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Les scientifiques sont sur le point de mettre au point le premier vaccin universel
Crédit: lanature.ca (image IA)

Vers la fin des piqûres annuelles ?

Alors que la méfiance envers les vaccins persiste, alimentée par une désinformation tenace, la recherche scientifique, elle, ne s’arrête jamais. Dans les laboratoires, des chercheurs s’efforcent de mettre au point de nouvelles immunisations pour nous protéger des menaces actuelles, mais aussi futures. L’objectif ultime, que beaucoup considèrent comme le « Saint Graal » de l’immunologie, est la création d’un vaccin universel.

Protégerait-il contre toutes les menaces microbiennes imaginables ? Probablement pas. Mais son application à large spectre, capable de cibler simultanément une multitude de virus, de bactéries et même d’allergènes, pourrait transformer radicalement la santé publique. Une seule injection pour se prémunir contre de multiples maux, voilà la promesse. Une nouvelle étude met justement en lumière des avancées significatives dans cette direction, avec l’espoir de simplifier un jour notre calendrier vaccinal.

La limite des vaccins traditionnels

Pour comprendre cette avancée, il faut d’abord saisir le fonctionnement classique d’un vaccin. La plupart des immunisations actuelles reposent sur ce qu’on appelle la spécificité antigénique. Prenons l’exemple du vaccin contre le SARS-CoV-2 : il imite un composant spécifique du virus pour entraîner notre corps à reconnaître et à combattre les infections futures. Cette méthode est extraordinairement efficace… jusqu’à ce que l’agent pathogène mute.

Le problème est là. Si le pathogène se transforme, le vaccin, conçu pour une cible précise, perd de son efficacité. C’est la raison pour laquelle les vaccins contre des maladies comme la grippe ou le COVID-19 doivent être mis à jour si régulièrement. Une course sans fin s’engage entre le virus et la science. Bali Pulendran, de l’université de Stanford et auteur principal de l’étude, résume cette situation.

« Cela a été le paradigme de la vaccinologie au cours des 230 dernières années », a-t-il déclaré dans un communiqué de presse. « Il est de plus en plus clair que de nombreux pathogènes sont capables de muter rapidement. Comme le léopard proverbial qui change ses taches, un virus peut changer les antigènes à sa surface. »

Une nouvelle stratégie : réveiller nos défenses innées

Face à ce défi, Bali Pulendran et son équipe ont décidé de changer radicalement d’approche. Au lieu de courir après les antigènes, ils se sont penchés sur la communication entre les cellules immunitaires de notre corps durant une infection. Notre organisme possède en réalité deux lignes de défense : le système immunitaire inné et le système immunitaire adaptatif.

Le système inné est notre équipe d’intervention rapide. Il inclut nos barrières physiques comme la peau et le mucus, ainsi que certaines cellules immunitaires (cellules dendritiques, neutrophiles, macrophages). Sa force est sa réactivité, mais sa faiblesse est qu’il est non spécifique et ne reste actif que quelques jours. C’est là qu’intervient le système adaptatif. Plus lent à démarrer, il est capable de développer une défense sur mesure contre un agresseur précis.

L’idée des chercheurs ? Utiliser le système adaptatif pour forcer le système inné à rester sur le qui-vive beaucoup plus longtemps. Une étude de 2023, publiée dans la revue Nature Immunology par la même équipe, avait déjà posé les bases de cette théorie. Ils avaient découvert que le vaccin contre la tuberculose (le BCG) pouvait induire les deux réponses immunitaires. Fait crucial : les cellules T de la réponse adaptative recrutaient les cellules innées dans les poumons, les maintenant actives pendant des mois.

Des résultats spectaculaires chez la souris

Forts de ces découvertes, les scientifiques ont développé un nouveau vaccin, baptisé GLA-3M-052-LS+OVA. Dans une étude publiée en novembre 2025, ils rapportent que ce vaccin a conféré à des souris une protection significative contre un éventail étonnamment large d’agresseurs : des coronavirus comme le SARS-CoV-2, des bactéries redoutables comme le staphylocoque doré (*Staphylococcus aureus*) et l’*Acinetobacter baumannii*, et même des allergènes courants comme les acariens.

Les résultats sont frappants. Pulendran décrit l’effet du vaccin comme un « double coup dur » contre l’infection. Chez les souris testées, la réponse innée prolongée a permis de réduire la quantité de virus dans les poumons d’un facteur 700. Le vaccin a également réussi à supprimer une réponse immunitaire connue sous le nom de Th2, qui est directement liée à l’asthme allergique. Résultat : lorsque les souris ont été exposées à la poussière, leurs voies respiratoires ont été dégagées du mucus.

« Ces cellules T fournissaient un signal essentiel pour maintenir l’activation du système inné, qui dure généralement quelques jours ou une semaine, mais dans ce cas, elle pouvait durer trois mois », explique Pulendran. « Imaginez recevoir un spray nasal pendant les mois d’automne qui vous protège de tous les virus respiratoires, y compris le COVID-19, la grippe, le virus respiratoire syncytial et le rhume, ainsi que de la pneumonie bactérienne et des allergènes du début du printemps. »

Prochaine étape : les essais sur l’homme

Pour l’instant, ces succès ont été observés uniquement chez les souris. La prochaine étape, décisive, consiste à lancer les essais de phase 1 chez l’humain pour vérifier la sécurité et l’efficacité de cette nouvelle approche. Le chemin est encore long, mais l’horizon est dégagé.

Les chercheurs espèrent que ce vaccin universel pourrait être mis à la disposition du public d’ici cinq à sept ans. S’il tient ses promesses, il offrirait non seulement un traitement efficace contre les nouveaux virus respiratoires qui ne manqueront pas d’émerger, mais il pourrait aussi grandement simplifier le rituel annuel, et pas toujours apprécié, de la vaccination saisonnière.

Selon la source : popularmechanics.com

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