Un périple international qui sème le trouble
Alors que la guerre fait rage au Moyen-Orient, la décision de Mark Carney de maintenir un long voyage à l’étranger suscite de vives critiques. C’est sur le plateau de l’émission La Joute que des panélistes ont analysé ce qui est perçu comme un faux pas en matière de communication et de gestion de crise, questionnant le timing et la pertinence d’un tel déplacement.
Le périple, qui a mené M. Carney en Inde, en Australie puis au Japon, se retrouve au cœur d’un débat sur les priorités en temps de conflit international. Pour certains observateurs, l’absence du territoire en pleine tempête géopolitique envoie un message difficile à défendre.
Yasmine Abdelfadel : « Le voyage a duré trop longtemps »
La critique la plus directe est venue de la panéliste Yasmine Abdelfadel, qui n’a pas mâché ses mots pour qualifier la situation. Selon elle, la longueur du voyage est en soi une erreur. « Je trouve que le voyage a duré trop longtemps », a-t-elle déploré sans détour.
Elle développe son propos en expliquant que le contexte international explosif aurait dû imposer un changement de programme. « Compte tenu des situations, il ne pouvait pas garder le business as usual [faire comme d’habitude], comme si rien ne se passait à travers le monde, puis de continuer son petit périple en Inde, en Australie et au Japon », analyse-t-elle.
Un message qui « évolue » : un point de friction
Au-delà de la question du voyage, c’est l’évolution de la position de Mark Carney sur la guerre qui interroge. Pour Yasmine Abdelfadel, cette adaptation est logique, arguant que le conflit lui-même « évolue ». Une vision que ne partage absolument pas son confrère, Marc-André Leclerc.
Ce dernier pointe du doigt une communication devenue illisible et fluctuante. « Depuis samedi dernier, ça a changé quasiment tous les jours », a-t-il affirmé, visiblement préoccupé par le manque de constance. Pour illustrer son propos, il ajoute, lapidaire : « On ouvre la porte à ci, on ferme la porte à ça… ».
Anita Anand, contrainte de jouer les « pompières »
Cette confusion au sommet aurait des conséquences directes sur d’autres membres du gouvernement. Marc-André Leclerc déplore ainsi la position dans laquelle se retrouve la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, qui a dû monter au créneau plus fréquemment au cours de la dernière semaine.
Il estime qu’elle est forcée de rattraper les imprécisions de son chef. « Elle doit également jouer le jeu de la pompière et éteindre les feux qui sont causés par le fait que, [pour] la première fois depuis que M. Carney est en poste, […] vraiment, son message n’est pas clair, [et] que d’un point de presse à l’autre, la position change, évolue », a-t-il expliqué.
Une situation « grave » et un manque de dialogue interne
Pour Marc-André Leclerc, l’explication de ce flottement est simple : le manque de cohésion, probablement dû à la distance physique. « Clairement, il n’y a pas de discussion à l’interne », a-t-il ajouté, avant de conclure factuellement : « Il est sur la route. »
Un avis partagé par Yasmine Abdelfadel, qui renchérit sur la gravité du moment. « Il s’agit d’une situation assez grave », a-t-elle insisté. Selon elle, une seule décision s’imposait face à l’ampleur de la crise internationale. La conclusion est sans appel : « Raccourcir [ce] voyage, ça aurait été la bonne chose à faire. »
Selon la source : tvanouvelles.ca