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Nids-de-poule à Montréal : pourquoi les machines de réparation restent-elles au garage ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un printemps marqué par l’immobilisme des machines

À Montréal, le retour de la douceur printanière coïncide inévitablement avec l’apparition massive de nids-de-poule sur la chaussée. Pourtant, un constat surprenant s’impose en ce début de saison : le matériel spécialisé, censé accélérer les réparations, semble figé dans le temps. Alors que les automobilistes slaloment entre les crevasses, les équipements municipaux de pointe demeurent inutilisés.

Le constat est sans appel pour les observateurs de la vie urbaine. Toutes les colmateuses de la Ville de Montréal dorment actuellement au garage, alors même que la saison de réparation bat son plein à travers les différents arrondissements. Cette situation soulève de nombreuses interrogations sur la gestion des infrastructures routières de la métropole en cette période critique.

Le cri d’alarme du syndicat des cols bleus

Lors de la présentation du Plan printemps de l’administration municipale, le président du syndicat des cols bleus a tenu à faire entendre sa voix. Jean-Pierre Lauzon s’est invité à l’événement pour dénoncer une situation qu’il juge préoccupante concernant l’entretien des routes. Ses propos, rapportés lors d’une mêlée de presse, mettent en lumière un dysfonctionnement technique majeur.

Selon le représentant syndical, l’inaction des machines n’est pas un phénomène récent. « Les quatre appareils sont au garage et ne bougent pas. Il y en a une à Saint-Léonard, ça fait huit mois qu’elle n’a pas bougé », a déploré Jean-Pierre Lauzon devant les journalistes. Ce témoignage pointe directement une immobilisation prolongée d’une partie de la flotte de colmatage automatisé.

La défense de l’administration municipale

Face à ces critiques, Luis Miranda, l’élu responsable de la propreté au sein de l’administration de la mairesse Soraya Martinez Ferrada, a tenu à clarifier la position de la ville. Il a assuré que le déploiement des machines sur le terrain restait tributaire des conditions météorologiques, affirmant que les appareils étaient utilisés « en fonction de la température ».

Luis Miranda a vigoureusement soutenu que l’administration d’Ensemble Montréal n’avait pas failli à sa tâche en matière de nids-de-poule. « C’est la température qui a fait en sorte qu’on a beaucoup plus de nids-de-poule. Je suis venu sur la rue Notre-Dame et c’est vrai qu’il y en a. Les gars réparent le lendemain, c’est fini », a-t-il déclaré, soulignant la réactivité des équipes de terrain malgré l’ampleur du problème sur des axes majeurs.

Un vide contractuel qui pose question

credit : lanature.ca (image IA)

L’origine de cette paralysie pourrait trouver son explication dans des révélations faites au début du mois de février. Le Journal avait alors mis en lumière une situation administrative complexe : la Ville de Montréal se retrouvait sans contrat de colmatage automatisé depuis le 31 décembre dernier. Cette rupture de service fait suite à l’annulation mystérieuse d’un appel d’offres qui aurait dû assurer la transition.

Ce vide contractuel semble être le nœud du problème actuel. Sans accord formel pour l’exploitation de ces technologies automatisées, la municipalité se retrouve privée d’un levier d’action moderne et rapide pour traiter les milliers de cavités qui parsèment le réseau routier montréalais. Comment l’administration compte-t-elle pallier ce manque d’automatisation sur le long terme ?

Le retour forcé aux méthodes manuelles

credit : lanature.ca (image IA)

Pour répondre à l’urgence de la situation, l’administration Martinez Ferrada a dû réagir promptement après l’échec de son processus d’appel d’offres. Quelques jours seulement après les révélations sur l’absence de contrat automatisé, la Ville a octroyé dix contrats de gré à gré en urgence. Ces ententes visent à assurer la sécurité minimale sur les routes montréalaises.

Toutefois, cette solution de secours marque un retour en arrière technique significatif. Faute de colmateuses fonctionnelles ou autorisées, le travail s’effectue désormais manuellement, à la pelle. Ce choix, dicté par la nécessité, interroge sur l’efficacité et la pérennité d’une telle méthode de réparation face à l’ampleur de la dégradation des chaussées en cette saison printanière.

Selon la source : journaldemontreal.com

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