Une voyageuse pourrait ne jamais entrer en Australie en raison d’un problème médical rare
Auteur: Simon Kabbaj
Un voyage impossible vers l’Australie

Regan Sparks, une jeune Britannique de 23 ans, ne pourra sans doute jamais fouler le sol australien. Pour cette baroudeuse passionnée, dont le rêve était de découvrir le pays-continent, la porte s’est refermée. Une décision administrative qui met un terme brutal à ses espoirs, malgré une vie dédiée à l’aventure et au dépassement de soi.
Pourtant, le voyage est une seconde nature pour elle. Regan a déjà parcouru une multitude de destinations prisées en Europe et en Asie. Elle a descendu des tyroliennes, gravi des montagnes et s’est même lancée dans l’entraînement pour le marathon de 10 km de Paris. Un parcours impressionnant, d’autant plus qu’elle vit avec une maladie chronique rare : la mucoviscidose.
La mucoviscidose, un obstacle jugé insurmontable
prompt image: IMAGE_PROMPT: Vue en gros plan d’un passeport britannique posé sur une table, avec à côté des boîtes de médicaments et un stéthoscope. En arrière-plan flou, une carte de l’Australie. Éclairage de studio, ambiance sérieuse et clinique.
La mucoviscidose, ou cystic fibrosis en anglais, est une maladie génétique qui provoque l’épaississement du mucus, obstruant les poumons et le système digestif et pouvant entraîner des infections chroniques. C’est cette condition qui a motivé le refus de sa demande de visa vacances-travail pour l’Australie en février dernier, alors même que plusieurs pays voisins d’Asie du Sud-Est l’avaient accueillie sans difficulté.
Selon le gouvernement Albanese, en place en Australie, la jeune femme représenterait un fardeau médical trop important. Sa dépendance à un traitement médicamenteux pour gérer sa maladie à l’étranger a été un point de blocage. Pour autant, Regan est loin d’être imprudente. Elle est suivie par une équipe de médecins à Londres qui évalue systématiquement son aptitude à voyager et s’assure qu’elle est préparée à toute urgence potentielle. C’est grâce à ce suivi rigoureux qu’elle a pu explorer des lieux reculés du globe.
Deux ans de démarches pour un double refus

La bataille de Regan Sparks avec l’administration australienne a duré plus de deux ans et lui a coûté environ 1 000 dollars en examens médicaux, rapporte le Daily Mail. Dès sa demande en 2023, elle avait déclaré sa maladie en toute transparence, s’engageant même à financer personnellement tous ses soins de santé, sans recourir à Medicare, le système de santé public auquel les citoyens britanniques ont normalement droit en Australie.
Malgré cette précaution, sa demande de visa vacances-travail a été rejetée. Un premier appel a également été refusé. Puis, ce fut au tour de sa demande de visa de touriste d’être éconduite. C’est sur les réseaux sociaux que la jeune femme a finalement partagé son histoire, expliquant avec émotion qu’elle « ne sera jamais autorisée à entrer en Australie ».
Un sentiment de discrimination « barbare »

En larmes face à ses abonnés, Regan a confié : « Je n’aurais jamais pensé que ce serait un problème ». Elle a découvert que le rejet était fondé sur la crainte que sa maladie ne pèse sur le système Medicare, bien qu’elle n’ait pas été hospitalisée depuis plus de deux ans. Pour appuyer son dossier, elle avait pourtant fourni des lettres de ses médecins londoniens ainsi que de l’Australian Cystic Fibrosis Research Trust, une fondation de recherche australienne sur la maladie.
Dans une vidéo, elle cite le point de vue de la fondation : « [le Trust] a en gros dit que c’est barbare de ne pas laisser quelqu’un entrer sur la base d’une hypothèse générale ». Regan a expliqué que le gouvernement avait basé sa décision sur le cas d’une « personne hypothétique de mon âge, avec ma maladie, et combien je pourrais hypothétiquement leur coûter », plutôt que sur sa situation personnelle. « Ce qui est juste fou parce que… la mucoviscidose est très individuelle, elle affecte tout le monde différemment, et moi-même je gère la mienne très bien », a-t-elle souligné.
La seule voie d’entrée qui lui resterait, ironise-t-elle, serait d’épouser un Australien. « Je pense que c’est tellement discriminant… la raison pour laquelle je suis si bouleversée, c’est que personnellement, je n’ai jamais, jamais laissé la mucoviscidose m’empêcher de faire quoi que ce soit », a-t-elle poursuivi. « C’est la première fois de ma vie que je ressens de la haine envers ma mucoviscidose. Que je me suis sentie différente à cause de ma maladie. C’est la première fois que mon handicap se met en travers de ma vie. »
La position officielle de l’Australie

Interrogé par la publication, un porte-parole du ministère de l’Intérieur australien a apporté des éclaircissements sur la procédure. « À l’exception de la tuberculose, l’exigence de santé pour la migration n’est pas spécifique à une pathologie, et l’évaluation est effectuée individuellement pour chaque demandeur en fonction de sa condition et de son niveau de gravité », a-t-il déclaré.
Le porte-parole a ajouté que « le fait d’avoir une maladie ou un problème de santé ne signifie pas qu’un demandeur ne satisfera pas à l’exigence de santé pour la migration ». Il a cependant confirmé un critère financier : les autorités évaluent si une condition est susceptible d’engendrer des coûts supérieurs à 86 000 dollars. Il a également validé l’approche dénoncée par Regan, précisant que ces coûts sont calculés en se basant sur une « personne hypothétique ayant la même condition ».
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