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Fax et téléphone : le nouveau quotidien des patients pour voir un spécialiste au Québec
Crédit: lanature.ca (image IA)

Le bras de fer est engagé

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Pour obtenir un rendez-vous avec un médecin spécialiste, les Québécois devront bientôt reprendre le chemin du téléphone et du fax. En cause, un conflit de travail qui s’envenime entre la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et le gouvernement. Frustrés par des salaires jugés inférieurs à ceux du reste du Canada, les spécialistes ont décidé de boycotter le guichet unique centralisant les demandes de consultation.

Le ton est monté d’un cran ce jeudi à l’Assemblée nationale, alors que les négociations entre les deux parties semblent dans une impasse totale. Au cœur du désaccord : des revendications salariales que tout oppose, plongeant le système de santé dans une nouvelle zone de turbulence.

Une bataille de chiffres au sommet

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Le conflit se cristallise autour de pourcentages et de millions de dollars. Les médecins spécialistes réclament une augmentation de 14,5 % sur une enveloppe globale de 5 milliards de dollars étalée sur cinq ans. De son côté, le gouvernement de François Legault campe sur sa proposition : une hausse de 11 %.

Le premier ministre se montre ferme et semble déterminé à ne pas céder. « Ça suffit », a-t-il lancé. Il justifie sa position en avançant des chiffres précis : « Les médecins spécialistes qui travaillent à temps plein gagnent en moyenne 550 000 $ par année. On leur offre une augmentation de 11 %, ça donne 600 000 $ par année. Moi, je pense que c’est suffisant ». François Legault estime que sa lecture de la situation est partagée par la population, ajoutant : « Je pense que les Québécois sont d’accord avec ça ».

La contre-attaque des spécialistes

La Fédération des médecins spécialistes du Québec conteste vivement les chiffres avancés par le gouvernement. Son président, le Dr Vincent Oliva, présente une tout autre réalité financière. Selon lui, les médecins spécialistes gagnent plutôt environ 460 000 $ par année, un montant qui inclut les frais de fonctionnement de leur cabinet. Il dénonce ce qu’il qualifie d’intransigeance et d’orgueil mal placé de la part du premier ministre.

L’argument principal de la FMSQ repose sur une comparaison nationale. « La réalité, c’est que les médecins spécialistes québécois sont moins bien payés que partout ailleurs au Canada. Même avec nos demandes, on va rester en queue de peloton », affirme le Dr Oliva. Il souligne une conséquence directe de cette situation : certains médecins choisiraient de pratiquer au privé ou même de quitter le Québec pour exercer ailleurs dans le monde.

Face à la question de savoir si leur situation attire la pitié, le Dr Oliva se défend de toute victimisation. « On n’est pas en train de dire que les médecins spécialistes font pitié. On convient que les médecins spécialistes, dans le cadre d’une société, sont bien payés », concède-t-il, avant de signaler que ce type de débat public « ne donne pas envie aux médecins de rester au Québec ».

Des moyens de pression aux conséquences concrètes

En attendant une éventuelle reprise du dialogue, les spécialistes intensifient leurs moyens de pression. Cette nouvelle action s’ajoute à une stratégie déjà en place : ils avaient précédemment cessé leur participation au déploiement du Dossier santé numérique et à d’autres activités qualifiées de médico-administratives.

Le conflit franchira une nouvelle étape le 16 mars. À compter de cette date, les médecins spécialistes cesseront d’utiliser le Centre de répartition des demandes de services (CRDS). Ce guichet est le principal outil permettant aux omnipraticiens de transmettre une requête à un spécialiste. Sans lui, les médecins de famille n’auront d’autre choix que de se servir du fax et du téléphone pour recommander leurs patients. Un retour en arrière que le président de la FMSQ, le Dr Oliva, qualifie lui-même de « mauvais système ».

La question des services aux citoyens reste entière. Alors que les Québécois s’attendent à un accès aux soins, surtout si une augmentation est accordée, les spécialistes assurent que la population en aura pour son argent si leur salaire est bonifié. Ils n’ont toutefois pas précisé de quelle manière ces améliorations se traduiraient concrètement.

La stratégie globale du gouvernement

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La position du gouvernement ne se limite pas à la seule négociation avec les spécialistes. La présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, a rappelé la nécessité de respecter la « capacité de payer » du Québec, envoyant un message similaire à celui du premier ministre.

Madame Duranceau a également apporté un éclairage sur une autre facette de la politique gouvernementale en matière de santé. Elle a rappelé qu’une hausse plus importante avait été accordée aux omnipraticiens. L’objectif avoué de cette mesure est de réduire l’écart salarial avec les spécialistes. Par cette stratégie, Québec souhaite rendre la médecine familiale plus attractive pour les futurs médecins.

Selon la source : journaldemontreal.com

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