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Photo interdite : la déposition d’Hillary Clinton sur l’affaire Epstein vire au chaos
Crédit: Gage Skidmore from Surprise, AZ, United States of America, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Un témoignage brusquement interrompu

C’est une scène qui a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Ce jeudi 26 février, à Chappaqua dans l’État de New York, l’ancienne Secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a été contrainte de suspendre sa déposition très attendue concernant ses liens avec le financier déchu Jeffrey Epstein. La raison ? La rupture d’une règle fondamentale lors de cette session à huis clos.

Âgée de 78 ans, l’ex-candidate démocrate à la présidence était entendue au Chappaqua Performing Arts Center. Elle affirmait n’avoir eu « aucune idée » des activités criminelles d’Epstein. Cette audition, qui se voulait discrète, a tourné au chaos suite à un incident qui a mis en lumière les tensions palpables entourant cette affaire.

La photo qui a tout fait basculer

Alors que la session se déroulait en privé, la représentante républicaine Lauren Boebert a pris une photo d’Hillary Clinton et de ses avocats. Un cliché capturé au cœur même de l’audition, au moment où l’ancienne Première Dame s’exprimait sur sa relation avec Epstein et sa complice Ghislane Maxwell. Or, le règlement est formel : il est interdit aux parlementaires comme aux témoins de prendre des photos lors d’une déposition à huis clos au Congrès.

L’incident a pris une autre dimension lorsque l’image a fuité. Selon les informations rapportées, la photo aurait été transmise à Benny Johnson, une personnalité des réseaux sociaux affiliée au mouvement MAGA, qui a contribué à sa diffusion massive en ligne. La publication de ce cliché a immédiatement provoqué une vague de réactions et une situation chaotique.

Les coulisses d’une suspension inattendue

Face à la viralité de la photo, les avocats d’Hillary Clinton ont exigé l’arrêt immédiat des procédures. La violation des règles était flagrante. Un porte-parole de l’ancienne Secrétaire d’État a déclaré au Daily Mail : « C’est contraire aux règles de la Chambre qui ont été lues au début de la réunion. L’audition a donc été brièvement suspendue pendant qu’ils cherchent à savoir d’où vient la photo et pourquoi, potentiellement, des membres du Congrès violent les règles de la Chambre. »

Pendant cette pause, Hillary Clinton s’est adressée à James Comer, le principal républicain supervisant la déposition. Elle lui a demandé si, suite à la fuite initiée par Lauren Boebert, la presse serait autorisée à entrer dans la salle. La réponse de Comer fut un simple « non ». L’audition a finalement pu reprendre moins d’une heure après son interruption.

La défense d’Hillary Clinton : démenti total et contre-attaque

Avant l’incident, Hillary Clinton avait eu le temps de livrer sa version des faits, dont elle a publié la déclaration d’ouverture sur le réseau social X. Son propos se voulait sans équivoque : « Je ne me souviens pas avoir jamais rencontré M. Epstein. Je n’ai jamais voyagé dans son avion ni visité son île, ses maisons ou ses bureaux. Je n’ai rien à ajouter à cela. » Une position qu’elle avait déjà esquissée en déclarant précédemment à la BBC : « nous n’avons rien à cacher ».

L’ancienne candidate à la présidentielle de 2016 a également profité de son passage devant la Commission de la surveillance et de la réforme du gouvernement de la Chambre des représentants pour lancer un appel. Elle a demandé que le président Donald Trump comparaisse lui aussi sous serment, soulignant que son nom apparaissait plus de 1000 fois dans les tristement célèbres dossiers Epstein. Une manière, selon elle, de savoir « si cette Commission est sérieuse quant à sa volonté de connaître la vérité sur les crimes de trafic d’Epstein ».

Les faits qui nuancent le tableau

Malgré ce démenti catégorique d’une quelconque relation avec Jeffrey Epstein, certains éléments du passé refont surface. En 1999, alors qu’Hillary Clinton menait une collecte de fonds pour le Comité national démocrate (DNC), elle a reçu un don de 20 000 dollars de la part du délinquant sexuel. Un fait qui contraste avec l’affirmation de ne l’avoir jamais rencontré.

Par ailleurs, si elle nie tout lien avec Epstein, elle a admis avoir rencontré sa complice, Ghislane Maxwell, à plusieurs reprises. Fait notable, cette dernière était présente au mariage de la fille des Clinton en 2010. Cet événement s’est déroulé après les premières accusations d’abus sexuels portées contre Jeffrey Epstein, qui dataient alors de 2008.

L’ombre de Bill Clinton sur la procédure

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credit : Terry Ross from Corpus Christi, Texas, United States, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

L’affaire ne s’arrête pas à Hillary Clinton. Son mari, l’ancien président Bill Clinton, doit également témoigner plus tard dans la même journée. Un porte-parole de ce dernier a déclaré qu’ils étaient impatients « d’établir un précédent qui s’applique à tout le monde ». Le nom de Bill Clinton apparaît en effet à plusieurs reprises dans les dossiers, et son image y figure également.

Une des photos le montrerait dans un bain à remous avec une femme, dont l’identité a été masquée. De plus, les journaux de bord du jet privé d’Epstein révèlent que l’ancien président a voyagé à bord de l’appareil pour des déplacements aux îles Vierges, au Portugal, en Sibérie, au Japon et en Chine. Il a toujours affirmé que ces voyages étaient effectués dans le cadre de son travail caritatif.

Le parcours judiciaire d’Epstein, un rappel nécessaire

Pour comprendre l’enjeu de ces auditions, il est essentiel de rappeler le parcours de Jeffrey Epstein. Il avait été arrêté une première fois en 2008 pour avoir sollicité des relations sexuelles avec des mineures. Il n’avait purgé que 13 mois de prison, avec un régime controversé lui permettant de travailler depuis son bureau durant la journée.

En 2019, il est de nouveau arrêté et inculpé pour trafic sexuel de mineures. Avant même de pouvoir comparaître devant un tribunal, il est retrouvé mort dans sa cellule de prison. Il est important de noter, comme le précisent les documents, que le fait d’être nommé ou mentionné dans les dossiers Epstein n’implique pas nécessairement un acte répréhensible ou une connaissance de ses crimes.

Selon la source : ladbible.com

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