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Il découvre 10 kg d’un trésor ancien à la chronologie impossible — puis les choses deviennent encore plus étranges
Crédit: lanature.ca (image IA)

Le mystère tenace du trésor de Villena

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Découvert en Espagne en 1963, un trésor antique n’a cessé d’alimenter les interrogations de la communauté scientifique. La trouvaille, connue sous le nom de Trésor de Villena, rassemble un ensemble exceptionnel de 66 pièces finement ouvragées. La controverse qui entoure cette collection depuis des décennies ne porte pas sur la propriété des artefacts, mais sur leur composition exacte.

Le nœud du problème se concentre sur deux des pièces les moins spectaculaires du lot : un bracelet ouvert, qui pourrait s’apparenter à un anneau, et une demi-sphère creuse. Ces objets présentent des caractéristiques métalliques qui semblaient défier toute logique historique, plaçant leur fabrication dans une chronologie qui ne correspondait pas aux connaissances établies sur l’âge du bronze ibérique.

Il aura fallu attendre l’année 2023 pour qu’un élément inattendu vienne apporter des réponses définitives à cette énigme vieille de soixante ans. Les chercheurs ont découvert que ces pièces présentaient des traces d’une origine extraterrestre, ouvrant une nouvelle page dans la compréhension des techniques métallurgiques préhistoriques.

L’inventaire d’une découverte historique

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L’histoire de cette collection débute précisément le 1er décembre 1963, sous les outils de l’archéologue Jose Maria Soler. Les fouilles mettent au jour une grande variété d’objets aux fonctions diverses. Le lot comprend des bols, des bracelets, des bouteilles ainsi que de multiples ornements en or.

L’une des particularités du Trésor de Villena réside dans le mélange des métaux qui le composent. On y dénombre notamment trois bouteilles en argent, un bracelet en fer, une autre pièce en fer ornée d’éléments en or, ou encore un bouton mariant l’ambre et l’or. La masse totale d’or purise s’élève à près de 22 livres, soit environ 10 kilos.

Cet assemblage de 66 objets repose aujourd’hui en Espagne. L’institution qui porte le nom de son découvreur, le Musée archéologique Jose Maria Soler, abrite ces artefacts avec une fierté justifiée. Le musée estime que la collection est « considérée comme le trésor préhistorique le plus important d’Europe. »

L’anomalie chronologique qui a divisé les experts

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Si le fer attire moins l’attention que l’or pur, c’est pourtant son origine qui a déconcerté les experts pendant des dizaines d’années. La datation des éléments en or découverts sur la péninsule ibérique indique une période de fabrication comprise entre 1200 et potentiellement 1500 avant Jésus-Christ. Cette estimation correspondait bien au reste des découvertes de la région.

La présence d’objets d’apparence ferreuse créait un véritable paradoxe. L’âge du fer et la fusion du fer terrestre n’ont pas commencé sur la péninsule avant 850 avant Jésus-Christ, au plus tôt. Les éléments en fer du Trésor de Villena représentaient donc un problème de datation insoluble selon les schémas classiques de l’archéologie.

Ce décalage temporel constituait une anomalie troublante. Les chercheurs faisaient face à des objets qui semblaient exister des siècles avant même que la technologie nécessaire à leur conception ne soit maîtrisée sur ce territoire.

L’intervention de la science et l’hypothèse spatiale

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Une étude publiée en 2023 dans la revue Trabajos de Prehistoria a apporté la pièce manquante du puzzle, rendant cette bizarrerie temporelle encore plus singulière. Les scientifiques ont procédé à des analyses de la teneur en nickel des deux pièces controversées. Les résultats ont montré qu’une teneur élevée en nickel correspond parfaitement aux caractéristiques du fer provenant d’un météore.

Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe de recherche a prélevé de petits échantillons sur les deux objets afin d’effectuer des relevés par spectrométrie de masse. Les niveaux élevés de corrosion n’ont pas permis d’obtenir un résultat totalement concluant dans un premier temps. Néanmoins, les données ont fourni aux auteurs une certitude suffisante pour affirmer qu’une météorite était bien la source du métal ferreux trouvé dans le trésor.

Le rapport de l’étude soutient que « les deux pièces sont faites de fer météoritique, ce qui implique la possibilité de situer leur chronologie à un moment donné de la fin de l’âge du bronze avant le début de la production de fer terrestre. »

Un savoir-faire inédit et une richesse collective

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Cette identification vient non seulement s’aligner sur l’âge de l’or du Trésor de Villena, mais elle marque un jalon historique. Il s’agit de la première existence connue de fer météoritique utilisé pour la production sur la péninsule ibérique.

Le coauteur de l’étude, Ignacio Montero Ruiz, chercheur à l’Institut d’histoire du Conseil supérieur de la recherche scientifique espagnol, s’est confié au magazine Smithsonian. Il explique : « Le fer était aussi précieux que l’or ou l’argent, et dans ce cas [il était] utilisé à des fins d’ornement ou de décoration, »

Le chercheur souligne que l’utilisation de cette « matière première inhabituelle » démontre la présence d’un métallurgiste hautement qualifié qui développait de nouvelles technologies. Le fait que ces pièces aient été intégrées au mélange du trésor prouve leur « valeur énorme. » Les historiens pensent que l’ensemble de cette collection appartenait à une communauté entière plutôt qu’à un seul individu.

Selon la source : popularmechanics.com

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