La Havane sur le qui-vive face à Washington : entre préparation militaire et crise énergétique
Auteur: Adam David
Une armée sur le pied de guerre face à Washington

La Havane prend l’hypothèse d’une incursion armée sur son territoire avec un grand sérieux. Le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio, a accordé un entretien à la chaîne de télévision américaine NBC, diffusé ce dimanche. Lors de cet échange médiatique, le haut fonctionnaire a affirmé que l’État insulaire se prépare à une éventuelle invasion menée par l’armée des États-Unis.
Malgré ces préparatifs de défense militaire, le représentant de La Havane a tenu à préciser que son gouvernement ne souhaite en aucun cas aggraver sa relation avec son voisin nord-américain, ni avec le président Donald Trump. Le responsable a explicité la posture de ses troupes face aux caméras. « Notre armée est toujours prête », a déclaré Carlos Fernandez de Cossio sur la télévision américaine NBC.
Le responsable politique a mis en perspective cette mobilisation avec l’état géopolitique global actuel. « De fait, elle se prépare ces jours-ci à la possibilité d’une agression militaire. En regardant ce qu’il se passe dans le monde, nous serions naïfs de ne pas le faire. », a complété le représentant du gouvernement cubain.
Une volonté affichée de maintenir le dialogue
Derrière ces manœuvres de prévention, la diplomatie cubaine maintient une ligne appelant à la désescalade. Le vice-ministre des Affaires étrangères a exprimé son interrogation quant aux fondements d’une hypothétique attaque armée sur le sol cubain. « Mais nous espérons que cela n’arrivera pas. Nous ne voyons pas pourquoi ça arriverait, comment cela pourrait-il se justifier ? », s’est interrogé le ministre.
La stratégie de l’administration insulaire repose sur un équilibre entre la revendication de sa souveraineté et le maintien des canaux diplomatiques. La communication officielle du gouvernement reste orientée vers le refus d’un affrontement direct avec les forces armées nord-américaines.
Cette posture s’accompagne d’une fermeté sur les prérogatives de la nation. « Cuba ne souhaite pas de conflit avec les États-Unis. Nous avons le besoin et le droit de nous protéger. Mais nous sommes prêts à nous asseoir pour discuter », a ajouté Carlos Fernandez de Cossio pour clore ce point.
L’asphyxie économique dans le sillage de l’histoire

L’opposition entre Washington et le pouvoir communiste en place sur l’île trouve ses racines dès la prise de pouvoir de 1959. Cette hostilité s’était matérialisée par un affrontement de grande envergure en 1961, lorsque les États-Unis avaient échoué à renverser le régime de Fidel Castro lors de l’opération ratée de la baie des Cochons.
Plus de six décennies plus tard, les tensions persistent et se concentrent désormais sur le terrain des échanges commerciaux. Dès le mois de janvier, l’administration américaine a accentué sa pression économique sur le pays par le biais de restrictions matérielles ciblées.
L’une des actions de cette politique a consisté à bloquer tout approvisionnement de l’île en hydrocarbures. Cette décision restrictive est intervenue de manière consécutive à un autre événement politique régional majeur, juste après avoir renversé son principal allié, le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro.
Les déclarations présidentielles américaines en question
Le climat de tension bilatérale a été alimenté par de récentes interventions publiques depuis la Maison-Blanche. Lundi, lors d’une prise de parole, Donald Trump a évoqué ses perspectives concernant la nation caribéenne devant son audience.
Le président des États-Unis a formulé ses intentions en employant des termes spécifiques sans développer le cadre de son action. Donald Trump a dit « croire » qu’il « aura l’honneur de prendre Cuba », sans préciser exactement ses propos.
Le chef de l’État nord-américain a complété son discours en abordant le futur politique de l’île. Il a également parlé de « libérer » le pays, une formulation sémantique qui a immédiatement fait réagir l’appareil d’État cubain.
Une population frappée par les pannes électriques

Sur le plan de la politique intérieure, ces enjeux géopolitiques s’ajoutent à des difficultés structurelles majeures touchant la population. Les autorités de l’île travaillaient dimanche matin à restaurer l’électricité après qu’une panne de courant nationale a encore frappé le pays samedi soir. Cette défaillance massive du réseau constitue la septième en près d’un an et demi.
Il est à noter que l’entretien du vice-ministre accordé à la chaîne NBC a été enregistré avant cette dernière coupure de grande ampleur. Interrogé sur la gestion administrative de ces défis logistiques, le responsable assure que son gouvernement « agit de la manière la plus proactive possible pour faire face à la situation ».
Le diplomate a établi un lien direct entre le tarissement des ressources imposé par Washington et la paralysie du réseau énergétique local. « Nous espérons vraiment que le carburant parviendra à Cuba d’une façon ou d’une autre et que ce boycottage qu’imposent les États-Unis ne durera pas et ne pourra pas être maintenu indéfiniment », a-t-il déclaré.
Selon la source : tvanouvelles.ca