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Des scientifiques ont trouvé un pot en argile brisé contenant 409 pièces d’or
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une trouvaille archéologique sous une maison en bois

Des fouilles archéologiques menées le long d’un tronçon de route historique dans l’oblast de Tver, en Russie, ont abouti à une découverte inattendue. Une équipe de l’Académie des sciences de Russie travaillait dans le quartier historique de Torzhok, situé à environ 135 miles au nord-ouest de Moscou. Les chercheurs exploraient les fondations en pierre d’une maison en bois lorsqu’ils ont repéré un objet inhabituel enfoui dans le sol.

Il s’agissait d’un pot en argile brisé, datant de plus de cent ans. L’intérêt des scientifiques ne s’est pas arrêté au contenant. De ce récipient s’échappaient exactement 409 pièces d’or, dissimulées sous la structure de la bâtisse.

L’information, relayée par le média Arkeonews, précise l’ampleur de cet événement archéologique. Les spécialistes qualifient ce butin comme l’une des plus grandes collections de pièces d’or datant de la fin de l’Empire russe jamais découvertes sur le territoire.

L’inventaire du contenant et de la monnaie

Le contenant est identifié comme une jarre de type « kandyushka ». Ce récipient se caractérise par une argile vernissée de couleur jaune-brun, un col étroit et une anse arrondie. Retrouvé cassé sous la pierre de fondation, le pot conservait encore une partie des pièces à l’intérieur de sa structure, tandis que le reste du trésor s’était répandu tout autour dans la terre.

Le trésor est constitué exclusivement de pièces d’or de 10 roubles. Ces pièces représentaient une forme de monnaie courante à cette époque. Les experts ont constaté que l’ensemble des éléments numismatiques a été frappé entre les années 1848 et 1911.

L’analyse chronologique montre que les pièces les plus anciennes remontent au règne de Nicolas Ier. La grande majorité de cet or date toutefois de l’époque de Nicolas II. L’absence totale de pièces frappées après l’année 1911 indique aux chercheurs que ce magot a été dissimulé très peu de temps après cette date.

Une cachette aménagée pendant la Révolution russe

La dissimulation de cette fortune correspond à une période de profonds bouleversements. La chronologie des pièces coïncide avec les événements tumultueux entourant la Révolution russe, vers 1917. Ce climat de grande incertitude, qui a finalement mené à la création de l’Union soviétique, poussait de nombreux citoyens à protéger leurs objets de valeur par tous les moyens.

L’enfouissement de biens sous les fondations en pierre des maisons constituait une méthode de sauvegarde courante face à l’instabilité politique. L’histoire du bâtiment ajoute une dimension supplémentaire à cette découverte : la maison en bois située au-dessus de la fondation a été détruite au cours de la Seconde Guerre mondiale, avant d’être reconstruite ultérieurement au même emplacement.

Les numismates et les historiens de l’économie affichent un grand enthousiasme face à cette mise au jour. Il est en effet très fréquent que les pièces d’or de cette période aient été fondues au cours des décennies suivantes. L’étude d’une collection d’une telle envergure offre aux chercheurs l’opportunité d’approfondir leurs connaissances sur les pratiques monétaires et la distribution des devises de cette époque précise.

L’étude des archives pour identifier les résidents

Afin de percer le mystère de ce trésor, les experts se sont plongés dans l’examen de documents historiques vieux de plus de cent ans. Les registres ont permis de cibler la rue Sanovaya, une voie très connue à l’époque, située à proximité immédiate du lieu de la découverte.

Les historiens ont déterminé que 24 foyers habitaient sur cette rue entre les années 1914 et 1921. Ces habitations se trouvaient non loin d’un point de repère majeur du quartier : l’église Dmitrievskaya, un édifice religieux qui est resté debout jusqu’aux années 1930 avant de disparaître.

Les archives révèlent la présence de résidents aux profils très variés dans ce secteur. Le voisinage comprenait un groupe de prêtres rattachés à l’église, des marchands, des cordonniers, des serruriers, des commis, des tailleurs, des ouvriers, ainsi qu’un comptable et un trésorier. Malgré cette liste détaillée, le système de numérotation moderne des rues ne correspond plus aux adresses d’il y a un siècle. Il est par conséquent peu probable de réussir à identifier avec exactitude la maison historique ou le propriétaire initial du butin.

Examen minutieux et conservation muséale

L’impossibilité de nommer le propriétaire de cette jarre n’altère en rien la valeur scientifique de la trouvaille. L’inventaire précis du voisinage de la rue Sanovaya fournit un contexte sociologique précieux qui accompagne l’analyse purement matérielle de l’or exhumé.

Le travail d’investigation se poursuit actuellement en laboratoire. Les chercheurs mènent un examen complet de chacune des 409 pièces afin de documenter leur état de conservation, leur usure et leurs caractéristiques de frappe, enrichissant ainsi la base de données de l’Académie des sciences de Russie.

Une fois que cet examen approfondi sera terminé, le grand public pourra observer ce pan de l’histoire. L’intégralité de la découverte sera transférée et exposée au Musée historique et ethnographique panrusse, situé dans la ville de Torzhok.

Selon la source : popularmechanics.com

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