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Pris au piège à Doha : l’escale cauchemardesque d’un couple québécois sous les missiles
Crédit: Amélie Robert et Michael Lemieux ont passé la nuit dans ce sous-sol d’un hôtel de Doha où ils sont coincés. PHOTO FOURNIE PAR AMÉLIE ROBERT

Quand le retour de vacances tourne au cauchemar

Une simple escale qui se transforme en épreuve. C’est le sort d’Amélie Robert et Michael Lemieux, un couple de Québécois qui se retrouve coincé à Doha, au Qatar. En transit après un voyage en Thaïlande, ils ont été surpris par l’éclatement d’un conflit avec l’Iran voisin, les forçant à passer une nuit dans le sous-sol de leur hôtel cinq étoiles, terrifiés par le bruit des bombardements.

Leur vol retour, opéré par Qatar Airways, devait être une simple formalité. Mais la fermeture soudaine de l’espace aérien qatarien a bouleversé tous leurs plans. Située à moins de 200 kilomètres de l’Iran, de l’autre côté du golfe Persique, la capitale du Qatar est devenue le théâtre involontaire de tensions géopolitiques majeures, plongeant les deux voyageurs dans une angoisse profonde.

« J’ai pleuré beaucoup dans la journée. C’est complètement déstabilisant comme situation », a confié Amélie Robert, témoignant du choc émotionnel subi. Le couple, loin de s’imaginer un tel scénario, a vu son séjour se muer en confinement anxiogène.

Du désert aux alertes à la bombe

credit : Amélie Robert et Michael Lemieux sur des dromadaires samedi matin, au Qatar, peu de temps avant le début des bombardements de la riposte iranienne. PHOTO FOURNIE PAR AMÉLIE ROBERT

La journée de samedi avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices. Une matinée idyllique passée à explorer les environs de Doha. « Samedi, c’était vraiment une très belle matinée. On est allé dans le désert, on a monté sur des dromadaires », raconte Amélie Robert. Une carte postale typique qui a volé en éclats en quelques heures à peine.

Le retour à l’hôtel a marqué une rupture brutale. « Mais quand on est revenu à l’hôtel, on a reçu des alertes sur nos téléphones comme quoi il fallait se mettre à l’abri parce qu’il allait y avoir des attaques potentielles », explique-t-elle. Confinés dans leur chambre, Amélie et Michael ont passé le reste de la journée à écouter les détonations au loin, conséquence des ripostes iraniennes visant les pays du Golfe après des attaques sur son propre territoire.

Une pluie de missiles sur le Qatar

La situation militaire était bien réelle. Selon une dépêche de l’AFP citant des responsables du Qatar, la défense du pays a été mise à rude épreuve. L’Iran aurait tiré pas moins de 65 missiles et 12 drones en direction du territoire qatarien. Si la majorité de ces projectiles a été interceptée par les systèmes de défense, les attaques n’ont pas été sans conséquences.

Le bilan humain fait état de huit personnes blessées, dont une se trouvant dans un état grave. Ces événements ont immédiatement entraîné une décision radicale des autorités : la fermeture complète de l’espace aérien. Cette mesure de sécurité a provoqué l’annulation de très nombreux vols, y compris celui qui devait ramener Amélie Robert et Michael Lemieux au Canada. Le contexte est d’autant plus sensible que Doha abrite la plus grande base militaire américaine de la région.

Une nuit de peur dans un abri improvisé

Face à l’escalade, l’hôtel cinq étoiles du couple a pris des dispositions, aménageant un abri de fortune dans son sous-sol avec des lits de camp pour les clients en cas de danger imminent. Bien que la direction ait jugé la situation suffisamment sûre pour que chacun puisse regagner sa chambre, Amélie et Michael n’ont pas réussi à trouver le sommeil à l’étage.

Ils ont insisté pour passer la nuit de samedi à dimanche dans cet abri. Une décision motivée par la peur. « On n’était pas certain de se sentir en sécurité. On est un petit peu plus frileux », justifie Amélie Robert. Elle précise toutefois qu’elle se sentait prête à dormir dans sa chambre la nuit suivante. Pour des Canadiens peu habitués à ce climat de guerre, l’expérience fut un choc. « Les gens ici sont un peu habitués parce qu’il y a eu d’autres escalades avec l’Iran, mais ce n’est pas quelque chose qu’on est habitué d’entendre comme Canadiens, donc ça fait assez peur sur le coup », souligne-t-elle.

Livrés à eux-mêmes et en quête de réponses

Au-delà de la peur, le couple a dû gérer l’incertitude logistique. Incapables d’obtenir la moindre information de la part de Qatar Airways concernant un éventuel report de leur vol, ils ont pris l’initiative d’acheter eux-mêmes de nouveaux billets pour un départ prévu le 3 mars. L’espoir repose désormais sur une mise à jour des autorités qatariennes, attendue lundi matin, concernant une possible réouverture de l’espace aérien.

Dans cette épreuve, Amélie Robert ne cache pas sa déception vis-à-vis du soutien des autorités canadiennes. Elle compare leur situation à celle d’autres ressortissants étrangers. « On veut un plan de match pour les ressortissants. On a parlé à des gens de la Croatie, et eux, le gouvernement leur a écrit, les a mis dans un groupe WhatsApp et va leur donner des indications », explique-t-elle. Son message est un appel à plus de proactivité : « Ce serait bien d’être rassuré et de savoir que quelque chose va être mis en place. »

Selon la source : tvanouvelles.ca

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