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Des robots humanoïdes seraient déployés sur les lignes de front dans la guerre en Ukraine
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’arrivée des combattants de métal sur le front

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C’est une nouvelle étape dans l’évolution des systèmes de combat robotisés. Deux robots soldats ont été livrés en Ukraine pour y être évalués directement sur le champ de bataille. Ces machines, des modèles humanoïdes baptisés Phantom MK-1, ont été envoyées en février par la start-up américaine Foundation, selon les déclarations de l’entreprise.

Le conflit ukrainien est progressivement devenu un terrain d’essai grandeur nature pour les technologies militaires émergentes. Il attire de nombreuses entreprises de la défense et des start-ups occidentales désireuses de tester leurs innovations dans des conditions réelles. La société de robotique Foundation, basée à San Francisco, ne fait pas exception et prévoit de déployer ses robots humanoïdes au plus près de la ligne de front afin d’affiner leurs capacités opérationnelles.

Pour rappel, c’est en octobre 2025 que Foundation avait dévoilé le Phantom MK-1, un robot humanoïde présenté comme étant spécifiquement conçu pour le combat. Il est considéré comme l’un des premiers de sa catégorie à avoir été construit pour un usage guerrier.

Un baptême du feu pour la reconnaissance

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La confirmation de cet envoi est venue directement de l’un des dirigeants de l’entreprise. Dans une récente interview accordée au magazine Time, le co-fondateur de Foundation, Mike LeBlanc, a précisé que la société avait déployé deux robots humanoïdes Phantom MK-1 en Ukraine au mois de février. Selon le média Futurism, ces robots ont été affectés à des missions de reconnaissance sur la ligne de front. L’objectif : tester la plateforme dans un environnement de combat réel.

Ce déploiement pourrait constituer le tout premier cas connu de test d’un robot humanoïde sur les lignes de front de la guerre russo-ukrainienne. Pour Mike LeBlanc, l’enjeu est stratégique. Il a affirmé que l’entreprise est convaincue que les robots pourraient, à terme, assumer des rôles dangereux sur le champ de bataille, actuellement tenus par des soldats humains.

Il a également ajouté que la plateforme Phantom est développée pour pouvoir manipuler une gamme de systèmes d’armement habituellement utilisés par les humains. Si le robot est déjà à l’essai dans des installations industrielles à travers le monde, son évaluation en Ukraine marque un tournant décisif.

L’Ukraine, un laboratoire technologique à ciel ouvert

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L’envoi des robots de Foundation s’inscrit dans une tendance plus large. L’Ukraine est devenue un pôle d’attraction pour les tests de nouvelles technologies militaires. D’après l’agence de presse d’État ukrainienne United24, le pays a mené des milliers d’opérations robotiques pour le seul mois de janvier. Le média Futurism rapporte que la plupart de ces opérations étaient axées sur la logistique, comme la livraison de munitions, d’armes et de ravitaillement aux troupes en première ligne.

Le champ d’application de ces robots ne se limite cependant pas au théâtre ukrainien. L’entreprise Foundation est également en contact étroit avec le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (Department of Homeland Security). D’après le site Militarnyi, des discussions sont en cours concernant l’utilisation potentielle des robots Phantom pour des opérations de patrouille le long de la frontière sud des États-Unis.

Portrait-robot du Phantom MK-1

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À quoi ressemble ce soldat de nouvelle génération ? Le Phantom MK-1 est conçu pour des rôles à la fois industriels et de défense, ce qui le place dans un groupe restreint de systèmes robotiques visant des applications à double usage. L’humanoïde mesure environ 1,75 mètre (5 pieds 9 pouces) et pèse entre 79 et 82 kilogrammes (175-180 livres). Il est pensé pour des tâches telles que la reconnaissance, le déminage et d’autres opérations terrestres à haut risque.

Sa vocation première est d’opérer dans des environnements dangereux où l’envoi de personnel humain serait jugé trop risqué. Parmi les rôles potentiels sur le champ de bataille figurent la surveillance, le soutien logistique ou encore la manipulation de matières dangereuses lors de missions militaires.

Sur le plan technique, le Phantom MK-1 s’appuie principalement sur des systèmes de vision par caméra plutôt que sur des capteurs complexes comme le LiDAR. Il utilise également des actionneurs cycloïdaux propriétaires qui lui confèrent à la fois force, fonctionnement silencieux et une capacité de « backdrivability » (réversibilité), permettant une interaction plus sûre avec les humains.

Une production de masse et un contrôle humain

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Foundation ne cache pas ses ambitions. L’entreprise accélère le développement de ses robots humanoïdes à capacité militaire avec un objectif de production ambitieux : jusqu’à 50 000 unités d’ici la fin de l’année 2027. Les plans de production prévoient un déploiement initial de plusieurs dizaines d’unités cette année, avant de passer à des milliers d’unités par an à mesure que la capacité de fabrication augmentera.

Le modèle économique est également défini. La société prévoit de louer les robots plutôt que de les vendre directement. Le coût de location annuel est estimé à environ 100 000 dollars par unité. Dans le secteur industriel, un fonctionnement continu pourrait permettre à un seul robot de remplacer plusieurs équipes de travail humaines.

Un point crucial demeure la question du contrôle. Le système est conçu sur un principe de « human-in-the-loop » (humain dans la boucle). Concrètement, les robots gèrent de manière autonome leurs mouvements et leur navigation, mais ce sont les opérateurs humains qui conservent l’autorité finale sur toute décision létale. Une garantie pour garder l’homme au centre du processus décisionnel.

Selon la source : interestingengineering.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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