Trump avertit d’un « avenir très sombre » si les alliés de l’OTAN refusent d’ouvrir le détroit d’Hormuz
Auteur: Simon Kabbaj
Tension en mer, pression sur les alliés

Alors que la guerre avec l’Iran entre dans sa troisième semaine, les répercussions se font sentir sur l’économie mondiale. Le prix du pétrole a frôlé les 105 dollars le baril ce lundi, une conséquence directe du blocage par l’Iran du détroit d’Ormuz, une artère maritime par laquelle transite habituellement près d’un cinquième des approvisionnements mondiaux en or noir. Face à cette situation critique, le président américain Donald Trump a de nouveau exhorté les pays de l’OTAN, ainsi que la Chine, à participer à la sécurisation de ce passage stratégique.
Dès samedi, le président américain avait publiquement appelé la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d’autres nations à dépêcher des navires de guerre dans la région. Pour l’heure, aucun de ces pays n’a officiellement répondu à sa demande. Impatient, Donald Trump a durci le ton lors d’une interview accordée au Financial Times dimanche soir, lançant un avertissement à peine voilé à ses partenaires de l’Alliance atlantique. Leur refus de coopérer, a-t-il déclaré, « serait très mauvais pour l’avenir de l’OTAN ».
Des réponses prudentes face à l’insistance américaine

Face à la presse, Donald Trump a affirmé avoir sollicité l’aide de sept pays pour escorter les navires à travers le détroit d’Ormuz, précisant que certains avaient accepté sans toutefois révéler leur identité. Il a martelé qu’il était dans l’intérêt de ces nations de participer, citant notamment la Chine, très dépendante du pétrole transitant par cette voie. Il a également prévenu que les États-Unis « se souviendraient » si leurs alliés de l’OTAN ne répondaient pas présents.
Pourtant, la réaction internationale reste marquée par une grande prudence. Il faut dire que les relations entre Donald Trump et les membres de l’OTAN ont été tendues, que ce soit durant son premier mandat ou depuis son retour à la présidence. Ses doutes exprimés sur la pertinence de l’alliance d’après-guerre, ses critiques acerbes sur les faibles dépenses de défense de ses partenaires et ses menaces de retirer les États-Unis de l’organisation ont laissé des traces.
Du côté de l’Union Européenne, la cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas, a indiqué lundi s’être entretenue avec le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, sur les moyens de débloquer le détroit. « Il est dans notre intérêt de garder le détroit d’Ormuz ouvert et c’est pourquoi nous discutons également de ce que nous pouvons faire à cet égard du côté européen », a-t-elle expliqué. À Londres, Downing Street est resté évasif, confirmant simplement un appel entre le Premier ministre Keir Starmer et Donald Trump sur « l’importance de rouvrir le détroit pour mettre fin à la perturbation du transport maritime mondial », selon la BBC. Le secrétaire britannique à l’Énergie, Ed Miliband, a ajouté à la BBC : « vous pouvez être assurés que toutes les options qui peuvent aider à la réouverture du détroit sont examinées de concert avec nos alliés ». Keir Starmer doit d’ailleurs s’exprimer lors d’une conférence de presse plus tard dans la journée de lundi.
L’Asie entre obligations et contraintes légales

La Chine, directement visée par les appels de Donald Trump, s’est contentée de déclarer que le maintien de l’ouverture du détroit était crucial pour le commerce international, son ministère des Affaires étrangères appelant à la fin des hostilités. L’enjeu est de taille pour Pékin, d’autant que le président américain doit s’y rendre à la fin du mois. Une visite que Donald Trump a laissé entendre qu’il pourrait annuler, en fonction de la décision chinoise sur l’envoi de navires de guerre.
La Corée du Sud a fait savoir qu’elle « examinait » la requête américaine. Le Japon, en revanche, se heurte à des obstacles juridiques. Sa législation limite très strictement les déploiements militaires à l’étranger, et Tokyo a laissé entendre qu’une opération dans le détroit d’Ormuz pourrait ne pas être conforme à ses lois. La Première ministre Sanae Takaichi a été claire devant le parlement : « Nous n’avons pris absolument aucune décision concernant l’envoi de navires d’escorte. Nous continuons d’examiner ce que le Japon peut faire de manière indépendante et ce qui peut être fait dans le cadre légal ». Cette question sera sans aucun doute au cœur des discussions lors de sa visite à la Maison Blanche, prévue ce jeudi.
Enfin, l’Australie a offert la réponse la plus directe. Le pays a confirmé ne pas avoir été sollicité par Washington et a déclaré qu’il n’enverrait aucun navire dans la région.
Le conflit s’étend, les frappes se multiplient

Sur le terrain, la situation militaire ne cesse de se dégrader. L’armée israélienne a annoncé lundi avoir « commencé des opérations terrestres limitées et ciblées contre des bastions clés du Hezbollah dans le sud du Liban, visant à renforcer la zone de défense avancée ». Des informations font également état de bombardements intenses sur Téhéran, la capitale iranienne. Dans le même temps, les forces israéliennes ont détecté des tirs de missiles iraniens en direction de leur territoire, appelant les populations des zones concernées à se mettre à l’abri.
Pendant ce temps, l’Iran poursuit ses attaques contre ses voisins du Golfe, et ce, bien que son ministre des Affaires étrangères ait nié dimanche que son pays visait des infrastructures civiles. Lundi, l’aéroport international de Dubaï a rapporté qu’un drone avait percuté un réservoir de carburant, provoquant un incendie. Si aucun blessé n’est à déplorer, l’aéroport a dû suspendre brièvement ses opérations, et la compagnie aérienne Emirates a interrompu ses vols.
L’Arabie saoudite a également annoncé avoir été la cible de « dizaines de drones », affirmant les avoir tous abattus avant qu’ils n’atteignent leurs cibles.
Un lourd tribut humain après trois semaines de guerre

Le coût humain de ce conflit ne cesse de s’alourdir. Les chiffres officiels témoignent de la violence des combats et de leur impact sur les populations civiles. À ce jour, le conflit a causé la mort de 13 militaires américains et d’au moins 12 civils israéliens.
Le bilan est particulièrement lourd pour les populations iranienne et libanaise. En Iran, plus de 1 200 civils ont été tués, et jusqu’à 3,2 millions de personnes ont été temporairement déplacées par les affrontements. Au Liban, on dénombre plus de 800 morts et plus de 800 000 personnes déplacées, fuyant les zones de combat.
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