatif.

Selon une source conservatrice qui s’est confiée à Radio-Canada, le discours dévoilera une série de mesures précises. Celles-ci viseront à protéger l’économie canadienne, mais surtout à relancer la productivité et la compétitivité du pays. La finalité ? Permettre au Canada de négocier « avec les autres nations dans une position de force ». Son entourage décrit cette intervention comme une feuille de route concrète « pour renforcer la souveraineté du pays dans un environnement géopolitique instable ».

La question qui brûle toutes les lèvres trouvera enfin sa réponse. « Oui, Pierre Poilievre fera bel et bien référence au président Trump », confirme cette même source. Cette précision est loin d’être anodine. Le chef conservateur avait en effet essuyé des critiques pour avoir soigneusement évité d’aborder de front le dossier de l’ancien président américain, notamment lors de son discours au congrès conservateur de Calgary.

Une offensive pour se forger une stature de premier ministre

Ce discours à Toronto n’est que la première étape d’une stratégie plus large. Juste après son intervention, le chef de l’opposition officielle s’envolera pour l’Europe. Il est attendu à Londres dimanche, avant de poursuivre son voyage vers Berlin. Ce déplacement marque une étape importante : il s’agit de son tout premier voyage à l’étranger depuis son élection à la tête du parti en 2022.

L’agenda européen sera chargé. Pierre Poilievre doit y prononcer plusieurs discours et rencontrer divers responsables du continent. D’après les informations obtenues, cette double manœuvre — le discours économique et le voyage international — a pour but de rendre sa candidature plus « premier ministrable » aux yeux de l’électorat.

Cette offensive politique est également perçue comme une réplique directe au discours de Mark Carney à Davos. L’ancien gouverneur de la Banque du Canada y avait appelé les « puissances moyennes » à s’unir pour faire contrepoids aux forces qualifiées d' »hégémoniques ». Pierre Poilievre semble donc vouloir positionner sa propre vision sur l’échiquier mondial.

Énergie, automobile et innovation : les trois piliers du plan

Au cœur de son allocution de jeudi, Pierre Poilievre devrait articuler sa vision économique autour de plusieurs axes forts. L’un des plus importants sera la proposition de créer une nouvelle réserve stratégique canadienne. Cette réserve concernerait à la fois l’énergie et les minéraux, dans le but avoué de mieux protéger les ressources naturelles du pays.

Le secteur automobile, vital pour l’économie, sera également au programme. Le chef conservateur entend aborder la mise en place d’un nouvel accord sur l’automobile avec les États-Unis, qui serait cette fois « sans droits de douane ». Cependant, un flou persiste. Pour le moment, les détails sur la manière concrète de mettre en œuvre ces deux ambitieuses propositions demeurent inconnus.

Un troisième volet concernera la protection de l’innovation canadienne. Pierre Poilievre prône une approche punitive envers les entreprises qui délocalisent la propriété intellectuelle développée au Canada. Le mécanisme serait simple : forcer ces dernières à rembourser l’intégralité des subventions qu’elles ont pu recevoir du gouvernement.

Un groupe de travail sur l’accord commercial nord-américain

Au-delà des mesures purement économiques, le chef de l’opposition semble vouloir tendre la main à ses rivaux politiques sur un enjeu crucial. Il devrait en effet proposer la création d’un groupe de travail multipartite dédié à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Cette initiative vise à préparer le terrain pour la révision de l’accord et son éventuelle renégociation. En invitant les autres partis à la table, Pierre Poilievre pourrait chercher à projeter une image de leader capable de rassembler au-delà des lignes partisanes sur un dossier d’intérêt national.

Entre vote de confiance et sondages en berne

Ce repositionnement stratégique intervient dans un contexte politique complexe pour Pierre Poilievre. Il n’a pas oublié les critiques qui l’ont visé durant la dernière campagne électorale fédérale. Plusieurs membres de son propre parti lui avaient alors reproché de ne pas avoir su ajuster son discours face à la nouvelle menace que représentait l’administration américaine de Donald Trump, un facteur qui avait, selon eux, pesé sur l’humeur des électeurs.

Pourtant, sa position au sein du parti semble solide. Le mois dernier, lors d’un vote de confiance à Calgary, le chef conservateur a obtenu un appui massif de 87 % des délégués. Un score qui lui donne une légitimité interne incontestable.

Reste maintenant le plus difficile : convaincre l’ensemble des Canadiens. Le chemin est encore long. De récents sondages placent toujours son parti loin en deuxième position dans les intentions de vote, avec une dizaine de points de retard sur les libéraux menés par Mark Carney. La performance de jeudi sera donc scrutée à la loupe.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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