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Le Canada peut-il aider les pays touchés par une crise énergétique due à la guerre en Iran ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un détroit stratégique au bord de l’implosion

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La guerre au Moyen-Orient fait monter la tension sur les marchés mondiaux de l’énergie, poussant plusieurs pays au bord d’une crise potentielle. Au cœur des préoccupations se trouve un passage maritime d’une importance capitale : le détroit d’Ormuz. Sa fermeture de fait a déjà provoqué une flambée des prix du pétrole à l’échelle planétaire.

Ce corridor étroit, qui relie le golfe Persique à l’océan, est une véritable artère pour l’économie mondiale. Près d’un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) de la planète transite par ses eaux. La perturbation de ce flux vital pourrait entraîner une demande accrue pour l’énergie canadienne, plaçant le pays dans une position inattendue.

Le contexte est si volatil que le moindre incident peut avoir des conséquences dramatiques. On imagine sans peine le chaos provoqué par une attaque, comme celle, fictive, où des débris d’un drone iranien intercepté auraient touché une installation pétrolière à Fujaïrah, aux Émirats arabes unis, le 3 mars 2026, y déclenchant un immense incendie.

L’Asie, première victime des tensions

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Cette situation met en lumière notre dépendance à des régions instables pour notre approvisionnement énergétique. Richard Masson, ancien PDG de l’Alberta Petroleum Marketing Commission, résume bien le changement de paradigme : « Cela a changé toute notre vision du risque et de la provenance du pétrole et du gaz naturel », déclare-t-il à propos de la situation au Moyen-Orient.

Les premières nations à sentir les effets de ce blocage sont les géants asiatiques. La majorité des tankers qui empruntent ce passage sont destinés à des pays comme la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. Ce sont eux les plus vulnérables à une interruption durable du trafic dans le détroit d’Ormuz.

La question qui se pose alors est cruciale. « Nous avons maintenant vu que l’Iran peut fermer ce détroit, et cela signifie que moins de pays voudront dépendre du pétrole du Moyen-Orient. Alors, où vont-ils se le procurer ? » s’interroge Richard Masson. Une interrogation qui résonne dans toutes les capitales concernées.

Le Canada, un secours immédiat mais limité

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Face à l’urgence, les regards se tournent vers d’autres fournisseurs. À court terme, de nombreux experts suggèrent que certains pays pourraient être contraints de se tourner vers le pétrole russe pour combler le déficit. Mais une autre option se dessine : le Canada.

Le pays pourrait-il apporter un soulagement immédiat ? Oui, mais de manière modeste. L’économiste Colin Mang tempère les attentes : « Le Canada a la capacité de mettre un peu de pétrole supplémentaire sur le marché mondial ». Cependant, il précise aussitôt les limites de cette aide.

La capacité d’augmenter rapidement les exportations de pétrole et de gaz vers les marchés asiatiques est en effet restreinte par les infrastructures existantes. Colin Mang est très clair sur ce point : « Mais nous ne pouvons pas espérer satisfaire toute la production perdue du Moyen-Orient à l’heure actuelle ».

Un partenaire fiable pour l’avenir ?

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Si le rôle du Canada à court terme est limité, la perspective à plus long terme est bien différente. Le ministre canadien de l’Énergie, Tim Hodgson, a confirmé lors d’une entrevue à l’émission Power Play de CTV cette semaine que des signaux positifs se manifestaient déjà. Il sent un intérêt croissant de la part des alliés du Canada.

« Ce qui se passe au Moyen-Orient amène nos alliés à se concentrer de plus en plus sur le Canada », a-t-il affirmé. Selon lui, ces pays ne cherchent pas seulement une source d’énergie, mais un partenaire qui répond à des critères bien précis. Des critères que le Canada est en mesure de remplir.

Quelles sont ces exigences ? Tim Hodgson les a énumérées : « Ils veulent une source d’énergie fiable, sûre et durable pour l’avenir ». Ces trois mots – fiabilité, sécurité, durabilité – pourraient devenir les piliers de la future politique énergétique canadienne sur la scène internationale.

L’immense défi des infrastructures

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Pour que cette promesse devienne réalité, le Canada doit surmonter des obstacles de taille. Le principal goulot d’étranglement est logistique. Le pays ne dispose tout simplement pas des infrastructures nécessaires pour acheminer massivement son énergie vers les côtes et, de là, vers l’Asie.

L’économiste Colin Mang met le doigt sur le problème : « Nous n’avons pas la capacité de pipeline actuellement pour traverser les Rocheuses et devenir vraiment un grand exportateur vers les marchés asiatiques ». Sans cette artère vitale, le potentiel canadien reste largement théorique.

Une solution est sur la table : la construction d’un deuxième pipeline sur la côte Ouest. Ce projet fait l’objet d’un protocole d’entente entre Ottawa et l’Alberta. Cependant, rien n’est garanti. Même si le projet était approuvé, sa construction prendrait des années. Le chemin est encore long avant que le Canada ne puisse pleinement jouer son rôle de puissance énergétique stabilisatrice.

Selon la source : ctvnews.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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