Le printemps météorologique sous un froid polaire
Le calendrier indique le 1er mars, date qui marque officiellement le début du printemps météorologique. Pourtant, le Québec s’apprête à vivre un scénario bien différent. Au lieu de la douceur espérée, c’est un vieil ennemi de l’hiver qui fait un retour remarqué : le vortex polaire. Une coïncidence qui promet un contraste saisissant sur le thermomètre.
Ce duel entre le calendrier et la réalité climatique s’installe pour les premiers jours du mois, apportant avec lui des températures dignes du cœur de l’hiver. Heureusement, cette offensive du froid s’annonce aussi intense que brève. Mais avant le redoux, il faudra bien se couvrir, notamment dans le sud de la province.
Le vortex, ce « gâcheur de plaisir printanier »
L’arrivée du printemps est souvent synonyme de renouveau : la neige qui fond, un soleil plus généreux et une nature qui s’éveille. Cette année, la fête est quelque peu gâchée. Le vortex polaire s’invite sur l’ensemble du territoire québécois, descendant jusqu’au sud de la province au moment même où le printemps météorologique débute, bien avant l’équinoxe du 20 mars.
Le météorologue Bertin Ossonon décrit le phénomène sans détour. « La grande région de Montréal, notamment, a droit à un bon coup de froid vortexisé, qu’on pourrait dire! On parle vraiment d’un début de printemps météorologique très froid, surtout dans le sud du Québec. C’est un bon retour du fameux vortex; cette masse d’air froid qui est enfermée plus au nord et qui descend vers le Québec », explique-t-il.
Le mercure en chute libre pour 48 heures

Concrètement, comment se traduira cette descente d’air arctique? Le mois de mars commence sous le signe d’un froid intense, avec des températures maximales qui peineront à dépasser les -10° dans le sud du Québec. Pour la métropole, le pic de froid est attendu lundi matin, avec une température minimale prévue de -23° à Montréal.
Dans le centre de la province, le thermomètre pourrait même descendre aux alentours de -25°. Ces chiffres ne tiennent pas compte du refroidissement éolien. Avec le vent, les ressentis devraient flirter avec les -30, en particulier dans les secteurs de Montréal et de Gatineau. Un choc thermique brutal pour un début de mars.
Un coup de froid intense, mais bref

Les experts insistent sur un point : il s’agit bien d’un « coup de froid » et non d’une « vague de froid ». La nuance est importante, car elle implique une courte durée. Le retour à des températures plus clémentes est en effet prévu rapidement. Le thermomètre devrait entamer une remontée significative dès la journée de mardi.
Après un maximum de -10° attendu lundi dans la région métropolitaine, le mercure devrait grimper jusqu’à environ 1° mardi. Cette douceur soudaine sera provoquée par le passage d’un système dépressionnaire, un clipper, qui circulera plus au nord du Québec, ramenant de l’air plus doux dans son sillage.
Le début de mars le plus froid depuis 25 ans ?

Ce début de mois pourrait bien marquer les esprits et les archives. « À Montréal, ce début de mars serait ainsi le plus froid depuis celui de l’année 2001, en termes de maximum prévu », souligne le météorologue Bertin Ossonon. Un retour en arrière de 25 ans pour retrouver des conditions similaires.
Les prévisions pour le 1er et le 2 mars dans la métropole tablent sur un maximum de -10°. À titre de comparaison, en 2001, le thermomètre affichait -10,1° le premier jour du mois et -9,8° le lendemain. Quand on sait que la température maximale normale pour un début mars à Montréal est de -1°, ce coup de froid a de quoi donner des frissons. L’article a été rédigé avec la collaboration de Bertin Ossonon, météorologue.
Selon la source : meteomedia.com