Tensions maximales autour d’un sommet à Miami
Un sommet organisé en Floride par Donald Trump a ravivé les tensions entre les États-Unis et Cuba. Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a vivement réagi aux propos de son homologue américain, qualifiant l’événement de « néocolonial ». De son côté, le président des États-Unis a assuré que l’île communiste « vivait ses dernières heures ».
La rencontre, qui s’est tenue un samedi à Miami, a été le théâtre d’une passe d’armes à distance entre les deux dirigeants. Washington affiche une volonté de faire pression sur La Havane, tandis que Cuba dénonce une ingérence et une violation des principes de souveraineté en Amérique latine.
« Bouclier des Amériques » : entre lutte anticartel et menaces
Officiellement, l’objectif de ce sommet baptisé « Bouclier des Amériques » était de discuter de la lutte contre les cartels sur le continent. Pour ce faire, douze dirigeants proches de Washington avaient fait le déplacement jusqu’à Miami. Mais le discours de Donald Trump a rapidement dépassé ce seul cadre.
Le président américain a en effet profité de l’occasion pour affirmer que Cuba « vivait ses derniers instants ». Soumise de facto à un blocus pétrolier par les États-Unis, l’île est dans le viseur de l’administration américaine, qui a promis de « s’en occuper ». Une déclaration qui a immédiatement fait monter la tension d’un cran.
Négociations secrètes ? L’affirmation de Trump, le démenti de Cuba
Au cours de son intervention, Donald Trump a également réaffirmé que le gouvernement communiste de l’île était en « négociation » avec lui-même et le secrétaire d’État américain, Marco Rubio. Le président américain n’a cependant fourni aucun détail supplémentaire pour étayer cette déclaration.
Cette information a été catégoriquement et à plusieurs reprises démentie par La Havane. Pour les autorités cubaines, il n’existe aucune discussion de cette nature. Cette affirmation américaine est perçue comme une manœuvre visant à déstabiliser le gouvernement en place et à semer le doute.
La réponse de Diaz-Canel : une charge contre la doctrine Monroe
La réaction du président cubain Miguel Diaz-Canel a été immédiate et sans équivoque. Sur le réseau social X, il a fustigé l’initiative américaine. « Le petit sommet réactionnaire et néocolonial de Floride, convoqué par les États-Unis avec la participation de gouvernements de droite [d’Amérique latine, NDLR], engage ceux-ci à accepter l’usage létal de la force militaire américaine pour résoudre des problèmes internes, ainsi que pour assurer l’ordre et la tranquillité de leurs pays », a-t-il écrit.
Pour le dirigeant cubain, ce sommet « est une atteinte à la Proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes comme zone de paix », un texte qui avait été signé à La Havane en 2014. Il y voit aussi « une attaque contre les aspirations à l’intégration régionale et une manifestation de la volonté de se subordonner aux intérêts du puissant voisin du Nord sous les préceptes de la doctrine Monroe ».
Un contexte de pression maximale sur l’île
Cette escalade verbale s’inscrit dans un contexte de relations déjà très tendues entre les deux pays, notamment depuis l’attaque des États-Unis contre le Venezuela le 3 janvier. Donald Trump a d’ailleurs exhorté à plusieurs reprises le gouvernement cubain à « conclure un accord » avant qu’il ne soit, selon lui, trop tard.
Ne cachant pas son désir de voir un changement de régime à Cuba, le président américain applique une politique de pression maximale. Il invoque pour cela la « menace exceptionnelle » que représenterait l’île pour la sécurité nationale des États-Unis. En cause : les relations de Cuba avec la Russie, la Chine et l’Iran. Une menace d’autant plus sensible que l’île n’est située qu’à 150 kilomètres des côtes de la Floride.
Selon la source : tvanouvelles.ca