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Corée du Nord : Une main tendue vers Washington, mais à une condition explosive
Crédit: Caricature politique élégante style peinture numérique de Kim Jong Un au pupitre lors d'un congrès,
Crédit : lanature.ca (IA)

Une ouverture diplomatique sous haute surveillance

C’est une déclaration qui pourrait marquer un tournant dans les relations internationales en Asie de l’Est. À l’issue du congrès du parti au pouvoir, les médias d’État nord-coréens ont rapporté ce jeudi des propos significatifs tenus par leur dirigeant. Kim Jong Un a en effet estimé que Pyongyang pourrait « bien s’entendre » avec les États-Unis, laissant entrevoir une possible détente après des années de tensions exacerbées.

Cette annonce survient juste après la clôture du 9e congrès du Parti des travailleurs, un événement politique majeur pour le régime. Cependant, cette main tendue n’est pas sans contrepartie. Le leader nord-coréen pose une condition sine qua non à cette potentielle amitié : la reconnaissance officielle par Washington d’un statut que le régime revendique depuis longtemps.

Photographie grand angle d'une salle de congrès immense à Pyongyang, remplie de délégués en costumes
Photographie grand angle d’une salle de congrès immense à Pyongyang, remplie de délégués en costumes
Crédit : IA

L’agence officielle KCNA s’est faite l’écho de cette nouvelle posture, soulignant que la balle est désormais dans le camp américain. L’objectif affiché par le Nord est clair : normaliser les relations, mais uniquement sur un pied d’égalité stratégique.

La condition nucléaire : un ultimatum constitutionnel

Pour Kim Jong Un, la reprise du dialogue repose sur une acceptation totale de la réalité militaire de son pays. Selon les propos rapportés par l’agence KCNA, le dirigeant a été très précis sur ses attentes. Il a déclaré que si Washington « respecte le statut actuel (de puissance nucléaire) de notre pays tel qu’il est stipulé dans la Constitution (…) et abandonne sa politique hostile (…) il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas bien nous entendre avec les États-Unis ».

Gros plan sur un document officiel avec un sceau nord-coréen, posé sur un bureau en bois verni, à cô
Gros plan sur un document officiel avec un sceau nord-coréen, posé sur un bureau en bois verni, à cô
Crédit : IA

Cette exigence fait référence à l’inscription du statut nucléaire directement dans la loi fondamentale nord-coréenne, rendant ce point non négociable aux yeux du régime. En liant l’amélioration des relations à l’abandon de ce que Pyongyang qualifie de « politique hostile », Kim Jong Un cherche à imposer une nouvelle grille de lecture diplomatique.

Ce positionnement tranche avec les discours habituels, souvent plus belliqueux, mais il verrouille également la discussion : il ne s’agit plus de dénucléariser, mais de coexister avec une Corée du Nord armée.

Caricature artistique de Donald Trump de profil, regardant vers l'horizon asiatique, style illustrat
Caricature artistique de Donald Trump de profil, regardant vers l’horizon asiatique, style illustrat
Crédit : IA

L’ombre de Donald Trump et l’évolution du discours

Cette déclaration résonne particulièrement avec les événements diplomatiques de l’année précédente. Lors d’une tournée en Asie, l’ancien président américain Donald Trump avait adopté une position surprenante, se déclarant « ouvert à 100 % » à une rencontre avec le dirigeant nord-coréen. Il était même allé plus loin, se positionnant à rebours de plusieurs décennies de politique américaine traditionnelle.

En effet, Donald Trump avait concédé à l’époque que la Corée du Nord était « en quelque sorte une puissance nucléaire », une admission rare pour un responsable américain. Pourtant, Pyongyang n’avait pas saisi cette perche à ce moment-là. Le régime n’avait pas répondu à la proposition de M. Trump et avait même répété à plusieurs reprises que la Corée du Nord n’abandonnerait jamais ses armes nucléaires.

Vue symbolique de la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corées, barbelés au premier plan, broui
Vue symbolique de la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corées, barbelés au premier plan, broui
Crédit : IA

L’évolution de la rhétorique de Kim Jong Un est notable. Lors du précédent congrès de son parti en 2021, il avait explicitement désigné les États-Unis comme le « plus grand ennemi » de sa nation. Aujourd’hui, bien que les conditions soient strictes, sa position semble s’être adoucie, passant de l’hostilité pure à une proposition conditionnelle d’entente.

Rupture totale consommée avec Séoul

Si une porte s’entrouvre vers Washington, une autre se claque violemment au nez de la Corée du Sud voisine. Kim Jong Un a infligé un revers cinglant aux espoirs de rapprochement, alors même que le dirigeant sud-coréen Lee Jae Myung, investi en juin, milite activement pour la reprise du dialogue bilatéral.

Photographie nocturne ultra-réaliste d'un défilé militaire à Pyongyang, missiles sur des lanceurs mo
Photographie nocturne ultra-réaliste d’un défilé militaire à Pyongyang, missiles sur des lanceurs mo
Crédit : IA

Le rejet est catégorique. M. Kim a annoncé que Pyongyang cessera « à jamais » de considérer les Sud-Coréens comme des compatriotes. Il a par ailleurs qualifié les récentes initiatives conciliantes venues de Séoul de « trompeuses ». La rhétorique employée est sans appel et marque une rupture historique dans la vision de la péninsule.

Selon les propos rapportés jeudi par l’agence KCNA, le leader du Nord a déclaré : La Corée du Nord « n’a absolument rien à faire avec la Corée du Sud, son ennemi le plus hostile, et exclura à jamais la Corée du Sud de la catégorie des compatriotes ». Cette déclaration semble enterrer, du moins pour le moment, tout espoir de réunification ou de détente intercoréenne.

Capacités militaires et démonstration de force

Au-delà des mots, la réalité matérielle du programme d’armement nord-coréen reste au cœur des préoccupations régionales. En janvier, la présidence sud-coréenne a estimé que Pyongyang produit désormais assez de matière nucléaire chaque année pour assembler jusqu’à 20 armes atomiques. Ce chiffre illustre l’accélération des capacités techniques du régime.

Pour marquer la fin de ce cycle politique, le 9e congrès du Parti des travailleurs de Corée du Nord s’est achevé mercredi par une démonstration de force traditionnelle. L’agence KCNA a indiqué qu’un grand défilé militaire avait été organisé pour clôturer l’événement.

Cette parade vient ponctuer une séquence où la diplomatie et la menace militaire s’entremêlent, confirmant que si Kim Jong Un parle d’entente, il continue de s’appuyer sur un arsenal grandissant pour peser dans la balance internationale.

Selon la source : https://www.tvanouvelles.ca/2026/02/25/la-coree-du-nord-prete-a-bien-sentendre-avec-washington-si-elle-est-reconnue-comme-puissance-nucleaire

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