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Plus de 37 000 arbres ont été plantés l’an dernier avec un objectif clair : favoriser le retour des tigres
Crédit: lanature.ca (image IA)

Le réveil d’une terre sauvage

Il a disparu des paysages d’Asie centrale depuis près de 70 ans. Pourtant, un projet d’une ambition folle cherche aujourd’hui à orchestrer son grand retour. Comment ? En commençant par les fondations : la forêt. L’année dernière, un effort colossal a été mené pour préparer le terrain au retour du tigre, ce prédateur emblématique longtemps absent.

Plus de 37 000 jeunes arbres ont été plantés. Une véritable armée de plants et de boutures mise en terre avec un seul objectif : faire revivre les écosystèmes du sud du lac Balkhach et permettre à la population de tigres de s’y réinstaller. Une renaissance écologique qui débute par la racine.

Opération reforestation au cœur du Kazakhstan

Le cœur de cette campagne de reboisement massive se situe dans la réserve naturelle d’État d’Ili-Balkhach, dans le sud-est du Kazakhstan. C’est là que le ministère de l’Écologie et des Ressources naturelles du pays, en collaboration avec le WWF et le Programme des Nations Unies pour le développement, a concentré ses efforts. Au cours du printemps et de l’automne 2025, les équipes ont planté un nombre impressionnant de végétaux.

Le décompte est précis : environ 30 000 plants d’elaeagnus angustifolia (ou olivier de Bohême à feuilles étroites), 5 000 boutures de saule et près de 2 000 plants de turanga. L’objectif est de restaurer les forêts de tugai, ces zones boisées denses qui longent les rivières. Véritables oasis de biodiversité dans les zones arides d’Asie centrale, elles constituent l’habitat essentiel au retour du tigre.

Bodhana et Kuma, les pionniers de la reconquête

credit : lanature.ca (image IA)

Avant même que ces nouvelles forêts ne prennent racine, les premiers acteurs du repeuplement sont arrivés. En 2024, deux tigres de l’Amour, nommés Bodhana et Kuma, ont été transportés depuis les Pays-Bas. Ils ont été relâchés dans un enclos de semi-liberté au sein même de la réserve. Une étape cruciale qui a marqué un tournant majeur dans l’ambitieux programme de réintroduction du tigre porté par le Kazakhstan.

Aujourd’hui, alors que les efforts de restauration de l’année passée commencent à porter leurs fruits, les défenseurs de l’environnement espèrent que ces forêts en pleine croissance fourniront les bases d’un écosystème autonome. Un écosystème capable de subvenir aux besoins non seulement des tigres, mais de toute la faune qui peuplait autrefois cette région.

La patience comme maître-mot

Aibek Baibulov, chef de projet pour la restauration des forêts au Kazakhstan pour le WWF Asie centrale, met en perspective ce travail de longue haleine. « Restaurer les forêts de tugai est la base du retour de la faune dans la région. Sans écosystèmes sains, il est impossible de parler de populations animales stables, y compris du retour du tigre. Nous sommes reconnaissants envers tous nos partenaires et les habitants locaux qui contribuent à ce travail », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Il insiste sur la vision à long terme du projet : « Les résultats de 2025 sont l’aboutissement de nombreuses années de travail minutieux. Nous ne faisons pas que planter des arbres – nous posons les fondations d’écosystèmes résilients capables de subvenir à leurs propres besoins ». Les premiers signes sont encourageants. « Aujourd’hui, nous voyons déjà que les plantations des années précédentes ont atteint des hauteurs allant jusqu’à 2,5 mètres [8,2 pieds], leurs systèmes racinaires ont atteint la nappe phréatique, et elles forment des communautés naturelles полноценные [à part entière]. »

Un défi immense face à une histoire tragique

Le but ultime du projet est d’introduire au moins 10 tigres d’ici 2033. L’ambition est de jeter les bases d’une population viable pouvant atteindre jusqu’à 120 individus. Cependant, les obstacles à surmonter restent nombreux. Les tigres de l’Amour, aussi connus sous le nom de tigres de Sibérie, sont originaires des forêts enneigées de l’Extrême-Orient russe et du nord-est de la Chine. Une population prospère vivait autrefois dans cette partie du Kazakhstan, mais elle s’est éteinte localement dans les années 1940.

Cette disparition locale est le résultat de décennies de destruction de l’habitat, de raréfaction de leurs proies et d’une chasse systématique menée par les troupes militaires. Leur sort tragique est un microcosme de la crise mondiale qui frappe l’espèce. Aujourd’hui, les tigres sauvages n’occupent plus que 6 % de leur aire de répartition historique, avec 4 500 individus ou moins, dispersés sur 63 territoires fragmentés. Quelques groupes dévoués travaillent à inverser la tendance, mais le chemin à parcourir reste très long.

Selon la source : iflscience.com

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