Pourquoi certaines personnes naissent-elles avec une mèche blanche dans les cheveux ? Ce phénomène s’appelle la « Mallen streak »
Auteur: Mathieu Gagnon
Plus qu’un simple cheveu blanc : le « Mallen Streak »

Certains se souviennent peut-être de Rogue, la super-héroïne des X-Men, avec sa mèche blanche iconique. Si, dans son cas, cette particularité capillaire résultait d’une confrontation avec un surhomme puissant, il existe une explication bien plus terre à terre pour les personnes qui arborent une telle singularité dans la vie de tous les jours. Ce phénomène porte un nom : la « Mallen Streak ».
Ce terme, tiré de la trilogie de romans « The Mallen » de l’auteure Catherine Cookson, désigne une touffe de cheveux localisée qui est dépourvue de pigment. Concrètement, une personne aux cheveux châtain foncé peut ainsi présenter une mèche d’un blanc éclatant. La différence avec le grisonnement classique est fondamentale : alors que le vieillissement entraîne une perte progressive de pigment sur l’ensemble de la chevelure, la mèche Mallen, elle, affecte une zone très spécifique et clairement délimitée.
À l’origine du phénomène : la poliose
Derrière cette appellation littéraire se cache un processus biologique précis : la poliose. Cette condition se caractérise par l’apparition d’une ou plusieurs zones de poils ou de cheveux manquant de mélanine, le pigment responsable de leur couleur. Si elle est le plus souvent observée sur le cuir chevelu, elle n’y est pas exclusive.
En effet, la poliose peut se manifester sur n’importe quelle partie du corps où il y a des poils. Il n’est donc pas rare de la retrouver au niveau des sourcils ou même des cils, créant un contraste saisissant et une marque distinctive unique à chaque individu.
Un regard sous le microscope
Que verrait-on si l’on examinait ces cheveux blancs au microscope ? L’analyse révélerait une très faible quantité, voire une absence totale, de mélanine et de mélanocytes au sein du bulbe pileux. Le bulbe pileux est cette structure en forme de massue située à la base du follicule, là où les nouvelles cellules capillaires sont produites. On peut se le représenter comme l’usine de fabrication du cheveu.
Dans cette usine, les mélanocytes sont les ouvriers qui décident de la couleur du cheveu. Chez les personnes atteintes de poliose, ces ouvriers sont absents ou inactifs dans la zone concernée. Le cheveu ne contient donc aucun pigment blanc ; sa tige est en réalité incolore. Son apparence blanche n’est due qu’à la manière dont la lumière se réfléchit sur cette tige transparente. Un fait intéressant à ce sujet : même les ours polaires n’ont pas de poils blancs, leur fourrure fonctionnant sur le même principe de réflexion lumineuse.
Simple trait unique ou symptôme à surveiller ?
La poliose peut avoir des origines diverses. Dans certains cas, ses causes sont génétiques, ce qui signifie qu’elle est présente dès la naissance. Pour d’autres personnes, elle peut être acquise plus tard au cours de la vie. En elle-même, la poliose n’est pas considérée comme une condition dangereuse. Pour la majorité des gens, elle constitue simplement une autre caractéristique physique qui les rend uniques.
Cependant, cette condition retient l’attention des médecins car elle peut, dans certaines situations, être associée à d’autres pathologies. Parmi elles figurent des maladies auto-immunes comme le vitiligo, qui détruit les pigments des cellules de la peau, ou l’alopécie areata, qui provoque une perte de cheveux. La poliose est aussi liée à une maladie génétique appelée piébaldisme, caractérisée par un défaut de développement des mélanocytes dans différentes zones du corps.
Du piébaldisme animal à l’étonnant manchot jaune

Le piébaldisme n’est pas une particularité propre à l’espèce humaine. Cette condition est en effet bien documentée chez de nombreuses espèces animales. On l’observe notamment chez le wapiti ou chez les pythons royaux, qui peuvent présenter des motifs de couleur inhabituels dus à cette absence localisée de pigmentation.
Ces curiosités du monde animal ne s’arrêtent pas là. En parlant de colorations singulières, il est impossible de ne pas mentionner l’incroyable et rarissime manchot jaune qui a été photographié en Géorgie du Sud, un autre exemple fascinant des variations pigmentaires que la nature peut produire.
Selon la source : iflscience.com