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Yellowstone : le premier grizzly de 2026 est sorti de sa tanière, et il a faim
Crédit: NPS/Jim Peaco

Le premier signe du printemps à Yellowstone

C’est un rendez-vous annuel, un signal que l’hiver desserre son étreinte. Avec les premiers souffles d’air doux, le premier ours grizzly de l’année a été observé dans le parc national de Yellowstone. Un événement qui sonne le début de la saison où il faut être « bear aware », autrement dit, conscient de la présence des ours.

L’animal a été repéré le 9 mars 2026 par des biologistes du National Park Service (NPS) dans la partie nord du parc. À peine sorti de sa période de repos hivernal, ce grizzly n’a pas perdu de temps. Il a été vu en train de rompre son long jeûne en se nourrissant de la carcasse d’un bison mâle.

Une horloge biologique bien réglée

L’observation de cette année s’inscrit parfaitement dans une tendance bien établie. En 2025, le premier grizzly avait été aperçu le 14 mars. L’année précédente, en 2024, c’était le 3 mars. Quant à 2022 et 2023, la date était identique : le 7 mars. Cette ponctualité a une explication simple : ce sont toujours les mâles qui s’aventurent les premiers hors de leur tanière.

Les femelles accompagnées de leurs petits sont, elles, bien plus prudentes. Elles ont besoin de plus de temps et attendent généralement le mois d’avril, voire le début du mois de mai, avant de faire leur apparition. Une stratégie de survie pour protéger leur progéniture encore fragile.

Le secret du sommeil de l’ours : torpeur ou hibernation ?

Dans le langage courant, on parle souvent d’hibernation pour décrire ce long repos hivernal. Pourtant, le terme n’est peut-être pas tout à fait exact. Les ours bruns et les ours noirs entrent bien dans un état de dormance qui dure plusieurs mois, mais leur température corporelle ne baisse pas de manière aussi significative que celle des vrais hibernateurs.

Pour cette raison, certains scientifiques préfèrent employer le mot « torpeur ». Il s’agit d’une sorte d' »hibernation légère », marquée par un métabolisme ralenti mais pas par le sommeil profond et glacial des petits mammifères. Pour se préparer à cette période d’inactivité, les ours accumulent d’énormes réserves de graisse tout au long de l’été et au début de l’automne. C’est d’ailleurs ce phénomène qui a donné naissance à la populaire « Fat Bear Week », organisée chaque année fin septembre ou début octobre.

Un réveil affamé

Lorsqu’un grizzly sort de sa tanière, il est tout simplement vorace. Ayant consommé une grande partie de ses réserves de graisse pendant l’hiver, il dépend fortement de la nécrophagie pour ses premiers repas. Les carcasses de wapitis et de bisons qui n’ont pas survécu aux rigueurs du froid deviennent une source de nourriture essentielle au début du printemps.

Ces repas opportunistes sont cruciaux en attendant que d’autres sources de nourriture deviennent disponibles avec le réchauffement. Au fil de l’année, le régime alimentaire des grizzlys de Yellowstone se diversifiera. Ils se nourriront alors de veaux de wapitis, de charognes laissées par les loups, de truites, d’insectes, de plantes, de baies, de fruits et de racines.

Vivre avec les ours : les règles d’or de la prudence

Il est facile de comprendre que les ours puissent être d’humeur irritable à leur réveil. Le NPS a d’ailleurs prévenu que ces animaux peuvent réagir de manière agressive face à une rencontre humaine lorsqu’ils se nourrissent sur une carcasse. Il est donc impératif pour les visiteurs de Yellowstone d’adopter une attitude de vigilance constante.

Les recommandations sont claires : restez alerte, portez un spray anti-ours et maintenez une distance d’au moins 100 yards (soit 91 mètres) avec les ours noirs et les grizzlys. Assurez-vous de stocker votre nourriture, ou de vous en débarrasser, dans des endroits inaccessibles aux animaux. Lorsque vous randonnez, il est également conseillé de faire suffisamment de bruit pour signaler votre présence. Personne ne souhaite se retrouver nez à nez avec un ours surpris.

Et quelle que soit la situation, une règle prévaut sur toutes les autres : ne courez jamais.

Selon la source : iflscience.com

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