Donald Trump menace d’expulser Robert De Niro pour « syndrome de dérangement Trump »
Auteur: Simon Kabbaj
Un duel à distance qui prend une tournure radicale

La tension entre Donald Trump et Robert De Niro a franchi un nouveau cap. L’ancien président des États-Unis a publiquement menacé d’expulser l’acteur emblématique, l’accusant de souffrir du « syndrome de dérangement lié à Trump ». Cette passe d’armes fait suite à une série de critiques virulentes de la part de l’acteur, notamment lors d’un événement organisé en marge du discours sur l’état de l’Union.
Le conflit s’est envenimé sur les réseaux sociaux, où Donald Trump a qualifié les propos de l’acteur de « sérieusement criminels ». Une escalade verbale qui s’inscrit dans un contexte de forte polarisation politique aux États-Unis, opposant frontalement une figure politique majeure et une icône d’Hollywood.
Deux discours, deux visions de l’Amérique

Tout a commencé le mardi 24 février, lors du traditionnel discours sur l’état de l’Union. Donald Trump s’est exprimé pendant une heure et quarante-sept minutes, signant ainsi le plus long discours de l’histoire de cet événement. Devant le Congrès, il a abordé des sujets comme l’Iran, les tarifs douaniers et l’économie. La présence de l’équipe de hockey américaine, médaillée d’or, a également été remarquée.
Mais pendant que le président parlait, un contre-événement se tenait : « The State of the Swamp » (L’état du marécage). Organisé par Defiance.org, il visait à « défier les abus de pouvoir de Donald Trump, en incluant des officiels qui ont précédemment conseillé Trump ». En tête d’affiche, l’acteur Robert De Niro, entouré de personnalités comme Don Lemon et Mark Ruffalo. C’est dans ce contexte que la confrontation a pris de l’ampleur.
Robert De Niro, critique sans concession de Trump

Robert De Niro, âgé de 82 ans et originaire de New York, n’a jamais caché son opposition à Donald Trump au cours de la dernière décennie. Ses critiques se sont intensifiées récemment. La veille du discours présidentiel, dans le podcast de MSNBC « The Best People with Nicole Wallace », il n’a pas mâché ses mots : « C’est un idiot. On doit se débarrasser de lui. Il va ruiner le pays. »
L’acteur de Goodfellas a poursuivi en visant les partisans de Trump : « Je ne veux pas que tout le monde se promène avec son MAGA, les drapeaux américains, comme s’ils étaient les seuls. Nous sommes aussi des Américains. » Lors de son discours émouvant à l’événement « State of the Swamp », il a enfoncé le clou en décrivant le président comme étant « défaillant, vacillant et désespéré ».
La réponse cinglante de Trump sur Truth Social

La réaction de Donald Trump ne s’est pas fait attendre. Sur son réseau social, Truth Social, il s’est lancé dans une diatribe enflammée, qualifiant l’acteur de Heat de « dément ». Il a d’abord proposé d’expulser les représentantes Ilhan Omar et Rashida Tlaib, qu’il a traitées de « folles » pour avoir quitté le Capitole en criant pendant son discours.
Puis il s’en est pris directement à l’acteur : « Elles devraient en fait monter sur un bateau avec Robert De Niro, le Dérangé par Trump, une autre personne malade et démente avec, je crois, un QI extrêmement bas, qui n’a absolument aucune idée de ce qu’il fait ou dit — dont une partie est sérieusement CRIMINELLE ! ». Trump a continué en comparant l’acteur à une autre de ses cibles, la comédienne Rosie O’Donnell. « Quand je l’ai vu fondre en larmes hier soir, un peu comme un enfant le ferait, j’ai réalisé qu’il est peut-être encore plus malade que Crazy Rosie O’Donnell, qui est en ce moment en Irlande en train d’essayer de comprendre comment revenir dans nos magnifiques États-Unis. »
Il a ajouté que « la seule différence » entre l’acteur et la comédienne est qu’elle est « probablement un peu plus intelligente ». Son message s’est conclu sur une note triomphante : « La bonne nouvelle est que l’Amérique est maintenant plus Grande, Meilleure, plus Riche et plus Forte que jamais, et ça les rend absolument fous ! PRÉSIDENT DONALD J. TRUMP ».
Le « Trump Derangement Syndrome », une arme rhétorique

Au cœur de l’attaque de Trump se trouve l’expression « Trump derangement » ou « Trump Derangement Syndrome ». Ce terme, inventé par les partisans de la mouvance MAGA, est fréquemment utilisé pour décrire les critiques de Donald Trump. Il s’agit en réalité d’une adaptation du « Bush derangement syndrome », une expression conçue par le chroniqueur conservateur Charles Krauthammer en 2003, durant la présidence de George W. Bush.
Le psychologue Brad Brenner, du Therapy Group of DC, a analysé ce phénomène. Selon lui, cette expression « discrédite plutôt qu’elle ne décrit, et son existence même montre comment le langage politique peut brouiller la frontière entre la perspicacité clinique et l’insulte partisane ». Donald Trump lui-même a régulièrement employé cette formule pour qualifier ses opposants politiques. Il avait notamment suscité une vive controverse en affirmant que le décès du cinéaste Rob Reiner était lié au « syndrome de dérangement lié à Trump ».
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