Ils creusaient un simple fossé de drainage — puis ont découvert un trésor d’or vieux de 1 300 ans
Auteur: Mathieu Gagnon
Une découverte inattendue sous les fondations du temple
Creuser un système de drainage est rarement un processus passionnant. L’expression prend pourtant une tout autre dimension en Thaïlande, où des équipes d’ouvriers ont récemment mis au jour une impressionnante collection de trésors en or sous une célèbre statue de bouddha couché. L’événement s’est déroulé à l’intérieur du complexe du temple de Wat Thammachak Sema Ram.
En fouillant à plus de quatre pieds de profondeur sous le monument de grès, l’équipe de terrassement a percuté un récipient en céramique. Ce contenant enterré cachait un ensemble exceptionnel qui a immédiatement attiré l’attention des autorités culturelles du pays.
À l’intérieur de ce récipient enfoui se trouvaient 33 ornements anciens façonnés en or, en argent et en bronze. La confirmation de ce premier inventaire matériel provient d’un communiqué traduit, publié par le Département des Beaux-Arts de Thaïlande.
Le site de Phra Non et l’ère de Dvaravati
Le site archéologique de Phra Non abrite une œuvre monumentale autour de laquelle les excavations se sont poursuivies. Il s’agit de la plus longue statue de bouddha couché du pays, mesurant 43 pieds de long. Le monument en grès est par ailleurs considéré comme le plus ancien de son genre en Thaïlande, sa création remontant aux environs de l’an 657 après J.-C.
Les premières pièces découvertes dans le récipient comprenaient des bagues en or, des boucles d’oreilles en argent et une paire de boucles d’oreilles créoles spéciales en bronze. Les archéologues ont rattaché ces objets au même style que d’autres vestiges de la période de Dvaravati, datant d’il y a environ 1 300 ans. Des artefacts similaires ont déjà été retrouvés à travers l’ensemble du territoire par le passé.
Face à cette première caisse de trésors, les équipes ont rapidement cherché à explorer le périmètre pour en découvrir davantage, tout en poursuivant leur travail de conservation sur le terrain. Leurs efforts méthodiques autour de la gigantesque structure ont fini par aboutir à trois découvertes supplémentaires.
La délicatesse du métal repoussé sur feuille d’or

Parmi les nouvelles trouvailles se distinguent des feuilles de métal martelé recouvertes d’un art complexe. Ces pièces minutieuses ont été façonnées grâce à une technique artisanale spécifique connue sous le nom de repoussé.
L’une de ces pièces majeures est une feuille d’or rectangulaire mesurant environ trois pouces sur cinq. L’objet représente un bouddha assis dans la posture de l’enseignant. La figure centrale y est illustrée avec des boucles en spirale, une grande auréole, des lobes d’oreilles allongés et une robe délicatement drapée sur l’une de ses épaules.
La fonction originelle de l’objet a pu être déduite grâce à un détail technique de sa conception. Un petit trou dans le coin supérieur droit de l’œuvre d’art signifie qu’elle était probablement suspendue avec une ficelle, et qu’elle aurait pu être portée ou utilisée comme décoration, a déclaré Phanombutr Chantrachot, le directeur général du Département des Beaux-Arts.
Une figure divine dans un alliage de plomb et d’étain

Les chercheurs ont mis au jour une autre feuille repoussée, fabriquée cette fois à partir d’un alliage de plomb et d’étain. Cet objet, mesurant environ 4,5 pouces sur 6, présente également une représentation d’un bouddha, qui apparaît ici debout dans un cadre arqué.
La composition de la plaque intègre deux serviteurs placés immédiatement à côté de la figure centrale du bouddha. L’état de conservation de cette surface métallique varie selon les zones, rendant l’analyse visuelle de certains personnages particulièrement délicate pour les historiens de l’art présents sur place.
Le serviteur de gauche n’était plus discernable en raison des dommages subis par le temps et la corrosion. En revanche, les spécialistes estiment que le serviteur positionné sur la droite pourrait être l’expression thaïlandaise du dieu hindou Brahma.
Une mystérieuse offrande rituelle encastrée dans l’argile

La troisième pièce exhumée lors de ces fouilles est d’une nature géologique différente. Elle est composée de feuilles de métal empilées et entassées dans de l’argile compactée, avec du ciment solidifié intercalé entre les différentes strates de métal.
En raison des dommages liés à l’usure des siècles, Phanombutr Chantrachot a précisé qu’il n’était pas clair de déterminer exactement combien de couches de métal étaient incluses dans ce bloc. Il était difficile d’identifier ce qui était représenté sur le métal, a-t-il détaillé, mais l’emplacement gravé derrière la tête du bouddha couché a conduit les experts à croire que l’œuvre d’art était une sorte d’offrande rituelle placée délibérément à l’endroit où elle a été trouvée.
L’ensemble de ces objets millénaires nécessite désormais une phase de traitement scientifique. Le Musée national de Phimai conserve et catalogue actuellement ces découvertes dorées afin d’assurer leur préservation et de permettre de futures études approfondies.
Selon la source : popularmechanics.com