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Marwah Rizqy : les dessous d’une fin qu’elle aurait voulue « différente »
Crédit: Side-by-side fusion: "2025-11-14 InaugurationREM Deux-Montagnes Marwah Rizqy (cropped).jpg" by Lea-Kim licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons + "Flag of Quebec.jpg" by Quintin Soloviev licensed under CC BY 4.0 via Wikimedia Commons

Confidences sur une période « difficile »

C’est une page qui se tourne dans la douleur. Marwah Rizqy, ancienne cheffe parlementaire du Parti libéral du Québec (PLQ), a récemment brisé le silence sur les derniers mois qui l’ont ébranlée. Qualifiant l’affaire qui l’a éclaboussée de « rocambolesque », elle s’est confiée lors d’une entrevue menée par Patrice Roy, évoquant une période qualifiée d' »assez difficile ».

La députée de la circonscription de Saint-Laurent, désormais au ban de sa formation politique, a été une figure centrale de la crise qui a secoué le PLQ et qui a conduit à la démission de son chef d’alors, Pablo Rodriguez. Avec une pointe d’amertume, elle résume son état d’esprit : « J’aurais aimé avoir une fin qui est différente, mais aujourd’hui, la réalité est la suivante : je ne suis rendue qu’une députée, mais je suis fière d’être une députée. »

L’engrenage : un congédiement, une poursuite, une exclusion

Comment en est-on arrivé là ? Tout commence en novembre dernier. Marwah Rizqy prend la décision de congédier sa directrice de cabinet, Geneviève Hinse. La riposte est immédiate et cinglante. Geneviève Hinse dépose une poursuite pour diffamation, réclamant la somme de 500 000 dollars.

Dans sa plainte, l’ancienne directrice de cabinet allègue que la députée de Saint-Laurent aurait agi « de mauvaise foi » dans la gestion de ce dossier. La crise prend alors une nouvelle dimension, forçant le chef du parti à l’époque, Pablo Rodriguez, à trancher dans le vif. Il décide d’exclure purement et simplement Marwah Rizqy du caucus des députés libéraux.

L’épreuve personnelle et l’impact sur ses proches

Au-delà du tumulte politique, l’affaire a eu de lourdes conséquences sur le plan personnel. « Ça a été une épreuve assez difficile, mais moi, aujourd’hui, je vais bien, mon conjoint va mieux. Ça a été aussi très difficile pour mon époux », a-t-elle déclaré d’emblée lors de son passage à l’émission « En direct avec Patrice Roy ». Elle rappelle que son conjoint, Gregory Kelley, est lui aussi député pour le Parti libéral du Québec.

L’impact sur son couple n’est pas un détail. Le 28 janvier, lors d’une entrevue sur les ondes d’ICI Première, Gregory Kelley avait lui-même confié que le tourbillon médiatique et politique autour de sa conjointe avait eu un impact direct sur sa propre santé mentale. Malgré tout, la députée assure aujourd’hui « être en paix avec elle-même, mais aussi avec les actions » qu’elle a posées.

Elle insiste sur sa ligne de conduite durant la crise : « Je peux vous garantir que tout ce qui me gouverne depuis le début, ça a été non seulement de préserver mon intégrité à moi, mais aussi celle de mon parti lorsque j’étais cheffe parlementaire. »

Un nouveau statut et des rapports apaisés

Marwah Rizqy siège désormais comme députée indépendante à l’Assemblée nationale. Une situation qu’elle accepte sans amertume, notamment vis-à-vis du nouveau chef du PLQ, Charles Milliard. Ce dernier a pris la décision de ne pas la réintégrer au sein de la formation politique, un choix que l’élue de Saint-Laurent dit comprendre.

« J’ai dit clairement à Charles Milliard que, peu importe la décision, je ne lui en voudrais pas. Je suis capable de comprendre que c’est excessivement difficile comme prise de décision », a-t-elle précisé. Elle se dit même « énormément reconnaissante » envers lui pour la manière dont il a géré la situation. Contrairement à sa suspension initiale, le nouveau chef a pris le soin de lui annoncer son choix personnellement avant de le rendre public.

Une approche faite « avec énormément d’humanité, de délicatesse et de respect », selon ses propres mots. Bien qu’elle aurait préféré terminer son mandat sous la bannière libérale, Marwah Rizqy, qui avait déjà annoncé en octobre 2024 son intention de quitter la vie politique au terme de son mandat actuel, entend bien « profiter du temps » qui lui reste « pour rester pertinente ».

Un dernier cheval de bataille : la lutte contre l’infertilité

Pour ses derniers mois en politique, Marwah Rizqy a déjà un combat en tête : la couverture par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) des traitements pour les couples infertiles. Un sujet qui la touche personnellement. Mère de deux enfants, elle a elle-même eu recours à la procréation médicalement assistée, un processus dont la facture, selon elle, s’élève à environ 10 000 dollars par traitement.

Elle souligne une faille majeure du système québécois : les traitements ne sont remboursés par la RAMQ qu’une seule et unique fois. Or, comme le rapporte la députée, c’est « assez rare que ça fonctionne d’un coup ». Sa position est claire et se résume en une phrase choc : « Si c’est une maladie, on ne devrait pas sortir notre carte de crédit. »

Ce débat a récemment refait surface dans l’actualité politique. Bernard Drainville, l’un des candidats à la course à la chefferie de la Coalition Avenir Québec (CAQ), s’est en effet porté en faveur d’un élargissement de l’accès à ces soins. Pour Marwah Rizqy, une telle décision ne devrait pas reposer sur les convictions personnelles d’un seul individu, mais sur un principe d’accessibilité universelle aux soins de santé.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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