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Les 13 races de chiens les plus anciennes qui continuent de conquérir les cœurs aujourd’hui
Crédit: lanature.ca (image IA)

Au-delà des modes, un héritage millénaire

Il est facile de se laisser séduire par les dernières races canines à la mode. Récemment, le Kennel Club a d’ailleurs annoncé l’arrivée d’une nouvelle race de chien de race, le Mudi hongrois. C’est l’occasion parfaite de se pencher sur des lignées bien plus anciennes, dont les origines se perdent dans la nuit des temps.

Mais qu’est-ce qu’une race, au fond ? Ciara Farrell, historienne au Kennel Club, apporte un éclairage crucial : « Les ‘races’ de chiens, telles que nous les connaissons aujourd’hui, sont un concept assez moderne, introduit au milieu du XVIIIe siècle, à la suite de nouvelles méthodes agricoles. De ce fait, l’ascendance de nombreuses races est antérieure à la tenue de registres, et leurs origines exactes peuvent donc souvent être difficiles à déterminer avec précision. » Elle précise qu’avant cette période, on parlait plutôt de grands types de chiens, distingués par leur fonction : « Il y avait des types de chiens plus larges avant cette époque, distingués par leur apparence et leur fonction – tels que les lévriers, les chiens courants et les bergers – qui sont considérés comme les ancêtres de certaines des races que nous connaissons et aimons aujourd’hui. »

Shauna Walsh, infirmière vétérinaire au PDSA, note que les chiens descendent probablement du loup, ce qui explique l’apparence lupoïde de certaines des plus anciennes races. Elle cite des exemples : « Les Malamutes d’Alaska, les Akitas japonais et les Chow Chows sont tous réputés exister depuis des milliers d’années. Moins ressemblants au loup, les Lévriers sont considérés comme l’une des plus anciennes races de chiens, selon les rapports. » Elle insiste cependant sur un point essentiel : « Mais il convient de rappeler que, génétiquement, les chiens sont entièrement différents de leurs ancêtres loups et n’ont conservé aucune autre qualité ou trait. »

1. Le Spinone Italien : le chasseur des marais

credit : lanature.ca (image IA)

Ce grand chien à l’air sympathique appartient au groupe des Gundog, ou chiens leveurs de gibier. En Italie, des chiens de ce type sont documentés depuis le XIIIe siècle, témoignant d’une longue histoire dédiée à la chasse.

Leur fonction originelle a sculpté leur apparence. Comme l’explique Ciara Farrell : « En tant que Gundogs, le travail pour lequel ils ont été élevés à l’origine est de trouver et de rapporter le gibier, ils ont donc un pelage rêche, hirsute et résistant aux intempéries, idéal pour les terrains marécageux et humides et les bois épais où ils travaillaient. »

Quant à leurs ancêtres, leur lignée est probablement un croisement de plusieurs types de chiens européens. « Dans leur ascendance, il y a probablement des chiens courants de France et d’Italie, ainsi que des types Mastiff », ajoute l’historienne.

2. Le Lévrier Italien : un bijou de l’Antiquité

credit : lanature.ca (image IA)

Bien plus petit que ses grands cousins, le Lévrier Italien fait partie des races dites « Toy », c’est-à-dire des chiens élevés avant tout pour la compagnie. Il est une version miniature de ses homologues de travail, mais son histoire n’en est pas moins impressionnante.

« Le Lévrier Italien, une race Toy (une race élevée pour être un animal de compagnie familial bien-aimé), est une version plus petite de ses homologues de travail plus grands, et on pense que des chiens de ce type existent depuis des milliers d’années », détaille Ciara Farrell. Son nom peut être trompeur, car ses origines semblent encore plus lointaines. « Malgré son nom, des images de chiens similaires ont été trouvées sur des tombes dans l’Égypte et la Grèce antiques – le nom moderne vient de leur identification avec l’Empire romain. »

3. Le Chien d’élan Norvégien : sur les traces des Vikings

credit : lanature.ca (image IA)

Avec ses oreilles dressées, son double poil et sa queue enroulée, le Chien d’élan Norvégien est un représentant typique des races nordiques de type « Spitz ». Ces chiens polyvalents sont connus pour leur capacité à s’adapter à des climats et des conditions de travail très variés.

Leur présence en Scandinavie est immémoriale. « En Norvège, des squelettes de chiens de l’âge de pierre très similaires à l’Elkhound moderne ont été trouvés, ainsi que dans des tombes vikings », rapporte Ciara Farrell. C’est dire si son lien avec cette terre est profond.

Son tempérament est à l’image de son histoire. « Ces chiens sont audacieux et énergiques et étaient utilisés pour pister toutes sortes de gibier, comme l’élan, le renne et l’ours. »

4. Le Berger de Maremme : gardien des troupeaux depuis 2000 ans

credit : lanature.ca (image IA)

Voilà un chien dont la mission n’a presque pas changé depuis plus de deux millénaires. Originaire des montagnes italiennes, le Berger de Maremme a été sélectionné pour une tâche bien précise : protéger les troupeaux et les propriétés contre les prédateurs et les intrus.

Cette fonction ancestrale trouve aujourd’hui de nouvelles applications, témoignant de l’incroyable fiabilité de la race. « De nos jours, les Bergers de Maremme sont parfois utilisés pour protéger la faune menacée des prédateurs », ajoute Ciara Farrell.

5. Le Deerhound : le lévrier écossais en danger

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Ce lévrier natif de l’Écosse est un descendant direct des lévriers indigènes britanniques et son existence est attestée depuis au moins 500 ans. Au fil du temps, il a porté plusieurs noms, comme le Scottish Wolfdog ou le Scottish Greyhound.

Il est un proche parent du Lévrier Irlandais. « Comme leur nom l’indique, ils travaillaient à l’origine comme chiens de chasse au cerf », explique Ciara Farrell. Malheureusement, cette spécialisation a failli causer sa perte. « Leur nombre a diminué à mesure qu’ils sont tombés en désuétude – et ils sont maintenant classés comme une race indigène britannique vulnérable par le Kennel Club – mais ils ont conservé leur statut de symbole du patrimoine écossais. »

6. Le Chien Esquimau Canadien : la force motrice de l’Arctique

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Également de type Spitz, ce chien est aussi connu sous le nom de Chien de traîneau inuit. Ses ancêtres ont joué un rôle fondamental dans la survie des peuples inuits, leur permettant de transporter biens et personnes à travers les étendues hostiles de la toundra arctique, dans ce qui est aujourd’tui le Canada.

Leur physique est taillé pour l’effort extrême. « Ils ont une force et une endurance exceptionnelles », souligne Ciara Farrell. L’arrivée de la technologie a cependant bouleversé leur existence. « La motoneige moderne les a supplantés comme moyen de transport et ils sont maintenant en très petit nombre. »

Face à ce déclin, la mobilisation s’organise pour sauver ce patrimoine unique. « Des organisations dévouées à leur bien-être, ainsi que le gouvernement canadien, travaillent activement à la protection de la race. »

7. Le Harrier : un flair qui remonte aux Celtes

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Le Harrier est l’archétype du chien courant. Doté de remarquables capacités de pistage, il possède l’endurance nécessaire pour suivre une piste sur de très longues distances sans jamais faiblir.

Son histoire est profondément ancrée dans le continent européen. « Les chiens courants existent depuis l’époque celtique et se trouvent dans toute l’Europe en des centaines de variétés différentes, souvent très locales », précise Ciara Farrell. Tout comme d’autres races de travail, le changement des pratiques humaines a un impact sur sa population. « Avec le déclin de sa fonction de chasse traditionnelle, le Harrier est maintenant une race indigène vulnérable. »

8. Le Terrier de Glen of Imaal : le rare courage irlandais

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Depuis des siècles, les terriers sont les compagnons indispensables des campagnes du Royaume-Uni et d’Irlande. Leur mission : déloger les animaux de leurs terriers ou les atteindre dans des endroits difficiles d’accès. Malgré leur petite taille, ils sont réputés pour être intrépides, tenaces et d’une force surprenante.

Le Terrier de Glen of Imaal est l’un des joyaux de cette famille. « Le Terrier de Glen of Imaal vient des montagnes escarpées du comté de Wicklow en Irlande », continue Ciara Farrell. « Bien qu’ils n’aient jamais eu une population énorme, leur nombre est devenu si bas que la race est l’une des plus rares et également membre de la liste des races indigènes vulnérables. »

9. Le Bearded Collie : le berger des Highlands

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Reconnaissable entre tous avec son long pelage hirsute, le Bearded Collie est un chien de berger dont l’intelligence et les talents sont encore très appréciés aujourd’hui, ce qui lui assure une grande popularité.

Son histoire est celle des hauts plateaux écossais. « Pendant de nombreux siècles, les ancêtres du Bearded Collie ont géré des troupeaux de bétail dans les Highlands d’Écosse », raconte Ciara Farrell. Ses origines exactes restent sujettes à débat, suggérant un riche métissage. « Il existe de nombreuses théories sur leurs origines, y compris une descendance de l’ancien chien de berger islandais ou du chien de berger polonais de plaine, croisé avec d’autres colleys écossais indigènes. »

10. Le Mastiff : le colosse revenu de l’oubli

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L’histoire du Mastiff en Grande-Bretagne est particulièrement ancienne. Selon Ciara Farrell, les chiens de type Mastiff seraient arrivés sur l’île au cours du premier millénaire avant notre ère. Leur réputation était telle que les Romains, lors de leur conquête, les ont ensuite emmenés à Rome.

Leur rôle était clair et essentiel : la protection. « Ils étaient à l’origine élevés pour protéger et garder les personnes, les biens et le bétail contre les animaux sauvages, les braconniers et les intrus. » La race a cependant frôlé l’extinction au XXe siècle. « Après avoir failli disparaître au Royaume-Uni après la Seconde Guerre mondiale, ils ont depuis été relancés mais restent une race indigène vulnérable. »

11. L’Alaskan Malamute : la puissance de l’Arctique

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Comme son nom l’indique, cette race nous vient des régions de l’Alaska. Le Malamute est reconnu comme l’une des plus anciennes races de chiens de l’Arctique, et son histoire est indissociable de celle des peuples qui y vivent.

« Les Malamutes font depuis de nombreuses années partie intégrante de la vie de nombreuses personnes en Alaska, ce qui inclut un éventail de groupes indigènes », explique l’infirmière vétérinaire Shauna Walsh. Leur rôle était vital. « Il a été rapporté qu’ils étaient à l’origine élevés pour le transport de marchandises et diverses expéditions, car ils sont connus pour être très forts et loyaux. »

Pour survivre dans ces conditions extrêmes, la nature les a dotés d’une protection efficace. « Ils ont un ‘double pelage’, qui les garde au chaud par temps de neige ou de froid. »

12. L’Akita Japonais : loyauté et force montagnarde

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Cette race japonaise serait originaire de la province d’Akita, dans le nord du pays. Aujourd’hui, les Akitas sont surtout connus pour être des animaux de compagnie d’une loyauté sans faille envers leur famille.

Pourtant, leur passé est celui d’un travailleur robuste et polyvalent. Shauna Walsh ajoute : « Les Akitas étaient à l’origine élevés pour leur force, utilisés comme chiens de garde dans les montagnes en raison de leur personnalité intrépide et loyale, et également utilisés pour la chasse. » Comme d’autres races nordiques, ils sont équipés pour affronter les climats rudes et possèdent eux aussi un « double pelage ».

13. Le Chow-Chow : l’énigme chinoise à la langue bleue

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Le Chow-Chow est célèbre pour sa fourrure semblable à une crinière de lion et pour une particularité quasi unique : sa langue bleu-noir au lieu de rose. Selon Shauna Walsh, cette race existe depuis de très nombreuses années.

Comme le Malamute et l’Akita, « ils ont aussi un ‘double pelage' ». Originaire de Chine, le Chow-Chow a fait son apparition en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle, où il fut même une attraction aux Jardins zoologiques de Londres. Une autre de ses caractéristiques est sa démarche particulière. « Les Chow Chows sont assez uniques car ils ont une démarche ‘à jambe raide’, c’est parce que leurs pattes arrière sont totalement droites. »

Un patrimoine vivant à préserver

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Ce voyage à travers le temps nous montre que derrière chaque race se cache une histoire, une fonction et un lien profond avec l’humanité. De la chasse au cerf dans les Highlands à la garde des troupeaux dans les montagnes italiennes, ces chiens étaient bien plus que des compagnons : ils étaient des partenaires de travail essentiels.

Aujourd’hui, alors que leurs missions originelles ont souvent disparu, nombre de ces lignées anciennes sont menacées. Le statut de « Race indigène vulnérable » attribué à plusieurs d’entre elles par le Kennel Club nous rappelle la fragilité de cet héritage.

Protéger ces races, c’est préserver une partie vivante de notre histoire commune. C’est reconnaître la valeur de ces chiens qui ont traversé les siècles à nos côtés, et assurer que leurs histoires uniques continueront d’être racontées aux générations futures.

Selon la source : countryliving.com

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