Le nouveau guide suprême iranien s’exprime pour la première fois après des rumeurs de coma
Auteur: Simon Kabbaj
Une première prise de parole très attendue

C’est un message qui était scruté de près. Mojtaba Khamenei, récemment désigné pour succéder à son père au poste de Guide Suprême de l’Iran, a publié sa première déclaration officielle. Ce message intervient alors que des rumeurs persistantes faisaient état de son état de santé critique, certains rapports allant jusqu’à le dire dans le coma.
Élu le 8 mars pour prendre la tête du pays, Mojtaba Khamenei succède à son père, Ali Khamenei, qui aurait été tué lors d’une frappe aérienne américano-israélienne. Sa première allocution, lue à la télévision d’État ce 12 mars, a permis de définir les premières lignes de sa politique, tout en laissant planer le doute sur sa condition physique, puisqu’il n’est pas apparu à l’écran.
Venger le sang iranien et contrôler le détroit d’Ormuz

Le ton est donné. Dans son message, le nouveau Guide Suprême a juré de « venger le sang des Iraniens » tombés dans le conflit en cours. Un chiffre précis accompagne cette déclaration : selon le journal The Independent, au 9 mars, 1 230 Iraniens avaient été tués. Cette promesse de vengeance constitue l’un des piliers de son premier discours.
Autre point stratégique majeur abordé : le détroit d’Ormuz. Mojtaba Khamenei a affirmé que « le levier du blocage du détroit d’Ormuz » devait toujours être utilisé par l’Iran, une information rapportée par BBC News. Cette voie maritime est cruciale pour le transport mondial de pétrole. La déclaration se veut un message clair sur la continuité de la posture iranienne dans la région.
Le message, qui a circulé sur les réseaux sociaux via Al Jazeera, contenait également d’autres affirmations fortes. « Nos forces ont bloqué le chemin de l’ennemi avec leurs frappes puissantes », a-t-il été déclaré, ajoutant : « Nous avons déjoué les efforts visant à diviser le pays ».
Les bases américaines en ligne de mire

Une part importante de la déclaration était adressée aux pays voisins et à la présence militaire américaine dans la région. « Les bases de l’ennemi dans la région visent à contrôler ses pays », a affirmé le message. Tout en prônant une forme de bon voisinage, le nouveau leader a adopté une position intransigeante : « Nous croyons en l’amitié avec les pays voisins, mais nous sommes contraints de continuer à cibler les bases américaines qui s’y trouvent ».
La justification de ces actions est directe. « Nous avons été attaqués depuis des bases ennemies dans des pays voisins et nous sommes contraints de répondre ». Un appel, ou une mise en garde, a ensuite été lancé : « Nous recommandons aux pays de la région de fermer les bases américaines. Nous ne ciblons que les bases américaines dans la région ».
Enfin, le message s’est conclu par un appel à la mobilisation populaire : « Le peuple doit être fortement présent dans toutes les arènes pour déjouer tous les complots des ennemis ».
Entre coma et blessure légère : le flou sur son état de santé
Cette première adresse publique survient alors que le mystère entoure l’état de santé de Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans. Plusieurs rapports ont indiqué qu’il aurait été grièvement blessé dans la frappe aérienne du 28 février qui a coûté la vie à son père. Certaines sources l’ont même déclaré dans le coma.
Selon la chaîne LBC, le nouveau Guide Suprême se trouverait en soins intensifs à l’hôpital universitaire Sina, dans le quartier historique de Téhéran. Une section de l’établissement aurait été complètement bouclée et placée sous haute surveillance. La nature exacte de ses blessures reste inconnue, alimentant les spéculations.
Les informations sont contradictoires. Alors que d’aucuns décrivent son état comme « très sérieux », un fonctionnaire iranien anonyme a déclaré à l’agence Reuters que le nouveau Guide Suprême n’avait été que « légèrement blessé ». Un fossé immense entre les deux versions, qui laisse la situation ouverte à toutes les interprétations.
Une succession marquée par le drame et la défiance

Cette prise de pouvoir s’inscrit dans un contexte particulièrement dramatique. La frappe aérienne qui a tué son père, Ali Khamenei, a également emporté sa mère et son épouse. C’est donc un homme touché personnellement par le conflit qui prend les rênes de la République islamique d’Iran.
Cette première déclaration, lue en son absence, définit une ligne claire de défiance et de confrontation. Elle vise à la fois à rassurer en interne sur la fermeté du nouveau pouvoir et à adresser des avertissements clairs aux adversaires régionaux et internationaux. La question demeure : qui dirige réellement le pays si l’état de santé de son nouveau leader est aussi incertain ?
Créé par des humains, assisté par IA.