Un astronaute de la NASA soudainement incapable de parler dans l’espace : un incident médical qui reste inexpliqué
Auteur: Mathieu Gagnon
Un incident médical inédit dans l’histoire récente de la NASA
Le mystère médical demeure entier au sein de l’agence spatiale américaine. L’astronaute à l’origine de la toute première évacuation médicale de la NASA, survenue plus tôt cette année, a pris la parole ce vendredi pour évoquer son état de santé. Les médecins ignorent toujours les causes du mal soudain qui l’a frappé à bord de la Station spatiale internationale.
Âgé de 59 ans, Mike Fincke est un vétéran de l’exploration orbitale. Ce colonel de l’armée de l’air à la retraite, qui effectuait alors son quatrième vol spatial, s’est confié lors d’une entrevue accordée à l’Associated Press depuis le centre spatial Johnson de Houston. L’homme est revenu avec précision sur cet épisode singulier.
« C’était complètement inattendu. C’était juste incroyablement rapide, » a-t-il déclaré lors de cet entretien. L’astronaute n’avait jamais ressenti un tel symptôme auparavant et n’a subi aucune récidive depuis son retour sur la terre ferme. L’absence de précédents complique grandement la tâche des équipes de recherche médicale.
La soirée du 7 janvier, quand le silence s’est installé
L’incident s’est produit le 7 janvier. Ce soir-là, Mike Fincke dînait paisiblement tout en préparant mentalement la sortie dans l’espace programmée pour le lendemain. Il en était alors à cinq mois et demi de son dernier séjour à bord du complexe orbital.
Soudainement, l’astronaute a perdu l’usage de la parole. Il se souvient distinctement qu’il n’éprouvait aucune douleur physique au moment des faits, mais le phénomène l’a frappé tel « un éclair très, très rapide. » Cette incapacité soudaine à communiquer a duré environ vingt minutes.
Ce bouleversement physique a eu un impact direct sur le programme scientifique de la mission, provoquant l’annulation de la sortie extravéhiculaire prévue. Il s’agissait d’un moment clé du calendrier : cette marche spatiale aurait dû être la dixième de la carrière de Mike Fincke, mais la toute première pour sa coéquipière Zena Cardman.
Une réaction immédiate et des examens en apesanteur

La tension est montée brusquement à bord. « Mes coéquipiers ont certainement vu que j’étais en détresse, » a relaté l’astronaute. L’ensemble de l’équipage, composé de six personnes, s’est rapidement rassemblé autour de lui avec anxiété pour comprendre la nature du problème.
« Tout le monde sur le pont en l’espace de quelques secondes, » a-t-il précisé. Les astronautes ont immédiatement agi et réclamé l’assistance des médecins de vol basés au sol. La machine à ultrasons présente dans la station spatiale s’est révélée particulièrement utile au moment où l’événement s’est déclenché.
À l’heure actuelle, les médecins ont formellement écarté la piste de la crise cardiaque, et l’astronaute a lui-même confirmé qu’il ne s’étouffait pas. Toutes les autres hypothèses restent sur la table. Les spécialistes s’interrogent notamment sur un lien possible avec le cumul de ses 549 jours passés en apesanteur au cours de sa carrière.
Rapatriement anticipé et protection du secret médical

Face à cette situation clinique incertaine, une évacuation a été décidée. Le 15 janvier, soit plus d’un mois avant la date prévue, un vaisseau SpaceX a ramené Mike Fincke sur Terre. Ce vol de retour a également embarqué Zena Cardman ainsi que leurs deux autres coéquipiers, et l’équipage s’est dirigé directement vers l’hôpital dès l’atterrissage.
Depuis ce retour précipité, le vétéran a subi de nombreux tests médicaux. Parallèlement, la NASA épluche les dossiers médicaux des autres astronautes afin de déterminer si des cas similaires auraient pu se produire silencieusement dans l’espace. De son côté, Mike Fincke refuse de fournir davantage de détails sur son épisode médical.
L’agence spatiale souhaite en effet garantir aux autres membres du corps des astronautes que la confidentialité de leurs données de santé ne sera pas compromise en cas d’incident en orbite. C’est spécifiquement pour mettre fin aux intenses spéculations du public que Mike Fincke a révélé son identité à la fin du mois dernier.
Le réconfort de la hiérarchie et l’optimisme du vétéran
Le poids de la culpabilité a lourdement pesé sur l’astronaute, qui se sentait mal d’avoir causé l’annulation de la sortie spatiale et le retour anticipé de ses camarades. « J’ai eu beaucoup de chance d’être en super bonne santé. C’était donc très surprenant pour tout le monde, » a-t-il expliqué en évoquant ce coup d’arrêt brutal.
Il a fallu l’intervention de la haute direction pour qu’il cesse de s’excuser auprès de tout le monde. Le nouvel administrateur de la NASA, Jared Isaacman, lui a donné l’ordre formel d’arrêter. Ses collègues l’ont immédiatement rassuré : « Ce n’était pas toi. C’était l’espace, n’est-ce pas ? » lui ont-ils déclaré, ajoutant : « Tu n’as laissé tomber personne. »
L’homme affirme qu’il se sentait parfaitement bien juste après la vingtaine de minutes qu’a duré l’épisode, et qu’il se porte toujours aussi bien aujourd’hui. Éternel optimiste, Mike Fincke garde intact l’espoir de pouvoir, un jour, retourner dans l’espace.
Selon la source : phys.org