Trump affirme avoir la meilleure cote d’approbation parmi les présidents en exercice
Auteur: Simon Kabbaj
420 jours au pouvoir, un bilan en demi-teinte

Voilà 420 jours que Donald Trump a entamé son mandat. En ce début de printemps, sa cote de popularité reste fragile. Son indice net d’approbation s’établit à -17, bien que ce chiffre marque une légère hausse de 0,4 point par rapport à la semaine précédente. Dans le détail, 40 % des Américains approuvent son action, tandis que 56 % la désapprouvent et 4 % ne se prononcent pas.
Le 9 mars, s’adressant à des membres du Congrès républicain, le président a lancé une question rhétorique : « o you notice you don’t hear that word anymore? ». Le mot auquel il faisait référence, « affordability » (le caractère abordable du coût de la vie), semble en effet avoir été éclipsé par un événement majeur : le déclenchement, le 28 février, de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
La guerre en Iran : un pari qui divise l’opinion

Contrairement à ce que l’on observe parfois en temps de crise, le conflit iranien n’a pas provoqué d’effet de ralliement national autour du président. La guerre elle-même est largement impopulaire. Un sondage révèle que 52 % des Américains désapprouvent la manière dont Donald Trump gère la situation.
Cependant, ce sentiment n’est pas uniforme à travers le spectre politique. Le conflit est populaire au sein de l’électorat républicain, et tout particulièrement chez les électeurs qui se décrivent eux-mêmes comme des « MAGA Republicans ». Pour ce noyau dur, la gestion de la crise par le président semble donc recueillir une adhésion franche.
L’immigration, un dossier brûlant et remanié

Sur le front de l’immigration, la politique de Donald Trump trouve un soutien plus affirmé, bien que son bilan reste globalement perçu négativement. Un événement marquant est survenu le 6 mars avec le limogeage de Kristi Noem, la cheffe du Département de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security).
Kristi Noem était devenue le visage de la campagne massive d’expulsions menée par l’administration. Elle incarnait également la politique de répression de l’immigration dans les villes démocrates, une opération qui a conduit à la mort de deux citoyens américains. Selon un sondage réalisé par l’institut YouGov, une majorité de personnes interrogées a approuvé son renvoi.
Le portefeuille des Américains, une préoccupation tenace
Si le président estime avoir « résolu » le problème du coût de la vie, les inquiétudes des Américains concernant l’inflation et les prix n’ont pas disparu. L’indice d’approbation net de Donald Trump sur cet enjeu économique crucial stagne à -32, un chiffre qui n’a presque pas évolué depuis le mois d’octobre.
La situation pourrait même s’aggraver. Le 10 mars, le prix moyen de l’essence avait déjà augmenté de 19 % par rapport à la période d’avant-guerre. L’avenir de cette perception publique reste incertain. Il pourrait s’améliorer lorsque les baisses d’impôts qu’il a approuvées entreront en vigueur. L’arrivée par la poste de chèques de remboursement d’impôts de grande taille (« jumbo-sized refund cheques »), après la fin de la saison des déclarations en avril, pourrait également jouer en sa faveur.
Une Amérique fragmentée, état par état

En s’appuyant sur les données de YouGov, le magazine The Economist a réalisé une projection de la cote de popularité de Donald Trump dans chaque État. Sans surprise, le soutien au président est au plus bas dans les États qui votent traditionnellement démocrate, et au plus haut dans ceux acquis aux républicains. Ses électeurs de 2024 continuent d’approuver massivement son action.
Néanmoins, cette projection met en lumière une insatisfaction largement répandue, y compris dans des États qui l’ont porté au pouvoir. Ces chiffres sont une source d’inquiétude pour les candidats républicains qui devront affronter des élections serrées lors des scrutins de mi-mandat de cette année. La fracture se retrouve aussi dans la démographie : les électeurs blancs et les hommes sont les plus susceptibles de le soutenir, tandis que les jeunes, les minorités ethniques et les diplômés de l’université ou du supérieur sont les plus critiques. Fait notable, les électeurs en âge de prendre leur retraite, d’ordinaire un bloc solide pour les républicains, affichent une surprenante tiédeur à son égard.
Quand l’Histoire s’invite dans les sondages

Karl Marx affirmait que les hommes font leur propre histoire, mais qu’ils ne la font pas selon les circonstances qu’ils ont choisies. Cette observation s’applique autant à Donald Trump qu’à n’importe quel autre dirigeant. L’opinion publique durant son premier mandat avait été dominée par la question de la santé, notamment après l’éclatement de la pandémie de Covid-19. Plus tard, les effets économiques de cette pandémie et l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 ont fait de l’inflation le sujet majeur de la présidence de Joe Biden.
Les préoccupations varient aussi fortement selon l’affiliation politique. Pour la base républicaine de Trump, l’immigration, les impôts et les dépenses du gouvernement sont des enjeux clés. Les démocrates, eux, se montrent plus inquiets de la santé et du changement climatique. Les données hebdomadaires recueillies par YouGov depuis 2017 confirment que ce sont bien ces grands événements et ces clivages partisans qui, plus que tout, façonnent les priorités du peuple américain.
Créé par des humains, assisté par IA.