Ces 14 pays que les États-Unis demandent de quitter et où le Canada recommande d’éviter tout voyage
Auteur: Simon Kabbaj
Alerte maximale au Moyen-Orient

La tension est à son comble. Le Département d’État des États-Unis et le site officiel de conseils aux voyageurs du Gouvernement du Canada, Voyage.gc.ca, ont émis des avertissements d’une gravité rare. Washington exhorte ses citoyens présents dans plusieurs pays du Moyen-Orient à quitter les lieux sans délai, tandis qu’Ottawa recommande à ses ressortissants d’éviter tout voyage dans plusieurs zones à haut risque. Cette annonce fait suite à une escalade militaire spectaculaire entre les États-Unis et l’Iran, qui a profondément modifié l’équilibre géopolitique de la région.
Au cœur de cette crise, une opération militaire conjointe menée par les États-Unis et Israël, baptisée « Operation Epic Fury ». Le week-end dernier, des frappes ont visé plusieurs villes iraniennes. L’une des cibles principales aurait été la résidence du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, à Téhéran. Selon certaines informations, l’attaque aurait été fatale. Des images satellites montreraient sa résidence avant et après les frappes, illustrant l’ampleur et la précision de l’opération.
La réponse de l’Iran ne se serait pas fait attendre. Des attaques de représailles auraient été signalées aux Émirats arabes unis, au Qatar et en Arabie saoudite. L’ambassade américaine à Riyad aurait été touchée durant la nuit, provoquant une réaction immédiate de Donald Trump, qui a déclaré que la réponse américaine serait connue de tous « très bientôt »
La liste des 14 pays à évacuer d’urgence

Face à l’intensification du conflit, le Département d’État des États-Unis ainsi que le site officiel de conseils aux voyageurs du Gouvernement du Canada, Voyage.gc.ca, ont publié une liste précise de pays et territoires jugés à haut risque.
Les ressortissants américains sont priés de quitter ces zones ou d’éviter complètement de s’y rendre dès que possible pour le canada : Bahreïn, Égypte, Iran, Irak, Israël, la Cisjordanie et Gaza, Jordanie (où le Canada recommande d’éviter tout voyage non essentiel), Koweït, Liban, Oman, Qatar, Arabie saoudite (où le Canada recommande également d’éviter tout voyage non essentiel), Syrie, les Émirats arabes unis et le Yémen.
Pour illustrer la gravité de ces avertissements, l’avis officiel concernant les Émirats arabes unis, publié par le Département d’État des États-Unis et relayé sur Voyage.gc.ca, est particulièrement explicite.
Le 2 mars 2026, le Département d’État a ordonné aux employés non essentiels du gouvernement américain ainsi qu’aux membres de leurs familles de quitter les Émirats arabes unis en raison de la menace d’un conflit armé.
Le document précise également :
« À la suite du début des hostilités entre les États-Unis et l’Iran le 28 février, il existe une menace persistante d’attaques de drones et de missiles provenant d’Iran, ainsi que des perturbations importantes du trafic aérien commercial. Le régime iranien a publiquement déclaré son intention de cibler des sites aux Émirats arabes unis associés aux États-Unis. »
Les déclarations de Donald Trump

Loin d’appeler à la désescalade, le président Donald Trump semble préparer l’opinion à un conflit potentiellement long. Selon NBC News, il a averti que les hostilités pourraient se poursuivre pendant un mois, voire plus. « Ça va », a-t-il déclaré à ce sujet. « Nous sommes déjà considérablement en avance sur nos prévisions. Mais quel que soit le temps nécessaire, ça va. » Il a précisé sa pensée : « Dès le début, nous avons projeté quatre à cinq semaines, mais nous avons la capacité de tenir bien plus longtemps que cela. »
Le président a également vanté l’opération en cours, la qualifiant de « l’offensive militaire la plus vaste, la plus complexe et la plus écrasante que le monde ait jamais vue ». Il n’a pas mâché ses mots concernant le résultat de la mission : « L’ancien guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Khamenei, est mort. »
Il a poursuivi avec une description virulente de l’ancien dirigeant iranien : « Cet homme misérable et infâme avait le sang de centaines, voire de milliers d’Américains sur les mains, et était responsable du massacre d’innombrables milliers d’innocents, dans de nombreux pays. »
Aux origines du conflit : le coup d’État de 1953

Pour comprendre la situation actuelle, un retour en arrière s’impose. Alors que les États-Unis et Israël mènent des opérations militaires contre les installations nucléaires, l’infrastructure militaire et les dirigeants iraniens, les racines de cette animosité sont profondes. Tout commence en août 1953, avec une opération secrète nommée « Opération Ajax ».
Les services de renseignement britanniques et américains unissent leurs forces pour renverser le Premier ministre nationaliste iranien, Mohammad Mosaddegh. L’objectif est double : conserver un accès à un pétrole bon marché et freiner l’expansion communiste. Cet événement est souvent considéré comme le catalyseur qui a alimenté des décennies de sentiment anti-américain en Iran.
De l’atome pour la paix à la Révolution (1957-1979)

Paradoxalement, les relations n’ont pas toujours été hostiles. En 1957, dans le cadre du programme « Atoms for Peace » du président Dwight D. Eisenhower, l’Iran reçoit le soutien des États-Unis pour développer une énergie nucléaire civile. Un peu plus d’une décennie plus tard, en 1968, les deux pays figurent parmi les premiers signataires du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui entrera en vigueur en 1970.
Les années 1970 voient une stabilité apparente, mais sous la surface, l’agitation civile gronde en Iran. Elle culmine avec la Révolution islamique de 1979. L’ex-Shah Mohammed Reza Pahlavi, exilé, est autorisé à entrer aux États-Unis pour y être soigné d’un cancer. Cette décision déclenche la fureur d’un groupe d’étudiants iraniens, qui estiment qu’il échappe à la justice. En représailles, ils prennent d’assaut l’ambassade américaine à Téhéran en novembre, prenant 52 Américains en otage pendant plus d’un an et exigeant le retour du Shah pour qu’il soit jugé.
La rupture diplomatique et une guerre sanglante (années 1980)

En avril 1980, une mission de sauvetage pour libérer les otages de l’ambassade se solde par un échec cuisant, coûtant la vie à huit militaires américains. En conséquence, le président Jimmy Carter rompt les relations diplomatiques avec l’Iran. Elles n’ont jamais été formellement rétablies depuis.
La même année, l’Irak voisin envahit l’Iran, déclenchant une guerre qui durera huit ans et fera des centaines de milliers de morts de part et d’autre. Durant ce conflit, les États-Unis soutiennent l’Irak en lui fournissant de l’argent, de la formation et de la technologie. La libération des 52 otages américains prendra 444 jours. Ils rentreront chez eux en janvier 1981, quelques minutes seulement après la fin du mandat de Carter et la prestation de serment du nouveau président, Ronald Reagan.
Tensions persistantes et incidents tragiques (fin des années 1980)

La décennie se poursuit sur fond de tensions. En 1984, les États-Unis ajoutent l’Iran à leur liste des États soutenant le terrorisme et lui imposent des sanctions. Pourtant, deux ans plus tard, en 1986, l’administration Reagan vend secrètement des armes à l’Iran. Le but de cette transaction, connue sous le nom d’affaire Iran-Contra, est d’obtenir la libération d’Américains détenus au Liban par le groupe militant Hezbollah.
Puis, en 1988, survient une tragédie. Le croiseur de la marine américaine, l’USS Vincennes, abat par erreur un avion de ligne iranien au-dessus du détroit d’Ormuz. Les 290 personnes à bord sont tuées. Cet événement marque durablement les esprits en Iran et continue d’alimenter le ressentiment.
Le durcissement sous l’ère Clinton (années 1990)

L’arrivée de Bill Clinton à la Maison Blanche ne marque pas une détente, bien au contraire. Son administration décide de resserrer l’étau des sanctions contre l’Iran. En 1995, de nouvelles mesures sont mises en place, incluant un embargo sur le pétrole et une interdiction totale du commerce américain avec le pays.
L’année suivante, en 1996, le président Clinton signe la loi sur les sanctions contre l’Iran et la Libye (Iran and Libya Sanctions Act). Cette législation va plus loin en pénalisant également les entreprises non américaines qui investiraient plus de 20 millions de dollars par an dans le secteur pétrolier et gazier iranien.
L' »Axe du Mal » et la colère iranienne (années 2000)

Un nouveau pic de tension est atteint en 2002. Lors de son discours sur l’état de l’Union, le président George W. Bush utilise une formule qui fera date : il décrit l’Iran, ainsi que la Corée du Nord et l’Irak, comme faisant partie d’un « axe du mal ».
Cette déclaration provoque une indignation nationale en Iran. Le pays se sent trahi, d’autant plus qu’il avait apporté son aide aux États-Unis dans leur guerre contre les talibans en Afghanistan, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. La formule de l' »axe du mal » est perçue comme une simplification dangereuse et une insulte, effaçant toute possibilité de rapprochement à court terme.
Une décennie d’espoir et de volte-face (années 2010)

La décennie suivante s’ouvre sur une note d’espoir. En septembre 2013, pour la première fois en plus de 30 ans, un contact de haut niveau a lieu : le président Barack Obama s’entretient par téléphone avec son homologue iranien Hassan Rohani pour « offrir un nouveau chapitre d’engagement sur la base d’intérêts et de respect mutuels ».
Deux mois plus tard, un premier accord sur le nucléaire, le Plan d’action conjoint (Joint Plan of Action), est signé entre l’Iran, l’Allemagne et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, France, Russie, Royaume-Uni, États-Unis). Il vise à garantir le caractère exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien.
En 2015, ce pacte est élargi pour devenir l’accord historique connu sous le nom de JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action), dans lequel l’Iran s’engage à limiter son stock d’uranium. Mais en 2018, Donald Trump, alors dans son premier mandat, tient une promesse de campagne et retire les États-Unis de l’accord, qu’il qualifie de « pire accord jamais conclu ». Il rétablit les sanctions et lance une stratégie de « pression maximale ». En 2019, les États-Unis désignent le Corps des Gardiens de la révolution islamique, l’institution militaire la plus puissante d’Iran, comme une organisation terroriste.
Le cycle des tensions jusqu’à l’escalade finale (2020-2026)

L’arrivée de Joe Biden au pouvoir en 2021 ouvre la voie à des pourparlers indirects avec l’Iran, mais sans grand succès. En 2023, un accord d’échange de prisonniers est néanmoins conclu pour libérer cinq détenus de chaque côté. Cet accord inclut une levée de sanctions permettant le transfert de 6 milliards de dollars de fonds iraniens gelés de la Corée du Sud vers le Qatar à des fins humanitaires, une mesure vivement critiquée par les législateurs républicains.
Le retour de Donald Trump pour un second mandat en 2025 signe la réinstauration de sa campagne de « pression maximale », avec une application plus stricte des sanctions existantes. Début 2025, les États-Unis se joignent à une offensive israélienne et frappent trois installations nucléaires iraniennes. L’Iran riposte en bombardant la base aérienne d’Al Udeid, une installation militaire américaine au Qatar.
Fin 2025, l’Iran est secoué par des manifestations anti-gouvernementales suite à l’effondrement de sa monnaie. Les protestataires exigent la fin du règne d’Ali Khamenei, ce qui entraîne une répression brutale des autorités. Selon un rapport de février de l’agence de presse Human Rights Activist News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, plus de 6 000 civils auraient été tués et plus de 50 000 personnes arrêtées. C’est dans ce contexte explosif que Khamenei, âgé de 86 ans, est tué le 28 février 2026, lors d’une attaque aérienne à grande échelle menée par les États-Unis et Israël.
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