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Ce requin-baleine a traversé un océan. Son voyage de 1200 km est une première historique
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un périple sans précédent dans l’océan Indien

Certains animaux sont capables de migrations extraordinaires, parcourant des milliers de kilomètres à travers les mers, les ciels ou les terres pour atteindre leurs zones de reproduction ou de nourrissage. Si ces voyages forcent l’admiration, quelques individus sortent du lot, semblant repousser les limites connues. C’est le cas d’un requin-baleine qui vient de réaliser un périple de 1 200 kilomètres entre Madagascar et les Seychelles.

Cette traversée est la toute première migration de ce type jamais observée. L’exploit a été réalisé par un jeune mâle de l’espèce Rhincodon typus. Aperçu pour la première fois au large de Nosy Be, à Madagascar, en 2019, il a été revu des années plus tard, en août 2025, près de Mahé, aux Seychelles. Un exploit qui lève le voile sur les déplacements de ces géants des mers.

Sur la trace de « Mistral », le voyageur des mers

L’identification de cet individu a permis de reconstituer son histoire. Baptisé MD-393 Mistral, ce mâle mesurait 4,5 mètres de long lorsqu’il a été enregistré pour la première fois le 26 novembre 2015, alors qu’il se nourrissait au large de Nosy Be. Le 29 août 2025, le même requin-baleine était photographié dans les eaux de Mahé, aux Seychelles. Il avait bien grandi, atteignant désormais 6 mètres de long.

Ce voyage est plus qu’une simple anecdote. Comme l’expliquent les auteurs de l’étude documentant l’événement : « C’est la première fois qu’un requin-baleine de Madagascar est ré-observé dans un autre pays de l’océan Indien occidental ». Une preuve concrète que ces animaux traversent les frontières maritimes, ce qui soulève de nouvelles questions sur leur comportement et leur protection.

Une découverte rendue possible par la science citoyenne

Comment a-t-on pu suivre un seul animal sur une si longue distance et sur plusieurs années ? La réponse réside dans la collaboration internationale et la photo-identification. Le Madagascar Whale Shark Project dispose d’une vaste base de données de photographies de requins-baleines. Cette collection a été constituée au fil des ans grâce aux contributions de scientifiques citoyens, de tour-opérateurs et d’étudiants malgaches.

Ce sont ces clichés qui ont été comparés à ceux pris par la Marine Conservation Society Seychelles, permettant d’identifier formellement Mistral. « Nous enregistrons les requins-baleines depuis 2015 et voir un individu parcourir plus de 1 200 km [746 miles] entre Madagascar et les Seychelles est stupéfiant. C’est l’événement inédit que nous attendions », a déclaré dans un communiqué Stella Diamant, du Madagascar Whale Shark Project.

Elle souligne d’ailleurs le rôle crucial de cette coopération : « Cette découverte souligne l’importance du suivi à long terme et de la collaboration internationale. Sans bases de données de photo-identification partagées, ce mouvement serait passé inaperçu ».

Comprendre les motivations d’un géant des mers

Ce déplacement entre Madagascar et les Seychelles pourrait suggérer que les jeunes requins-baleines sont motivés par la disponibilité de leurs proies et sont prêts à parcourir de longues distances pour se nourrir. Ce comportement n’est pas totalement isolé. De nombreux requins-baleines retournent de manière saisonnière à Nosy Be et peuvent voyager plusieurs milliers de kilomètres le long de la côte pendant des années avant de revenir.

L’espèce, classée comme « En danger » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), possède une large aire de répartition et peut être observée dans la plupart des régions océaniques aux températures chaudes. Il est même envisagé que, en raison du changement climatique et du réchauffement des océans, leur habitat s’étende jusque dans les eaux européennes.

Un appel urgent à la protection transfrontalière

Cette découverte met en lumière la vulnérabilité des requins-baleines, notamment face aux collisions avec les navires et aux captures accidentelles par les pêcheries de thon. La situation légale de l’espèce varie considérablement d’un pays à l’autre. Alors qu’elle est protégée aux Seychelles, aucune protection formelle de ce type n’est en place à Madagascar.

L’étude, publiée dans la revue scientifique Oryx, insiste sur l’importance des projets de surveillance à long terme et de la coopération entre les pays. Les auteurs prévoient de continuer à partager les données de photo-identification pour en apprendre davantage sur cette espèce menacée et mieux coordonner les efforts de conservation à l’échelle de l’océan.

Selon la source : iflscience.com

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