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Trump et RFK Jr. conseillent aux femmes enceintes d’éviter le Tylenol : leurs propos commencent à avoir un impact
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featured image: IMAGE_PROMPT: Caricature artistique sous forme de peinture numérique. Donald Trump et Robert F. Kennedy Jr., en blouses de médecins, se tiennent sur un podium et pointent du doigt un flacon de Tylenol. Face à eux, une femme enceinte les regarde avec une expression de doute et d’inquiétude.

Une annonce présidentielle et ses premiers échos

lanature.ca (image IA)

En septembre dernier, une déclaration conjointe du président Donald Trump et de Robert F. Kennedy Jr. a secoué de nombreux foyers. Selon eux, la prise d’acétaminophène, plus connu sous son nom commercial Tylenol, par les femmes enceintes pourrait augmenter le risque d’autisme chez leurs enfants. Cette affirmation a été rapidement contestée par de nombreux scientifiques indépendants, qui ont dénoncé la faiblesse des preuves sur lesquelles elle reposait.

Pourtant, l’avertissement semble avoir laissé des traces. Une nouvelle étude, publiée cette semaine, révèle une conséquence directe et mesurable de cette annonce. En analysant les dossiers médicaux de millions d’Américains, des chercheurs ont constaté que certains médecins et certaines femmes enceintes avaient bel et bien commencé à se détourner de cet antidouleur et antipyrétique en vente libre.

Des chiffres qui parlent : l’étude en détail

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Pour mesurer l’impact de cette déclaration, des scientifiques se sont plongés dans les dossiers médicaux de personnes ayant consulté des services d’urgence ou des cliniques ambulatoires aux États-Unis l’année dernière. Leur objectif : observer les changements de comportement juste avant et juste après l’annonce de la Maison-Blanche. Les données proviennent de Cosmos, une base de données représentant plus de 200 millions de dossiers de patients collectés auprès de systèmes de santé aux États-Unis et dans d’autres pays. L’analyse s’est concentrée sur les données américaines, trois mois avant et trois mois après l’annonce de septembre.

Les résultats sont frappants. Après la déclaration de Donald Trump, les prescriptions d’acétaminophène pour les femmes enceintes aux urgences ont chuté d’environ 10 %. Pour s’assurer que ce n’était pas une tendance générale, les chercheurs ont vérifié les chiffres pour les femmes non enceintes et pour les opioïdes : aucune baisse n’a été constatée, ce qui suggère que la directive a spécifiquement affecté l’usage maternel de l’acétaminophène. Parallèlement, les prescriptions ambulatoires de leucovorine, un médicament présenté par la Maison-Blanche comme un traitement contre l’autisme malgré le peu de données probantes, ont bondi de 71 %.

Dans leur article publié jeudi dans la revue The Lancet, les auteurs restent prudents mais notent : « Bien que des affirmations de causalité ne puissent être faites, les associations observées sont cohérentes avec l’influence des nouvelles recommandations de la FDA sur les décisions cliniques ».

La Maison-Blanche à l’offensive, la science en retrait

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Si Robert F. Kennedy Jr. et d’autres responsables de la santé se sont montrés quelque peu mesurés en accusant l’acétaminophène (largement appelé paracétamol en dehors des États-Unis) d’être responsable de l’autisme, soulignant que des recherches supplémentaires étaient nécessaires, Donald Trump, lui, n’a montré aucune retenue. Lors de la conférence de presse de septembre, il a demandé à plusieurs reprises, parfois en criant, aux femmes d’arrêter immédiatement d’utiliser ce médicament. Son administration a également affirmé qu’elle prendrait bientôt des mesures réglementaires, comme l’ajout d’une étiquette d’avertissement sur les produits contenant de l’acétaminophène.

Cette position tranche avec le consensus scientifique actuel. Bien que quelques études aient pu suggérer un lien possible entre l’utilisation de l’acétaminophène par la mère et l’autisme, de nombreuses autres n’ont rien trouvé de tel. Deux analyses récentes des données disponibles, dont une publiée en janvier dernier, n’ont pas réussi à trouver de preuves convaincantes d’un lien de cause à effet. Cependant, compte tenu de la puissante tribune de Donald Trump et de sa popularité persistante auprès d’une partie de la population, il est tout à fait possible que certains aient écouté ses conseils.

Un pouvoir d’influence aux contours encore flous

Les chercheurs reconnaissent les limites de leur étude. L’acétaminophène étant largement consommé en dehors des services d’urgence, il reste difficile de savoir comment son usage a pu évoluer à l’échelle nationale. De plus, leur analyse ne permet pas de déterminer la part de ce changement attribuable aux femmes enceintes refusant le médicament, par rapport aux médecins décidant de ne plus le prescrire à leurs patientes enceintes.

Quoi qu’il en soit, les conséquences de la prise de parole politique sont visibles. Comme l’écrivent les auteurs de l’étude, « [N]éanmoins, ils montrent le pouvoir apparent que les personnalités publiques ont pour entraîner des changements soudains dans les pratiques de soins de santé ». Cette capacité à influencer les comportements médicaux, même sans fondement scientifique solide, pose de nombreuses questions sur la communication en matière de santé publique.

Un effet éphémère ou un risque sanitaire durable ?

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Y a-t-il une lueur d’espoir ? Peut-être. Les chercheurs ont noté que les prescriptions d’acétaminophène aux urgences ont commencé à remonter entre la fin novembre et le début décembre. Il est donc possible que l’effet Trump se soit estompé avec le temps, notamment à mesure que de plus en plus d’organisations de santé ont dénoncé le lien supposé avec l’autisme. Il existe cependant une autre explication : l’hiver est aussi la saison du rhume et de la grippe, et cette augmentation pourrait simplement refléter une tendance saisonnière.

De toute évidence, des études supplémentaires sont nécessaires pour comprendre comment l’annonce de la Maison-Blanche a pu modifier l’utilisation de l’acétaminophène par les femmes enceintes aux États-Unis. Mais si cette baisse devait se confirmer sur le long terme, elle pourrait avoir de graves répercussions sur la santé des femmes et de leurs enfants.

Les chercheurs concluent sur une mise en garde sérieuse : « Il y a de multiples conséquences potentielles à ces changements, notamment une incidence plus élevée de fièvres non traitées (un facteur de risque de troubles neurologiques) et l’utilisation de médicaments antipyrétiques ou analgésiques moins sûrs pendant la grossesse que le paracétamol, qui est sûr à utiliser pendant la grossesse ».

Selon la source : usatoday.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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