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Ultimatum de 48h : Le détroit d’Ormuz au cœur d’une crise mondiale
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un corridor maritime vital sous le coup d’un ultimatum

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La tension géopolitique atteint un nouveau sommet alors que Donald Trump a accordé un ultimatum de 48 heures à l’Iran concernant le détroit d’Ormuz. Le conflit, qui entre dans sa quatrième semaine, a presque totalement paralysé le transport de marchandises à travers ce corridor stratégique. Cette voie maritime est essentielle, puisqu’elle assure le transit d’environ 20 % du pétrole et du gaz naturel mondiaux.

Les conséquences économiques de ces menaces sont foudroyantes. Un véritable choc d’approvisionnement énergétique a frappé la planète, propulsant les prix du brut vers des sommets vertigineux. Vendredi, les contrats à terme du Brent, la référence internationale, ont clôturé à 112,19 dollars.

Face à ce blocage, certaines nations cherchent des alternatives pour maintenir leurs cargaisons en mouvement. Suite à un engagement diplomatique de New Delhi, la marine iranienne a ainsi guidé un méthanier indien (transportant du gaz naturel liquéfié, ou GNL) à travers le détroit. Les responsables iraniens ont toutefois signalé leur réticence à toute discussion portant sur la réouverture générale de cette route maritime en plein milieu des combats.

Les manœuvres économiques de Washington face à l’inflation

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Pour tenter d’atténuer la flambée des prix de l’énergie, le Trésor américain a pris une mesure extraordinaire. Il a autorisé la vente de pétrole et de produits pétrochimiques iraniens qui avaient déjà été chargés sur des pétroliers, faisant ainsi une entorse aux sanctions existantes. Les États-Unis pompent des quantités record de pétrole et de gaz sur leur propre territoire, les rendant moins dépendants des ressources du Moyen-Orient que la Chine, le Japon ou d’autres nations. Le choc de l’offre lié au détroit se fait malgré tout ressentir par une hausse des prix à l’échelle mondiale.

Quelles sont les répercussions de cette crise sur la politique intérieure américaine ? Ces pics de prix représentent un risque majeur pour Donald Trump. Les élections de mi-mandat approchent dans tout juste huit mois, un scrutin qui devrait largement dépendre de la perception qu’ont les électeurs de l’économie américaine et du coût de la vie.

Sur le plan international, le président américain avait promis des escortes navales ainsi qu’un programme de réassurance soutenu par le gouvernement pour abaisser les obstacles au passage des navires commerciaux dans le détroit. Les efforts de Donald Trump pour recruter les alliés des États-Unis dans cette mission ont largement été repoussés. En retour, le locataire de la Maison-Blanche a fustigé les autres membres de l’OTAN, les qualifiant de « lâches » pour ne pas se joindre à l’effort. Aucun signe n’indique qu’un pétrolier ait, à ce jour, transité avec l’aide de la marine américaine.

Une escalade militaire directe et meurtrière

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Les affrontements ne se limitent pas aux voies maritimes, les actifs énergétiques de la région étant de plus en plus ciblés à mesure que les attaques s’étendent. Mercredi dernier, Israël a frappé le gisement gazier de South Pars. L’Iran a immédiatement riposté en lançant ses propres salves sur la plus grande installation de GNL au monde, située au Qatar. Donald Trump avait pourtant lancé un appel antérieur pour obtenir l’arrêt des frappes d’Israël sur les infrastructures énergétiques de la région, redoutant que cela n’inspire des attaques de représailles de l’Iran sur les installations pétrolières et gazières, limitant davantage le flux de ces approvisionnements vers les marchés mondiaux.

Samedi, Israël et l’Iran ont échangé de nouvelles frappes de missiles. Plus de 100 personnes ont été blessées dans le sud d’Israël par de multiples attaques iraniennes. Téhéran cherchait à riposter à une précédente attaque contre sa propre installation nucléaire de Natanz. L’Iran a affirmé avoir tiré des missiles sur la ville israélienne de Dimona, qui prête son nom à un centre de recherche nucléaire voisin. La télévision d’État iranienne a qualifié cette opération de réponse à l’attaque de Natanz.

Le bilan de ces bombardements est lourd pour les populations civiles. Les autorités israéliennes ont déclaré qu’environ 47 personnes avaient été blessées lors de cette première vague. Une deuxième frappe a touché le sud d’Israël, dans la ville d’Arad, où trois immeubles résidentiels ont subi des dommages importants. Les responsables hospitaliers ont indiqué que plus de 60 personnes y avaient été blessées, dont sept ont dû être transportées à l’hôpital.

Infrastructures électriques et frappes à longue distance

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Le réseau électrique iranien est désormais ouvertement mentionné dans les stratégies militaires. Contrairement aux attaques sur d’autres actifs énergétiques comme le champ gazier de South Pars, frapper le secteur de l’électricité iranien n’aurait pas de répercussions immédiates sur l’approvisionnement énergétique mondial. Selon des données compilées par Bloomberg, l’Iran compte 98 centrales électriques au gaz naturel opérationnelles. Parmi les plus importantes figurent la centrale à cycle combiné de Damavand, au sud-est de Téhéran, la centrale de Ramin au nord d’Ahvaz, et l’installation de Kerman à Chatroud.

La menace de Donald Trump de commencer par frapper les plus grandes installations électriques de l’Iran pourrait constituer une référence voilée à la centrale nucléaire de Bouchehr. Le président américain envoie par ailleurs des signaux contradictoires, laissant les gouvernements et les marchés se démener pour suivre l’évolution de ses messages. Vendredi, il a publié ce commentaire : « Nous sommes sur le point d’atteindre nos objectifs alors que nous envisageons de réduire nos formidables efforts militaires au Moyen-Orient. »

Jusqu’où s’étendent les nouvelles capacités d’action iraniennes ? Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a contredit la vision américaine dès samedi, affirmant que la campagne conjointe s’intensifierait considérablement. La veille, Téhéran avait en effet lancé des missiles balistiques sur la base militaire conjointe américano-britannique de Diego Garcia, située à près de 2500 miles (4000 kilomètres) de l’Iran. Selon une personne familière du dossier s’exprimant sous couvert d’anonymat, la base n’a subi aucun dommage. L’attaque a néanmoins démontré une capacité d’action qui dépasse largement ce que l’Iran était censé posséder.

Le G7 condamne fermement les attaques iraniennes

Face à ce risque d’embrasement généralisé, les réactions diplomatiques se multiplient. Les ministres des Affaires étrangères du Groupe des Sept (G7) ont publié une déclaration dimanche pour condamner les opérations militaires menées par Téhéran. Ils ont dénoncé les « attaques imprudentes contre des civils et des infrastructures civiles, y compris des infrastructures énergétiques, à Bahreïn, au Koweït, à Oman, au Qatar, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, en Jordanie et en Irak. »

Le groupe des sept grandes puissances a souligné que ces frappes menacent directement la sécurité régionale et mondiale, appelant à une cessation immédiate et inconditionnelle de toutes les attaques de l’Iran. Le communiqué insiste sur la légitime défense des nations touchées : « Nous soutenons le droit des pays injustement attaqués par l’Iran ou par des mandataires iraniens de défendre leurs territoires et de protéger leurs citoyens. »

Le G7 a réitéré sa conviction absolue que l’Iran ne doit jamais obtenir l’arme nucléaire et qu’il doit impérativement mettre un terme à son programme de missiles balistiques. Les informations ayant permis de reconstituer ce fil complexe d’événements ont été rassemblées avec l’assistance des journalistes Patrick Sykes, Galit Altstein, Dan Williams et Sing Yee Ong.

Selon la source : bostonglobe.com

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