Déneigement à Québec : ce chiffre qui révèle la frustration des citoyens cet hiver
Auteur: Adam David
Une avalanche de signalements à Québec

Cet hiver, les services municipaux de Québec ont été confrontés à un mécontentement croissant de la part des citoyens concernant le déneigement. Les nombreux épisodes neigeux qui ont marqué la saison ont provoqué une véritable explosion du nombre de signalements. Plaintes, demandes d’intervention, mais aussi simples requêtes d’information ou suggestions : la Ville a dû faire face à un volume de retours bien plus important que l’année précédente.
À la demande du Journal, l’administration municipale a communiqué des chiffres qui ne laissent place à aucun doute. Pour la période allant du 1er novembre au 28 février, les services de la Ville de Québec ont enregistré une augmentation de 51 % des signalements liés au déneigement par rapport à la même période l’an dernier. Un bond spectaculaire qui témoigne des difficultés rencontrées sur le terrain.
Les chaussées au cœur des préoccupations

Le principal point de friction concerne l’état des rues. Pour la saison 2025-2026, pas moins de 946 signalements ont été recensés pour le déneigement des chaussées. Un chiffre en forte hausse si on le compare aux 627 enregistrés au cours de l’hiver 2024-2025. C’est cette différence qui aboutit à la fameuse augmentation de 51 %.
Il est intéressant de noter que la situation actuelle reste toutefois moins critique que durant l’hiver 2023-2024. Cette année-là, Québec avait subi plusieurs tempêtes importantes laissant derrière elles de grosses bordées de neige. Le nombre de signalements avait alors atteint un pic de 978, un niveau légèrement supérieur à celui de cette saison.
Trottoirs et voies cyclables : des insatisfactions partagées

Les automobilistes ne sont pas les seuls à avoir exprimé leur mécontentement. Les données recueillies par la Ville montrent que les piétons ont également été plus nombreux à se manifester. Le nombre de signalements concernant le déneigement des trottoirs est passé de 325 l’an dernier à 478 cette année. Il s’agit cependant d’une baisse par rapport à l’hiver 2023-2024, qui avait comptabilisé 543 interventions citoyennes.
Du côté des voies cyclables, la tendance est clairement à la hausse sur plusieurs années. En 2024, 56 signalements avaient été faits. Ce chiffre est monté à 67 en 2025, avant de redescendre légèrement à 49 pour l’année 2026, qui n’est pas encore terminée. Cette courbe ascendante reflète une préoccupation grandissante pour l’entretien du réseau cyclable en période hivernale.
La météo, principale coupable selon la Ville

Comment expliquer cette situation ? Pour François Moisan, porte-parole de la Ville, la réponse se trouve dans le ciel. L’augmentation des signalements pour les rues, les trottoirs et les voies cyclables s’explique avant tout par les conditions météorologiques particulières de cet hiver. « Le chiffre qui est significatif pour nous cet hiver, c’est le nombre de jours de précipitations. On en a eu 10 de plus que l’année dernière et 20 de plus que l’année précédente », a-t-il souligné.
Le problème ne venait pas de tempêtes majeures, mais d’une neige quasi constante. « On n’a pas eu de tempête, mais il neigeait tout le temps, en particulier fin décembre, début janvier », précise le porte-parole. Cette météo a rendu la planification des opérations complexe : « C’était très compliqué pour nous de déterminer le moment où on procède à l’enlèvement. » Pour ne rien arranger, deux épisodes de pluie sont venus compliquer la tâche. « Ça a gelé tout de suite après. On peut le constater dans les rues résidentielles : il y a eu beaucoup de glace qui est restée sur la chaussée. Les conditions n’ont pas été optimales pour les opérations », rappelle Monsieur Moisan.
Pour appuyer cette analyse, la Ville fournit le décompte des jours de précipitations de neige entre le 1er novembre et le 28 février : 62 jours pour la saison 2025-2026, contre 51 pour 2024-2025 et seulement 44 pour 2023-2024.
Face au verglas annoncé, la Ville se dit « prête au pire »

Tournée vers l’avenir immédiat, l’administration municipale se montre vigilante. Alors que les modèles météorologiques, en constante évolution, annoncent un épisode de verglas important pour la semaine, le maire de Québec, Bruno Marchand, a assuré lundi que ses équipes se préparent toujours « en vue du pire » scénario dans ce type de situation. La priorité sera donnée au dégagement des routes et à la gestion des enjeux de débordements.
En cas de pannes d’électricité massives, la Municipalité n’écarte pas la possibilité d’ouvrir des centres communautaires pour accueillir la population. Le maire a promis une gestion proactive de la crise à venir, affirmant recevoir des mises à jour régulières sur le « cocktail météo » attendu à partir de mercredi. « On va être très proactifs et très prêts », a-t-il affirmé. Cet article a été rédigé avec la collaboration de Taïeb Moalla.
Selon la source : journaldequebec.com