Britannique de 25 ans risquant la prison à vie à Dubaï : sa mère brise le silence
Auteur: Simon Kabbaj
Une coach sportive britannique face à la justice émiratie
Une jeune femme britannique de 25 ans pourrait passer le reste de sa vie dans une prison de Dubaï. Antonia Bettridge, originaire de Liverpool, s’était installée aux Émirats arabes unis en novembre 2023 pour y travailler comme coach sportive et entraîneuse personnelle. Une nouvelle vie qui a pris une tournure dramatique suite à son arrestation pour des faits liés aux stupéfiants.
Selon les informations rapportées par le Liverpool Echo, elle est aujourd’hui détenue. L’organisation Detained in Dubai, qui vient en aide aux personnes confrontées à des problèmes juridiques dans le pays, a précisé la nature des soupçons qui pèsent sur elle. Elle est suspectée de « possession de stupéfiants avec intention de promouvoir », une infraction qui, à Dubaï, peut entraîner une lourde amende et une peine de réclusion à perpétuité.
L’organisation souligne un point crucial de la législation locale : les autorités émiraties n’ont pas besoin de preuves formelles d’une intention de promouvoir ou de vendre des substances pour engager des poursuites. La simple possession peut suffire à déclencher une procédure aux conséquences potentiellement très graves.
Le cri d’alarme d’une famille « effondrée »
En Grande-Bretagne, la mère d’Antonia Bettridge a exprimé son angoisse et son incompréhension. Elle se dit « morte d’inquiétude » et « effondrée » pour sa fille. Elle décrit une jeune femme aux antipodes du profil que l’accusation pourrait suggérer. « La vie entière d’Antonia tourne autour du fitness et d’un mode de vie sain », a-t-elle déclaré.
Elle insiste sur le fait que sa fille ne mène pas une vie de fêtarde. « Elle ne vit pas un style de vie festif. Elle a déménagé à Dubaï pour construire quelque chose de positif pour elle-même. Nous sommes effondrés et voulons juste de la clarté sur ce qui s’est passé. »
L’inquiétude de la famille est exacerbée par le climat géopolitique actuel. « Avec tout ce qui se passe dans la région en ce moment, il est incroyablement effrayant de savoir que notre fille est en détention et que nous ne pouvons pas la joindre », poursuit la mère. « Nous sommes morts d’inquiétude. Nous voulons juste qu’elle soit en sécurité et qu’elle ait la possibilité de préparer sa défense correctement. »
Un contexte régional sous haute tension

Les craintes de la famille d’Antonia Bettridge s’inscrivent dans un contexte de forte instabilité au Moyen-Orient. Radha Stirling, la directrice de l’organisation Detained in Dubai, met en lumière ce paramètre : « Quand il y a une instabilité régionale ou des incidents de sécurité, les familles deviennent naturellement encore plus préoccupées pour leurs proches qui sont déjà dans une situation vulnérable. »
Cette tension est bien réelle. Selon le journal Khaleej Times, depuis que l’Iran a lancé ses premières frappes de représailles sur les Émirats arabes unis, trois personnes ont trouvé la mort et 94 autres ont été blessées. Des infrastructures stratégiques ont été visées, notamment l’aéroport Zayed d’Abu Dhabi et l’aéroport international de Dubaï, où des frappes de missiles et de drones ont cloué des vols au sol.
Face à cette situation, le ministère des Affaires étrangères britannique a émis des consignes de sécurité pour ses ressortissants présents aux Émirats. Il leur a conseillé de « rester à l’intérieur » et de « s’éloigner des fenêtres », témoignant du niveau de menace perçu dans la région.
Soutien consulaire et espoir de libération sous caution

Face à cette situation complexe, l’aide juridique et diplomatique s’organise. Radha Stirling, de Detained in Dubai, espère que les autorités judiciaires feront preuve de mesure. « Cela renforce la raison pour laquelle il est si important de permettre aux accusés de préparer leur dossier en dehors de la détention, lorsque cela est approprié », analyse-t-elle.
Elle lance un appel direct au soutien des autorités britanniques : « Nous espérons que le FCDO [le ministère des Affaires étrangères] soutiendra sa demande de libération sous caution dans l’attente d’un éventuel procès, c’est le moins que l’on puisse faire. »
De son côté, le ministère a réagi par la voix d’un porte-parole, confirmant être au fait de la situation. « Nous apportons notre soutien à une citoyenne britannique détenue aux Émirats arabes unis et nous sommes en contact avec les autorités locales », a-t-il sobrement déclaré.
Un précédent judiciaire au Royaume-Uni
Le parcours d’Antonia Bettridge comporte un volet judiciaire antérieur, révélé par le Liverpool Echo. En septembre 2023, soit deux mois avant son départ pour Dubaï, elle a comparu devant la Cour de la Couronne de Liverpool. Elle y a été reconnue coupable de possession de biens d’origine criminelle.
Les faits remontent à 2021. Alors qu’elle était contrôlée par la police, elle avait affirmé ne pas avoir d’argent sur elle. Les agents avaient cependant découvert 610 livres sterling dans son sac à main et une somme bien plus importante, 8 000 livres sterling, dans sa boîte à gants. L’enquête avait par la suite établi qu’elle avait parcouru 170 miles (environ 270 km) depuis son domicile de l’époque, à Dentons Green, jusqu’à une aire de service près de Bristol, avant d’entamer le chemin du retour.
Après avoir plaidé coupable pour la possession de biens d’origine criminelle, elle avait écopé d’une peine de 12 mois de travaux d’intérêt général, incluant 75 heures de travail non rémunéré. Elle avait également été condamnée à payer 1 200 livres sterling de frais de justice.
Créé par des humains, assisté par IA.